La présidentielle du 12 octobre 2025 promet d'être une élection déterminante, avec un éventail de candidats représentant différentes visions pour l'avenir du Cameroun. Alors que les prétendants au fauteuil présidentiel finalisent leurs dossiers au moment où nous mettons sous presse, d’autres se sont déjà acquittés de ce devoir pour obtenir le précieux sésame qui leur ouvre les portes de la compétition en fin septembre. En attendant que le jeu des alliances entre en scène pour des coalitions stratégiques et mutuellement bénéfiques, revue des figures emblématiques, habituées des joutes électorales en temps de présidentielle depuis 2018 pour certains.
Paul Biya : continuité et expérience pour le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC)
Comme largement anticipé, le dossier de candidature du président sortant, Paul Biya, a été déposé par une délégation du RDPC le 17 juillet au siège d’Elecam à Yaoundé. À 92 ans, il brigue un huitième mandat à la tête du pays. Ce dépôt, effectué par Samuel Mondo Ayolo, ministre, directeur du Cabinet civil de la Présidence de la République et Jean Nkuete, Secrétaire général du comité central du RDPC, est venu mettre un terme aux supputations et spéculations sur la volonté du chef de l’Etat à briguer les suffrages des électeurs camerounais pour sept années supplémentaires. Il officialise également la détermination du parti au pouvoir à poursuivre la trajectoire actuelle du Cameroun, misant sur l'expérience et la stabilité. Ce geste est aussi une réponse claire aux nombreuses motions de soutien venues de tout le pays, et bouclé par l'apport de 40 millions de FCFA d’un groupe de jeunes pour le paiement de sa caution qui s’élève à 30 millions de FCFA et une avance pour sa campagne électorale de 10 millions de FCFA.
Cabral Libii : la résilience avec le PCRN
Le leader du Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale (PCRN), Cabral Libii, a également déposé son dossier de candidature à Elecam le 17 juillet 2025. Déjà remarqué lors de la présidentielle de 2018 où il avait créé la surprise, Cabral Libii incarne une dynamique de renouveau pour une partie de la jeunesse camerounaise. Sa candidature est un signal fort au moment où la formation politique qu’il dirige est secoué par des graves divergences internes laissant planer l’ombre d’un bicéphalisme en dépit des arrêts rendus par les tribunaux. Toutefois, son ambition de proposer une alternative générationnelle et un programme axé sur la réconciliation nationale et les réformes institutionnelles reste entière.
Maurice Kamto : le refuge au Manidem
Le professeur Maurice Kamto a pris l’opinion et le landernau politique au dépourvu le 16 juillet 2025, en faisant fuiter son investiture par le Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem) d’Anicet Ekane et non plus par le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC). Le 18 juillet, peu avant 10h, il est venu en personne au siège d’Elecam à Yaoundé, déposer sa candidature sous les couleurs de sa nouvelle formation politique. Sa candidature à l’élection présidentielle du 12 octobre prochain avait suscité de vives polémiques ai si qu’un débat houleux sur le mandat impératif, son parti d’hier, le MRC, ayant choisi de boycotter les législatives et les municipales de 2020. Ce qui le prive d’élus locaux et nationaux. Sa candidature, très attendue cette année après qu’il a été en 2018, un acteur central des vives contestations post-électorales qui ont conduit ses camarades et lui-même en prison pour atteinte à la sûreté de l’Etat, fera date tant elle aura fait couler encre et salive. Maurice Kamto continue de plaider pour des réformes profondes du système électoral et de la gouvernance, et sa participation au scrutin d’octobre prochain sous de nouvelles couleurs promet des débats intenses.
