Une délégation du Fonds Monétaire International (FMI), conduite par Aliona Cebotari, séjourne à Libreville depuis le 25 février 2026. Pour ouvrir cette mission technique de deux semaines qui s'achèvera le 6 mars prochain avec les différentes administrations et agences concernées, les émissaires de Fonds ont été reçus en audience par Thierry Minko, le ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, chargé de la Lutte contre la Vie Chère. Selon les services ministériels, les travaux sont axés « sur la collecte et l’analyse des données macroéconomiques et fiscales, en vue d’évaluer les performances économiques récentes et de consolider le cadre de coopération entre le Gabon et le FMI ».
Le point de départ a été une démonstration du Système intégré de gestion des finances publiques (SIGFiP) entré en vigueur en mi-janvier dernier. Il s’agit d’une réforme qui vise à centraliser l’ensemble des paiements fiscaux, non fiscaux et douaniers sur une plateforme unique, directement connectée au Trésor public en vue de sécuriser les encaissements, à améliorer la visibilité sur les flux de trésorerie de l’État et à renforcer le pilotage budgétaire en temps réel. Ainsi, en choisissant une démonstration du SIGFiP comme point de départ, le gouvernement affiche une « volonté de renforcer la transparence, la rigueur budgétaire et la soutenabilité des finances publiques », indique le ministère des Finances.
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Cette mission technique s’inscrit dans un processus entamé en mai 2025, au lendemain de l’élection présidentielle, lorsque le gouvernement gabonais a sollicité l’accompagnement du FMI par la voix du Vice-président, Alexandre Barro Chambrier. Le 21 janvier 2026, le gouvernement a annoncé l'intention de mettre en œuvre un programme économique de croissance soutenu par l’institution même si le pays de Brice Clotaire Oligui Nguema n'a pas encore formellement demandé le programme au FMI. Cette délégation arrive ainsi dans un contexte macroéconomique complexe. À fin novembre 2025, les arriérés de paiement de la dette publique atteignaient 437,47 milliards de FCFA, répartis entre échéances courantes (206,14 milliards) et antérieures (231,33 milliards), pour un encours global de 8 547,24 milliards de FCFA. Selon la Banque mondiale, le taux d'endettement s'est hissé à 74,9 % du PIB en 2025, tandis que le déficit budgétaire, après s'être établi à -2,8 % en 2025, pourrait se creuser à -4,1 % en 2026.
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Malgré ces tensions, le Gabon affiche des points de résilience : l'inflation demeure maîtrisée à 1,4 % — bien en deçà du seuil communautaire de la CEMAC (3 %) — et les recettes publiques progressent, avec une projection à 25,5 % du PIB pour 2026. Néanmoins, l'urgence d'un accord reste vive ; l'agence Fitch Ratings a récemment alerté sur un « risque inhérent » de défaut de paiement en l'absence de programme avec le FMI. Cette incertitude pèse sur les marchés internationaux où les obligations gabonaises libellées en dollars, notamment celles de 2031, ont récemment enregistré des contre-performances s'échangeant à 82,41 cents à Londres, perdant plus d'un cent sur le dollar. Ainsi, l’issue de cette mission pourrait déterminer la conclusion, ou non, d’un nouveau programme économique et financier avec le FMI après cinq années de suspension.
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