Alors que l’attention de tous était encore focalisée sur la polémique du mandat impératif qui fait débat depuis des mois, l’opinion publique a été prise de court avec la publication sur les réseaux sociaux, de la déclaration de candidature du Pr. Maurice Kamto sous la bannière du Manidem, parti politique d’Anicet Ekane. Sur le document où il « déclare sa candidature à l’élection du président de la République du Cameroun conformément à l’article 122 du Code électoral », l’on peut lire toute la filiation du président du MRC et surtout, le nom du parti politique choisi pour porter cette candidature : « Manidem ».
Dans la foulée de la divulgation de cette information, des hommes politiques proches du candidat déclaré, ont félicité l’approche. Sur son compte Facebook, l’honorable Jean Michel Nintcheu, député de Wouri-Est dans la région du Littoral, capitale économique du Cameroun, président du FCC et coordonnateur de l’Alliance pour le Changement (APC), a salué l’acte posé par Anicet Ekane et le Manidem. « Anicet Ekane et le Manidem entrent dans l’histoire par la grande porte ! », peut-on lire sur le réseau social.
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Sur une radio urbaine de la ville Douala, le président du Manidem, Anicet Ekane qui, le 6 mai sur une chaîne de télévision de Yaoundé, déclarait que la seule personne la plus à même de porter la candidature de l’opposition en ce qui concerne l'initiative du groupe de Douala, était Maurice KAMTO, s’est exprimé sur la question ce 17 juillet. « On ne cherche pas à investir Kamto ; on l’a déjà investi. Ce qui reste, c’est à déposer le dossier », explique l’homme politique qui, au passage, dénonce la fuite de cette information par les autorités. « … Le commissariat du 6ème a publié illégalement un document confidentiel lorsque le président Kamto est allé légaliser sa signature. Ce qui n’est pas sérieux ».
Incompatibilité
Le débat sur une potentielle incompatibilité de cette investiture enfle déjà sur la Toile. Certains voient même déjà un rejet de sa candidature pour appartenance à deux formations politiques. En effet, l’article 3 de la loi de 1990 sur les partis politiques, l’alinéa 4 dispose que « nul ne peut appartenir à plus d’un parti politique ». Autrement dit, aucune candidature portée par un parti autre que le sien ne peut être valable sans rupture préalable et officielle avec sa formation d’origine.
Selon la loi précitée, notamment l’alinéa 2 de l’article 5, « tout changement ou toute modification dans ces éléments, ainsi que les pièces le contenant, doit être communiqué au gouverneur territorialement compétent. » Les “éléments” visés dans cette disposition de la loi incluent le nom du président du parti, la composition des organes dirigeants, les modifications statutaires liées à la direction du parti.
Procédure
En clair, pour que le Pr. Maurice Kamto soit investi par le Manidem, il doit démissionner formellement de la présidence du MRC, et notifier le gouverneur de sa décision de quitter le MRC et sa direction. Cette démission doit être transmise, selon l’article de 6, au ministre de l’Administration territoriale avant toute investiture légale par un quelconque parti dans un délai de 15 jours par le « gouverneur de région territorialement compétent ». Autrement, toute investiture en dehors de cette procédure peut être attaquée sur le plan juridique.
A cette possible incompatibilité avec son appartenance au Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), parti où Maurice Kamto est président, le président du Manidem fait une annonce forte. « Forcément il va démissionner du MRC pour intégrer le Manidem. Vous savez, on travaille avec le Professeur depuis des mois et des mois. En réalité notre collaboration a commencé en 2013 lors des élections municipales et législatives et s’est poursuivie en 2018. La vie est dynamique, la politique est dynamique. Les gens sont étonnés parce qu’ils croient que la politique c’est le bruit, c’est l’agitation, c’est les slogans. Mais non ! c’est beaucoup plus compliqué que ça. C’est une science, elle n’est pas exacte mais c’est une science », explique-t-il.
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