Le 10 octobre, le groupe indien AOM a présenté au gouvernement gabonais un projet de complexe agro-industriel évalué à 9 milliards FCFA. Selon la feuille de route remise au ministre de l'Agriculture, de l'Élevage et du Développement rural, Pacôme Kossy, le projet devrait s'implanter dans le Grand Minkong, dans le Woleu-Ntem. Il comprend 200 hectares de cultures de tomate, d'ananas, de banane plantain et de manioc, ainsi qu'une zone industrielle de 50 hectares destinée à la transformation agroalimentaire et à la fabrication d'équipements agricoles et d’irrigation.
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Ce nouveau projet s'ajoute à une longue liste d'investissements portés par des promoteurs étrangers dans l'agroalimentaire. Depuis 2025, les annonces se multiplient dans l'aviculture, mais aussi dans la production végétale et la transformation, avec une promesse commune : développer une offre locale capable de réduire la facture des importations et d'alimenter durablement le marché national. Parmi ces promoteurs, le groupe algérien Graines a annoncé, en octobre 2025, un investissement de 71,5 millions d'euros (environ 46,9 milliards FCFA) pour un complexe intégré capable de produire 72 576 tonnes de viande de poulet par an. En février 2026, l'espagnol Globaltec Ingeniería a signé un protocole d'accord avec les autorités pour six unités intégrées de 7 000 tonnes par an chacune, soit 42 000 tonnes au total.
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Trois mois plus tard, le 4 mai, le gouvernement a annoncé cinq conventions d'investissement représentant 900 millions de dollars (environ 775 milliards FCFA). Parmi les partenaires figurent le turc Hakan Kiran Holding, le chinois Qingdao Intelligent Poultry Investment Development, l'organisation chinoise CAAIE et Hong Kong Grove Metal Limited. Les projets couvrent des fermes avicoles intégrées, des unités de production d'aliments pour bétail et un parc agricole, industriel et logistique. Le même jour, le groupe camerounais Noutchogouin Jean Samuel (NJS) a signé, à travers sa filiale NJS AVI Gabon, une convention de 10 milliards FCFA pour une ferme avicole intégrée de 10 000 tonnes par an à Oyem. D'autres groupes, comme le guinéen Sonoco et l'émirati E20 Investment, se disent en discussion avec le gouvernement sur l'aviculture, la production laitière et la riziculture.
Le gouvernement prépare le terrain
Pour accompagner cette dynamique, le gouvernement a lancé, en mai 2025, le Fonds stratégique agricole, destiné à mobiliser les investissements et à structurer de nouvelles chaînes de valeur. Un an plus tard, en mai 2026, il a lancé le Plan opérationnel d'urgence pour la filière avicole (POUFA), doté de 120 milliards FCFA. Ce programme coordonne l'action de douze départements ministériels et prévoit la structuration de 150 fermes avicoles, l'installation de couvoirs et d'abattoirs provinciaux, ainsi que le développement de bassins de production de maïs et de soja. Les autorités misent aussi sur le foncier et l'aménagement du territoire, avec une base de données du foncier agricole pour identifier les terres mobilisables, et le Plan sectoriel agricole 2026-2030, destiné à organiser quatre agropoles régionaux. Présentées en juin 2026 par le président Brice Clotaire Oligui Nguema devant le Parlement réuni en Congrès, ces mesures visent à rapprocher les bassins de production des infrastructures de stockage, de transformation et de commercialisation.
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Le Gabon dispose par ailleurs d'un régime fiscal et douanier incitatif pour les activités agricoles. Selon le Code agricole de 2008, complété par la loi de 2013, il prévoit des exonérations sur certains équipements, machines, engrais et intrants, extensibles aux entreprises éligibles aux régimes des zones d'investissement spéciales. Cependant, l'ensemble de ces avantages fiscaux et douaniers a été suspendu le 8 septembre, après que le gouvernement a évalué à 283,3 milliards FCFA le manque à gagner cumulé à fin juillet. Les différents régimes seront réexaminés dans le cadre de la loi de finances 2027.
La multiplication des annonces témoigne d'un intérêt manifeste pour le marché gabonais. Elle s'inscrit dans le Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030, estimé à 27 000 milliards FCFA, qui fait de la souveraineté alimentaire une priorité. Sa concrétisation devrait permettre de réduire drastiquement une facture d'importations alimentaires qui a atteint environ 485 millions de dollars en 2023 (environ 270 milliards FCFA), selon l'Institut national de la statistique. Pour la seule volaille, la facture annuelle avoisine 65 milliards FCFA, pour environ 65 000 tonnes importées sur une demande de près de 70 000 tonnes.
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