Le Congo veut soumettre les mises électroniques sur les jeux de hasard et d'argent à une redevance de 10 %. «Le taux de redevance sur les jeux de hasard et d’argent est fixé à 10% du montant des mises effectuées par monnaie électronique». Le projet de loi de finances 2027, soumis à l'examen du Parlement, précise que le supervision sera assurée par une plateforme électronique de contrôle, de collecte, de centralisation et de traitement des données financières et statistiques. Mise en œuvre pour le compte de l’État par l’Agence de régulation des postes et des communications électroniques (Arpece), elle doit permettre à Brazzaville de suivre l’activité des opérateurs en temps réel.
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Par ailleurs, tout opérateur exerçant sur le territoire congolais devra utiliser « exclusivement la monnaie électronique » pour encaisser les mises; une mesure qui vise manifestement à garantir la traçabilité des flux. Les opérateurs sont par ailleurs tenus de se connecter à la plate-forme nationale de supervision gérée par l’Arpce. Pour ce qui est de la clé de répartition de la redevance, l’Autorité de régulation des jeux de hasard et d’argent (ARJHA), créée en mars 2025, va bénéficier de 20 % du produit. Cet organe est notamment chargé d’approuver, de contrôler et de gérer les tarifs ainsi que le trafic, et de rendre des avis sur les demandes d’agrément et d’autorisation d’exploitation.
L’Arpce, déjà chargée de la plateforme de supervision, s’invite également dans la grille avec 20 %, tout comme le Fonds de développement du tourisme, qui obtient 10 %. Le Trésor public, lui, devra capter 50 % du produit collecté. Ces nouvelles dispositions s’inscrivent dans une démarche engagée dès octobre 2024, avec l’adoption de la loi portant réglementation des jeux de hasard et d’argent. Le texte répartit les opérateurs en quatre catégories, dont dépend l’agrément : les paris sportifs, casinos et jeux virtuels en ligne (catégorie I), les paris hippiques, loteries et jeux de grattage (II), les casinos physiques (III), puis les jeux virtuels et machines à sous (IV).
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En attendant les chiffres officiels de l’autorité sur le nombre exact d’opérateurs en activité, plusieurs acteurs sont déjà bien visibles au Congo. À commencer par la Congolaise de gestion de loterie (Cogelo SA), opérateur historique, qui organise les paris hippiques et les jeux de hasard sur tout le territoire. Viennent ensuite les spécialistes des paris sportifs et des jeux en ligne tels que: Premier Bet (Premier Games, Premier Loto), 1xBet, très populaire grâce à ses applications mobiles et à son réseau de revendeurs locaux, et BetPawa, opérateur panafricain. À eux s’ajoutent les casinos physiques et les établissements de jeux.
Une niche fiscale
Les voisins du Congo ont déjà fait de ce secteur une source de revenus. Selon le média spécialisé Afriballon, la Côte d’Ivoire compte 17 opérateurs privés, aux côtés de la Loterie nationale (Lonaci), détenue à 80 % par l’État. Celle-ci agrée à son tour les opérateurs privés et, depuis 2018, prélève 7,5 % sur tout gain d’au moins un million de FCFA. La redevance versée par la Lonaci est passée de 11,5 milliards de FCFA en 2022 à 21 milliards en 2025. À cela s’ajoutent 8,28 milliards de FCFA d’impôts en 2024. Le Sénégal, qui compte lui aussi 17 plateformes, prélève 20 % et cible 120 milliards FCFA sur la taxation des jeux en 2026. Au Cameroun, la loi de finances 2025 a relevé de 0,2 % à 1 % la taxe sur les transferts et retraits d’argent effectués via les plateformes électroniques de jeux de hasard et de divertissement. De son côté, la Loterie nationale sénégalaise (Lonase) affirme avoir reversé plus de 90 milliards de FCFA de taxes entre octobre 2025 et juin 2026 (92,4 milliards selon la presse spécialisée). Pour Brazzaville, le nouveau cadre pourrait donc offrir un levier de plus pour élargir l’assiette fiscale, dont les recettes sont attendues à 1 255 milliards FCFA à fin 2026, contre 1 389 milliards FCFA en 2027.
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