Joshua Osih : la voix du Social Democratic Front (SDF)
Le Social Democratic Front (SDF), parti historique de l'opposition, a confirmé la candidature de Joshua Osih. Député de la nation et déjà candidat en 2018, Joshua Osih, qui a déposé candidature à Bamenda le 17 juillet, représente la volonté du SDF de rester une force d'opposition crédible et de propositions pertinentes avec un programme axé sur la décentralisation, la bonne gouvernance et les libertés publiques. Son dépôt de candidature souligne la détermination du SDF à participer activement à la course présidentielle en dépit des défections massives intervenues dans ses rangs dans la foulée du débat sur le mandat impératif. Des départs qui ont profité au MRC dont le président d’alors est allé chercher l’investiture ailleurs.
Akere Muna : l'indépendant porté par Univers
L'avocat de renommée internationale et figure de la lutte anti-corruption, Akere Muna, a vu son dossier de candidature déposé par Prosper Nkou Mvondo, leader du parti Univers. Akere Muna, qui avait également participé à l'élection de 2018, se positionne comme un candidat indépendant, soutenu par une coalition d’organisations de la société civile et de partis politiques. Le bâtonnier met en avant les questions de transparence, de justice et de réforme de l'État.
Issa Tchiroma Bakary : le cavalier solitaire
Le président du Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC), Issa Tchiroma Bakary, a aussi déposé son dossier ce 18 juillet. Ancien ministre de Paul Biya de 2009 à 2025, et allié de longue date du RDPC, son positionnement et son discours seront scrutés à l'approche de la campagne.
Bello Bouba Maïgari : Le leadership de l'UNDP
Le président de l'Union nationale pour la démocratie et le progrès (UNDP), Bello Bouba Maïgari, a également soumis son dossier. Figure emblématique de la politique camerounaise, ayant été Premier ministre, Bello Bouba charrie une longue expérience dans les affaires de la République et la cohabitation avec le RDPC. Démissionnaire au même titre qu’Issa Tchiroma, sa candidature est un indicateur de rupture avec son allié de près de 30 ans et marque la volonté de l'UNDP de rester un acteur majeur de l’échiquier politique camerounais.
Voix émergentes et candidatures de niche
Pendant que les projecteurs sont braqués sur des figures politiques bien établies qui ont déposé leur dossier de candidature pour l'élection présidentielle du 12 octobre 2025, le processus à Elections Cameroon (Elecam) révèle également l'émergence ou la persistance de candidatures moins médiatisées, portées par des personnalités qui souhaitent également faire entendre leur voix dans le débat national. Pour certains, il s'agit d'un investissement à long terme, une première expérience pour construire une visibilité politique en vue de futurs scrutins locaux ou nationaux. Ces « petits candidats », comme on les appelle souvent, enrichissent le paysage politique et témoignent de la diversité des aspirations au sein de la société camerounaise.
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Parmi ces derniers, l’on compte Geneviève Zeh Amvene, l’unique voix féminine en course pour le moment et aussi l’unique candidate indépendante. Ensuite, Bougha Hagbe, du Mouvement citoyen national camerounais (MCNC), et Ruben Djaouro, du Parti national des patriotes camerounais (PNPC), ont tous déposé leurs candidatures à Yaoundé le 16 juillet. Jean Blaise Gwet, président du Mouvement patriotique pour le changement du Cameroun (MPCC), Eric Kamgan-Tan, représentant du parti Libération démocratique pour le changement républicain camerounais (LDCRC), ont eux aussi candidaté pour remplacer Paul Biya à Etoudi le 13 octobre prochain, après que Bertin Kisob du Cameroon Party for Social Justice (CPSJ), qui passe un séjour à la prison de Kondengui, a inauguré le bal des dépôts de dossiers le 12 juillet à Yaoundé.
Prochaine étape : l’examen des candidatures
Avec ces dépôts, Elecam entre dans une phase cruciale d'examen des dossiers. La conformité de chaque pièce, le respect des délais et le paiement de la caution seront scrupuleusement vérifiés. Cette étape pourrait donner lieu à des rejets ou des recours devant le Conseil Constitutionnel, avant la publication de la liste définitive des candidats au plus tard le 13 août.
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