Le gouvernement du Gabon fait de nouveau appel au marché financier de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC)pour soutenir sa stratégie d’investissement public. Le Trésor gabonais a en effet lancé un emprunt obligataire par appel public à l’épargne (APE), avec l’objectif de mobiliser 85 milliards FCFA. L’opération, baptisée « EOG 2026 à tranches multiples », est structurée autour de deux compartiments de taille équivalente. La tranche A, d’un montant de 42,5 milliards FCFA, offre une maturité de trois ans assortie d’un taux d’intérêt nominal de 6% net par an. La tranche B, également fixée à 42,5 milliards FCFA, affiche une maturité de quatre ans avec un coupon de 6,5% net par an. La période de souscription, ouverte le 25 février se referme le 25 mai 2026. Par cette opération, Libreville cherche à mobiliser des ressources destinées au financement de projets structurants inscrits dans la loi de finances 2026 et alignés sur le programme de transformation économique baptisé « Gabon Nouvel Édifice ».
Le Gabon veut bâtir son « Nouvel Edifice »
Selon les autorités gabonaises, les ressources mobilisées serviront à soutenir plusieurs projets prioritaires visant à accélérer la modernisation de l’économie et à améliorer les conditions de vie des populations. « Le gouvernement envisage redonner au Gabon une nouvelle image par la réalisation des projets dans le domaine du développement des infrastructures, de l’accès à l’eau et l’énergie, du logement et habitat, de l’éducation et formation, de la santé et affaires sociales, de l’industrialisation et entrepreneuriat et de l’agriculture », indiquent les documents liés à l’opération. Ces investissements s’inscrivent dans une stratégie visant à renforcer la diversification de l’économie gabonaise, encore largement dépendante des revenus pétroliers.
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Parmi les chantiers prioritaires figurent les infrastructures de transport et d’aménagement urbain, considérées comme essentielles pour soutenir l’activité économique. Le gouvernement prévoit notamment la modernisation des voiries urbaines et périurbaines, ainsi que l’aménagement du boulevard de la Transition à Libreville. À l’échelle nationale, les autorités ont également inscrit dans leurs priorités la réalisation de 1 960 kilomètres de routes afin d’améliorer la connectivité entre les différentes provinces du pays. Plusieurs projets spécifiques sont également programmés, dont la réhabilitation du tronçon routier Bifoun–Lambaréné, la poursuite de la construction du pont d’Ebel-Abanga, ainsi que la reprise des travaux entre le PK24 et le PK105 par la société indienne AFCONS. L’exécutif prévoit par ailleurs d’accélérer les travaux sur l’axe Ntoum–Cocobeach, un corridor stratégique pour les échanges avec la Guinée équatoriale.
Le gouvernement entend également renforcer les capacités du pays dans les secteurs énergétique et hydraulique, confrontés à une demande croissante liée à l’urbanisation et au développement économique. Les autorités envisagent notamment la création d’un Fonds national pour l’énergie et l’eau (FNEE) afin de financer des projets structurants dans ces domaines. Parmi les initiatives prévues figurent la construction d’un deuxième gazoduc de 300 kilomètres entre Libreville et Port-Gentil, destiné à renforcer l’approvisionnement en gaz pour la production d’électricité.
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Le programme prévoit également la construction de nouvelles lignes de transport d’électricité de 90 kV, notamment sur les axes Mayumba–Tchibanga–Mouila et Ntoum–Cocobeach–Cogo. Dans le domaine de l’hydraulique, l’un des projets majeurs concerne la construction de nouvelles stations de traitement d’eau, dont celle prévue à Ntoum 7, afin d’améliorer l’approvisionnement en eau potable dans les zones urbaines en forte croissance. Parallèlement, les autorités poursuivent la restructuration de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) afin d’améliorer l’efficacité opérationnelle du secteur.
L’agriculture constitue également l’un des axes majeurs du programme d’investissement. Le gouvernement entend renforcer la sécurité alimentaire et réduire la dépendance du pays aux importations agricoles. Dans ce cadre, plusieurs projets sont programmés, notamment la construction de trois centres de multiplication des semences dans les provinces du Moyen-Ogooué, de l’Ogooué-Maritime et de l’Estuaire. Les autorités prévoient également de renforcer la formation agricole, avec la réhabilitation du lycée agricole de Bongoville et de l’École nationale de développement rural (ENDR).
Rachat partiel de créances commerciales
Sur le plan macroéconomique, ces investissements devraient soutenir la transformation structurelle de l’économie gabonaise. Les autorités anticipent une accélération de la croissance économique à 7,9% en 2026, portée principalement par le dynamisme du secteur hors pétrole (+9,1%), malgré une contraction attendue de la production pétrolière estimée à –3%. L’agriculture, les infrastructures, l’énergie et les services devraient ainsi devenir les principaux moteurs de la croissance dans les prochaines années, contribuant à la diversification de l’économie nationale.
Sur le plan financier, l’opération « EOG 2026 à tranches multiples » se distingue également par sa structure de mobilisation des ressources. Sur les 85 milliards de FCFA recherchés, 60 milliards seront mobilisés en numéraire auprès des investisseurs, tandis que 25 milliards FCFA prendront la forme d’un mécanisme de rachat partiel de créances commerciales par injection de liquidité. La valeur nominale des obligations est fixée à 10 000 FCFA, pour un prix d’émission au pair (100%), et 8 500 000 titres seront proposés aux investisseurs. Le minimum de souscription est fixé à 50 obligations, soit 500 000 FCFA, permettant d’ouvrir l’opération aussi bien aux investisseurs institutionnels qu’aux particuliers disposant d’une capacité d’épargne. L’emprunt est conduit par Emrald Securities Services Bourse (ESS Bourse), désignée arrangeur et chef de file, avec CCA Bourse en qualité de co-arrangeur.

