La Société maghrébine de génie civil (Somagec) vient d’être suspendue de la gestion du segment transport et distribution d’eau potable en Guinée Équatoriale. C’est ce qui ressort de la réunion du 22 mai dernier, tenue entre les représentants de la filiale locale, Somagec GE, et le gouvernement équato-guinéen. La décision a été prise par le vice-président Téodoro Nguema Obiang Mangue, à la suite d’une pénurie d’eau potable persistante depuis fin mars à Bata, capitale économique et ville la plus peuplée du pays (plus 350 000 habitants).
« Son Excellence Monsieur Nguema Obiang Mangue a ordonné la suspension et la révision détaillée du contrat en cours entre la société Somagec et l’État, relatif à l’approvisionnement en eau potable à Bata », indique le communiqué officiel publié sur le site de la présidence.
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Le contrat en question remonte à 2013, date à laquelle Somagec a achevé la construction du système d’adduction d’eau de Bata. L’entreprise en assure depuis l’exploitation, dans le cadre d’une concession de 25 ans, moyennant une rémunération annuelle de 11 milliards de FCFA. La distribution d’eau repose principalement sur la centrale de Nkoantoma, elle-même alimentée par une ligne électrique en provenance de la centrale hydroélectrique de Sendje.
Roger Sahyoun, directeur général de Somagec GE, attribue la pénurie à la vétusté des installations et à l’arrêt de l’alimentation électrique. « Au-delà du fait que l’équipement de l’usine est obsolète, la ligne qui relie la centrale de Sendje à celle de Nkoantoma est hors service depuis plusieurs semaines. Les groupes électrogènes de secours présentent également des défaillances que nous n’avons pas pu résoudre jusqu’à présent », a-t-il déclaré.
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Les travaux de la centrale de Sendje sont suspendus depuis février dernier, en raison d’un litige financier de 30 millions d’euros entre le gouvernement et la société ukrainienne Duglas Alliance, en charge du chantier. Malgré cette situation, le vice-président estime que le contrat reste d’intérêt stratégique, et propose l’introduction de nouvelles clauses portant sur la réparation ou le remplacement des infrastructures défaillantes.
Malabo-Luba : Somagec recalée sur un autre projet majeur
Le même jour, Somagec a également été disqualifiée du projet de réhabilitation de l’autoroute Malabo-Luba (31,4 km), en suspens depuis cinq ans. Évalué à 7 milliards de FCFA par le Fonds africain de développement, le marché a été jugé non conforme par Ge-Proyectos, le comité équatoguinéen de passation des marchés publics.
Selon le rapport du comité, Somagec ainsi que trois autres entreprises (China Road, Arab Contractors et Sogeco) ont proposé des offres excessivement coûteuses. « Aucune des quatre propositions n’a été retenue car elles dépassent de manière injustifiée les coûts de référence, sans justificatifs valables. En conséquence, les offres sont rejetées sans possibilité de soumissionner à nouveau », précise le communiqué.
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Le rapport souligne que les offres se situaient entre 20 et 50 milliards de FCFA, soit jusqu’à trois fois la valeur initialement retenue. Le projet de réhabilitation inclut trois composantes : la remise en état de la chaussée, l’acquisition de matériel d’entretien et de comptage de trafic, ainsi que le renforcement des capacités de la Direction Générale des Travaux Publics, des Ports et de la Signalisation Maritime (DGTPSM) sur l’île de Bioko.

