Pour sa deuxième incursion sur le marché financier sous-régional cette année, le Trésor public gabonais a essuyé un revers significatif sur son emprunt obligataire lancé le 27 mai dernier. L'opération, qui visait à lever 200 milliards de Fcfa (331 millions USD) auprès des investisseurs de la Cemac, n'a permis de collecter que 48,4 milliards de Fcfa, soit un taux de réalisation de 24,2%. Des indiscrétions attribuent cette faible mobilisation à des désaccords internes chez l'émetteur, lesquels ont gravement perturbé le bon déroulement de l'opération. Pourtant, pour attirer davantage d'investisseurs, le pays avait décidé d'accorder une prime de 500 Fcfa par obligation souscrite.
Quoi qu'il en soit, la cartographie des souscriptions à cet emprunt à tranches multiples permet de constater que les investisseurs camerounais se sont affirmés comme les principaux pourvoyeurs, avec une enveloppe de 40,49 milliards de FCFA. Le pays représente à lui seul 83,59 % des fonds mobilisés, reléguant loin derrière le Congo (3 milliards de FCFA, soit 6,19 %), le Gabon (2,7 milliards de FCFA, soit 5,57%) et le Tchad (2,25 milliards de Fcfa, soit 4,64%). Cette prédominance camerounaise se reflète également dans le nombre de souscripteurs : 32 pour le Cameroun, contre un seul au Congo, deux au Gabon et un au Tchad.
Dans un contexte de hausse des taux d'intérêt et de ponction de la liquidité par la banque centrale, les banques et autres personnes morales ont fait le choix de la prudence en optant pour des maturités de court terme. Ainsi donc, la tranche A, d'une maturité de 3 ans avec un coupon de 6,6%, a concentré l'essentiel des engagements, mobilisant 46,6 milliards de Fcfa (96,26%). En revanche, les tranches B (4 ans, 6,75%) et C (6 ans, 7%) ont enregistré des performances marginales, avec respectivement 120 millions (0,25%) et 1,6 milliard de Fcfa (3,49%).
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Les investisseurs institutionnels (personnes morales) se sont imposés comme les principaux contributeurs à cette opération, captant 59,73% des souscriptions totales. Derrière elles, les banques affichent une participation plus modeste de 31,46%, tandis que les sociétés de gestion et fonds d'investissement se contentent de 6,71%. Les compagnies d'assurance et les entreprises privées ferment la marche avec des engagements respectifs de 1,47 % et 0,63%.
Précision que les 48,4 milliards collectés permettront au Gabon de réduire une partie de sa dette publique et de financer des projets de développement. Toutefois, cet échec n'a pas dissuadé le Gabon de renouveler sa confiance en Building Emerging Markets Securities (BEMS) dans le cadre d'un nouvel emprunt obligataire, qui, comme pour le précédent emprunt, intervient en tant qu’arrangeur principal et chef de file. Pour cette nouvelle opération lancée le 27 novembre, BEMS sera cette fois accompagné d'un consortium élargi comprenant Asca, Afriland Bourse & Investment, Horis Capital et EDC Investment, la branche d'Ecobank spécialisée dédiée aux opérations du marché. Objectif : mobiliser 80 milliards de Fcfa. Avec l'argent collecté, Libreville ambitionne de financer une partie de son Plan National de Développement pour la Transition (PNDT).



