Le Gabon accélère sa marche vers la souveraineté alimentaire. Le gouvernement, représenté par les ministres de l’Économie, Thierry Minkon, et de l’Agriculture, Pacôme Kossy, a annoncé la signature d’une série de conventions d’investissement d’un montant global de près de 900 millions de dollars. Paraphés le 4 mai avec quatre groupes étrangers, principalement asiatiques, ces accords visent à structurer et développer les filières agricole et agropastorale.
Dans le détail, l’investisseur chinois Hong Kong Grove Metal Limited, actif dans les métaux et le négoce international, s’est engagé à mobiliser 500 millions de dollars (environ 280,3 milliards de FCFA) pour la création d’une zone industrielle agricole. Positionné comme développeur d’infrastructures, il prévoit la mise en place d’un parc intégré couvrant la production, la transformation, la commercialisation et la logistique internationale des produits « made in Gabon ».
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Le gouvernement a également conclu un accord-cadre de 155 milliards de FCFA (un peu plus de 276 millions de dollars) avec l’Association agricole chinoise pour les échanges internationaux (CAAIE), en vue de la construction de cinq infrastructures agro-industrielles, principalement des fermes avicoles nationales intégrées (FANI). Deux unités sont annoncées à Ayeme-Pleine et à Port-Gentil, avec une mise en service attendue dès janvier 2027 et une capacité initiale de 1 000 tonnes par mois chacune.
À cela s’ajoute une convention de 120 millions de dollars (environ 67,27 milliards de FCFA) avec le groupe turc Hakan Kiran Holding, pour la construction à Ntoum, dans la province de l’Estuaire, d’une ferme avicole intégrée d’une capacité de 60 000 tonnes par an. Un mémorandum d’entente a par ailleurs été signé avec Qingdao Intelligent Poultry Investment Development, société chinoise spécialisée dans les technologies avicoles, qui ambitionne de développer une ferme de 30 millions de têtes, soit une production annuelle estimée à 45 000 tonnes.
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En complément, un accord d’investissement de 10 milliards de FCFA a été conclu avec le groupe camerounais Noutchogouin Jean Samuel (NJS) pour la construction d’une ferme intégrée d’une capacité de 10 000 tonnes à Oyem, dans la province du Woleu-Ntem.
Si l’ensemble de ces projets se concrétise, le Gabon pourrait porter sa production avicole annuelle à près de 140 000 tonnes, contre environ 4 100 tonnes actuellement, selon le ministère de l’Agriculture. Une montée en puissance significative pour un pays dont la production locale ne couvre aujourd’hui que 5 % à 10 % de la demande, obligeant à importer entre 55 000 et 85 000 tonnes de poulet par an.
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Ces initiatives s’inscrivent dans une dynamique plus large de relance du secteur, marquée notamment par la restructuration de la Société agropastorale du Gabon (Agropag, ex-Seag) et le lancement d’un programme de renforcement de la filière avicole, financé à hauteur de 13 millions de dollars via le Fonds CATR (Crédit à taux réduit).
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