Le 20 février dernier, une délégation de l’entreprise espagnole Globaltec Ingeniería, conduite par son directeur du développement commercial, José Maria Arribas Fontela, a été reçue par le ministre gabonais de l’Industrie et de la Transformation locale, Me Lubin Ntoutoume. La société basée à Madrid a présenté un projet d’investissement dans le secteur avicole, visant la mise en place d’une chaîne de valeur industrielle de viande de poulet « Made in Gabon », à travers la construction de six unités de production et de transformation réparties sur le territoire national.
Selon les échanges intervenus lors de l’audience, ces unités industrielles comprendront des centres de fabrication d’aliments pour bétail et de production d’intrants, des fermes d’élevage, des abattoirs modernes, des chaînes de froid ainsi que des lignes de transformation en produits prêts à la consommation (poulets entiers, découpes et produits transformés). « L’objectif est que chaque unité atteigne une capacité annuelle de 7 000 tonnes de viande de volaille », a expliqué M. Arribas Fontela.
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Au total, les installations de Globaltec Ingeniería représenteraient une capacité installée de 42 000 tonnes par an, pour un besoin national estimé à 70 000 tonnes. Ce projet, qui devrait être mis en œuvre sous forme de partenariat public-privé, dont le montant n’a pas encore été précisé, devrait se concrétiser par la signature prochaine d’un mémorandum d’entente (MoU), selon le ministre gabonais.
Favoriser l’autosuffisance alimentaire
La proposition de Globaltec Ingeniería intervient quelques mois après l’annonce d’un investissement de 71,5 millions d’euros (46,8 milliards FCFA) par le groupe algérien Graines dans un méga-projet avicole à Libreville. Présenté en novembre 2025, ce projet prévoit la création d’un écosystème capable de produire 72 576 tonnes de viande de poulet par an, grâce à sept fermes d’élevage d’une capacité totale de 50 millions de poulets, un couvoir d’une capacité de 1,2 million de poussins et un abattoir industriel pouvant traiter 10 000 poulets par heure.
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Les opérateurs locaux sont également mobilisés. Le Groupement d’intérêt économique (GIE) Pouss’In, qui regroupe près de 50 fermiers, a mis en place une ferme industrielle capable de produire 100 000 têtes par an, extensible à 2 millions de poulets, ainsi que près de 30 000 tonnes de viande transformée. À terme, l’ensemble de ces projets pourrait permettre de couvrir la demande nationale et positionner le Gabon comme exportateur régional de volaille.
Dépendance aux importations
Ces investissements s’inscrivent dans le cadre du Plan national de croissance et de développement (PNCD), qui vise l’arrêt total des importations de poulet congelé d’ici janvier 2027. Cette stratégie répond à une forte dépendance aux importations alimentaires, qui continuent de peser sur la balance commerciale.
Selon l’Institut national de la statistique du Gabon (INSTAT-Gabon), les importations ont augmenté de 12,7 % en 2024, tirées notamment par les biens de consommation. Les produits alimentaires ont représenté 495 milliards FCFA sur un total de 2 220 milliards FCFA d’importations. À eux seuls, les poulets congelés ont coûté environ 65 milliards FCFA pour près de 68 000 tonnes importées, principalement du Brésil, de la Turquie et de l’Union européenne.
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Lancé en août 2025 et doté d’un budget de 10 000 milliards FCFA, le PNCD ambitionne de porter la croissance économique à 10 % d’ici 2030 en misant sur la diversification. Environ 25 % de ce budget, soit 2 300 milliards FCFA, est destiné à réduire de moitié les importations alimentaires en cinq ans. Pour la filière avicole, les mesures prévues incluent un recensement des acteurs, la création d’un guichet unique, l’octroi de subventions et la mise en place d’un fonds d’investissement public-privé.
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