Le 14 juillet 2025, Maurice Kamto, président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) et candidat déclaré à l’élection présidentielle, a saisi le Conseil constitutionnel « aux fins de constat de l’inexistence du corps électoral conforme aux prescriptions légales et aux fins de régularisation ». En somme, le candidat estime que les conditions légales de convocation des électeurs ne sont pas réunies, en raison de l’absence présumée de publication formelle du fichier électoral national. Selon lui, la convocation du corps électoral serait donc « prématurée et illégale ».
Pour les avocats du candidat, réunis au sein du collectif Sylvain Souop, le fait que le directeur général d’Elections Cameroon (Elecam) n’ait « jamais rendu publique la liste électorale nationale, comme le prescrit l’article 80 de la loi du 19 avril 2012 portant Code électoral », nuit à la transparence du processus. « Nonobstant le décret présidentiel n°2025/305 du 11 juillet 2025 portant convocation du corps électoral, il n’est pas possible, pour les électeurs et les candidats, de savoir avec certitude quel corps électoral a été convoqué : s’agit-il des simples inscrits ? Ou bien du fichier après audit contradictoire et toilettage, que le DG d’Elecam annonce pour plus tard dans son communiqué radio-presse du 10 juillet ? », s’interrogent les conseils de Kamto.
C’est pourquoi ils appellent le Conseil constitutionnel à prendre « les mesures de régularisation nécessaires, pour ne pas affecter la sincérité du scrutin, ni les droits des électeurs et des candidats ».
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En effet, l’article 80 du Code électoral impose à Elecam la publication officielle de la liste électorale nationale. Ce manquement, selon Kamto, remet en cause la légitimité du corps électoral appelé à voter le 12 octobre. Il réitère ainsi ses interrogations : « Est-ce le corps électoral des inscrits ? Ou celui résultant d’un contrôle contradictoire et d’un toilettage encore à venir ? »
Ce n’est pas la première fois cette année que le leader du MRC soulève la question. En janvier 2025, il avait déjà saisi le Conseil constitutionnel pour exiger la publication de la liste électorale. La haute juridiction s’était déclarée incompétente, renvoyant le parti vers le tribunal administratif. À l’époque, Erik Essousse, directeur général d’Elecam, expliquait que la publication intégrale du fichier était techniquement impossible en raison de son volume.
Les conseils de Maurice Kamto espèrent cette fois une décision de régularisation du Conseil constitutionnel, afin de garantir un processus électoral conforme aux normes de transparence à l’approche du scrutin présidentiel du 12 octobre.
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