La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a procédé, le 15 octobre 2025, à une nouvelle injection de 750 milliards FCFA sur le marché monétaire, selon un avis d’appel d’offres publié par la banque centrale. Cette enveloppe, en hausse de 50 milliards FCFA par rapport à celle de la semaine précédente, constitue un record absolu depuis 2019, confirmant la forte tension de liquidité dans le système bancaire de la CEMAC.
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L’opération, d’une maturité de sept jours (du 16 au 23 octobre) et assortie d’un taux minimum de 4,5 % (TIAO), s’effectue par appel d’offres à taux variables, avec des actifs éligibles en garantie conformément à la décision n° 04/CPM/2013 du 31 octobre 2013. La demande des établissements bancaires, déjà supérieure à 800 milliards FCFA la semaine passée, illustre la soif persistante de liquidité des banques régionales, lourdement sollicitées par le financement des États.
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Ce renflouement massif des coffres-forts bancaires traduit la volonté de la BEAC de desserrer l’étau monétaire pour soutenir une économie régionale fragilisée. Selon les dernières projections du Comité de politique monétaire (CPM), la croissance de la CEMAC devrait ralentir à 2,6 % en 2025, contre 2,7 % en 2024, loin derrière la moyenne de 6,3 % attendue dans la zone UEMOA. En dopant la liquidité, la Banque centrale espère stimuler le crédit et relancer la dynamique économique, dans un contexte de baisse continue de la production pétrolière et gazière (–1,5 % en 2025 après –0,4 % en 2024).
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Mais cette politique d’assouplissement cache aussi une fragilité structurelle du système financier régional. Dans un rapport publié en juillet, le FMI attribuait la tension de liquidité à la hausse des besoins de financement publics, à la prolongation des maturités de la dette souveraine, à la faible mobilisation des dépôts et aux arriérés intérieurs accumulés par plusieurs gouvernements. Le Fonds a exhorté la BEAC et la COBAC à « maintenir un dialogue actif avec les 31 banques en tension de liquidité », tout en soulignant que la solution durable passe par le règlement effectif des dettes intérieures des États.

