Au Congo, le directeur général du Port autonome de Pointe-Noire (PAPN) vient d’être suspendu de ses fonctions. Séraphin Bhalat est suspendu « pour faute grave, à titre conservatoire », selon une note de service du ministre des Transports, de l’Aviation civile et de la Marine marchande, Josué Rodrigue Ngouonimba, datée du 2 novembre 2026 et effective à compter de sa signature. Dans la presse locale, des rumeurs font déjà état de son arrestation alors qu’il tentait de quitter le pays dans la nuit. Aucune confirmation n’a été apportée à ce stade.
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Autrefois président du conseil d’administration, Séraphin Bhalat avait été nommé en juin 2025 pour assurer l’intérim, après la suspension de Pascal Ngotène, directeur général. Ce dernier avait été nommé à ce poste lors du conseil des ministres du 7 octobre 2014, en remplacement de Jean-Marie Aniélé, appelé à faire valoir ses droits à la retraite. Avant ce départ, la direction du port laissait déjà transparaître des manquements administratifs et des soupçons de malversations financières. « Plusieurs opérateurs ont, par des procédés illégaux, contourné les mécanismes de dédouanement dans l’enceinte du port. Les chefs de file sont Baidi Mamadou alias Moulayis et Djigui Fousseny, tous deux sujets maliens, respectivement gérants des établissements Sotrac et Good Market, installés à Pointe-Noire », relevaient les résultats d’une enquête menée en 2013, sous Jean-Marie Aniélé.
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Le bilan repris par l’Agence d’information d’Afrique centrale faisait état de 658 conteneurs de marchandises enlevés au moyen de 404 fausses déclarations établies hors du système informatique des douanes. Les conteneurs ont été détournés de leurs destinations prévues, sous régime suspensif. La société Sotrac avait sorti 453 conteneurs au moyen de 343 fausses déclarations, pour une valeur de 7 milliards FCFA. Good Market, pour sa part, en avait sorti 205 au moyen de 61 fausses déclarations, pour une valeur imposable de 3 milliards FCFA. Ces opérations ont causé « plus de quatre milliards FCFA décelés comme préjudice subi par l’État », ce qui pourrait relever de faits de corruption, de détournements de deniers publics ou de fraudes de gestion.
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Malgré les recommandations formulées au gouvernement pour assainir le secteur (systématisation des contrôles externes, limitation de la durée au poste de certaines fonctions à risque de corruption, etc.), la question de la gouvernance du port se pose de nouveau plus de dix ans après. À la différence de la précédente suspension, aucun intérimaire n’a été annoncé dans l’immédiat. La Direction générale du Port autonome de Pointe-Noire reste, pour l’heure, sans titulaire en exercice, dans l’attente d’une éventuelle nomination.





