En Guinée équatoriale, le projet de construction de la Centrale de Sendje officiellement lancé en 2012 dans la partie continentale du pays, n'est pas achevée. Une dette que l'Etat devrait à Duglas Alliance Ltd, l'entreprise ukrainienne accentue ce retard alors que l'infrastructure est exécutée à plus de 70 %. En effet, les deux parties n'arrivent pas à s'accorder sur le montant exact de la facture à payer à Duglas Alliance pour l’ensemble des travaux déjà exécutés.
Après le 26 janvier 2025, le vice-président de la République Nguema Obiang Mangue a encore abordé la question avec le prestataire en présence du Premier ministre Manuel Osa Nsue et d'autres parties prenantes. D'après le compte rendu consulté par EcoMatin, Duglas Alliance Ltd réclame (désormais) des impayés de 30 millions d'euros (19,6 milliards de Fcfa) pour les travaux effectués et les dépenses extrabudgétaires dans le cadre de la réalisation de la centrale de Sendje d'une capacité installée de 200 MW. Pourtant, 10 jours plus tôt, l'entreprise revendiquait une dette de 90 millions d'euros (environ 59 milliards de Fcfa) soit le triple du montant révisé.
Face à cette situation, Nguema Obiang Mangue qui n'exclut pas l'idée d'une éventuelle « surfacturation », a « recommandé aux personnes présentes d’analyser à nouveau les concepts pour être sûr qu’il s’agit bien du montant réel que le gouvernement doit payer à l’entreprise Duglas, car il ne comprend pas pourquoi l’entreprise dit maintenant que la dette est de 30 millions d’euros alors qu’auparavant, il exigeait le triple de cette somme », fait savoir la page institutionnelle du gouvernement équatoguinéen. Les inquiétudes des autorités de Malabo se renforcent avec un rapport de l'entreprise d'AFRY, le maitre d'œuvre projet de la Centrale hydroélectrique.
Pour cette dernière, « il existe plusieurs non-conformités qui affectent différents aspects de la construction civile et de l’électromécanique, des anomalies qui pourraient réduire la qualité et le fonctionnement des travaux, ce qui pourrait laisser une dette de la part de Duglas Alliance envers l’Etat équato-guinéen de plus de 191 millions d’euros (125,2 milliards de Fcfa ».
Afin de trouver un terrain d’entente entre les parties, la deuxième personnalité du pays a instruit d’une part, qu’une demande soit faite à l’entreprise pour des explications sur les non-conformités, y compris celles encourues dans la construction du barrage, de l’équipement, ainsi que pour présenter la certification de celui-ci et l’étude d’exécution et d’autre part, détailler les contours des 30 millions d’euros qui sont exigés de l’État équato-guinéen qui se réserve cependant d'avancer un chiffre à son tour.
Un vieux projet
Il convient de souligner que c'est en 2011 que Duglas Alliance Ltd a remporté le marché de construction de la Centrale hydroélectrique de Sendje. La pose de la première pierre est intervenue un an après pour une durée de 5 ans. Mais l'exécution de l'infrastructure a connu plusieurs péripéties. D'abord en 2015, la rivière Weller (à 40 km à l’est de Bata) sur laquelle est implantée la Centrale, a été barrée. En 2016, la construction de l’installation a été suspendue en raison d’un manque de financement de la part du gouvernement de la part de la Guinée équatoriale et la reprise des travaux n’a eu lieu qu’en juillet 2018. En juillet 2020, La Banque de développement des Etats de l'Afrique centrale (Bdeac) a accordé un financement de 136 millions $ (86 milliards de Fcfa) pour la poursuite de ce projet dont le coût prévisionnel est estimé 525 millions $ (332,4 milliards de Fcfa).
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