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La crise du scanner du Port de Douala a alimenté l'inflation dans la CEMAC (BEAC)

Cette situation a fortement perturbé les importations à destination du Cameroun, du Tchad et de la République centrafricaine entre le 1er janvier et le 18 février 2026 et provoqué une hausse des prix.

Publiée mercredi 15 juillet 2026 à 15:02:21Modifiée mercredi 15 juillet 2026 à 15:02:44Temps de lecture 5 minPar Vicky BAGAL

La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) vient de rendre public sa note d’évolution trimestrielle de l’inflation pour le compte du 1er trimestre 2026. Le document exploité par EcoMatin met en évidence une combinaison de facteurs qui ont façonné l’évolution des prix durant ladite période, affichant une inflation qui semble désormais sous contrôle dans la sous-région. Il en ressort qu’après être revenue sous le seuil communautaire de 3 % en fin 2025, l’inflation dans la CEMAC a poursuivi son ralentissement pour s’établir à 1,4 % en mars, contre 4 % à la même période un an plus tôt.

Lire aussi : Cemac : l’inflation recule à 3,2% au premier trimestre 2025

Si plusieurs facteurs ont contribué au ralentissement de l’inflation dans la CEMAC au premier trimestre 2026, notamment les bonnes campagnes agricoles au Cameroun et au Tchad, le maintien des mesures de lutte contre la vie chère, le gel des prix des carburants dans la plupart des États membres ainsi que la baisse des cours mondiaux de l’énergie et des produits alimentaires, la BEAC souligne que certains chocs ponctuels et structurels ont continué d’exercer des pressions sur les prix dans la sous-région.

« la dynamique de l’inflation importée a découlé de la baisse des prix de l’énergie qui s’est poursuivie jusqu’en février 2026, ainsi que de ceux des produits alimentaires mondiaux. […] En revanche, la consommation privée restée dynamique [et] les perturbations de la chaîne logistique avec le blocage des activités de scanning des marchandises pendant un mois et demi au Port Autonome de Douala ont impacté les prix des produits », peut on lire dans le document produit par la BEAC. 

Lire aussi : Scanning au Port de Douala : Cyrus Ngo’o suspend partiellement les activités de Transatlantic D SA

En effet, la banque centrale note que la hausse de la demande privée, portée par les recrutements dans la fonction publique ainsi qu’aux revenus issus des filières aurifères (Tchad et RCA) et de la filière cacao au Cameroun, a directement affecté les prix des produits dans la région. Ce contre vent a été d’autant plus prononcé à cause du blocage du Port autonome de Douala (PAD), poumon économique et principal axe d'approvisionnement des pays enclavés de la CEMAC.

Pour mémoire, entre le 1er janvier et le 18 février 2026, les importations destinées au Cameroun, au Tchad et à la République centrafricaine ont été fortement perturbées, à la suite De la suspension des opérations portuaires décidé dans le cadre du conflit ayant opposé SGS et Transatlantic autour des activités de scanning des marchandises au Port de Douala. Une interruption qui, selon la BEAC, a atténué la dynamique descendante des prix des produits dans ces trois pays et directement impacté leurs différentes économies, illustrant une nouvelle fois la forte dépendance du Tchad et de la Centrafrique vis-à-vis du corridor camerounais. 

Le naira et la crise au Moyen-Orient sous surveillance

Au-delà de ces perturbations logistiques, d’autres facteurs ont également limité le ralentissement de l’inflation en CEMAC. La BEAC cite notamment l’appréciation du naira nigérian, qui a renchéri les importations de carburants, de lubrifiants, d’équipements et d’autres biens en provenance du Nigeria vers le Cameroun et le Tchad, alimentant les coûts de production et de consommation. Selon l’institution, cette pression devrait se poursuivre au deuxième trimestre 2026.

Lire aussi : CEMAC/inflation : ces obstacles qui pourraient entraver le retour à la norme communautaire de 3% en 2025 (Rapport)

La banque centrale met également en garde contre les conséquences du conflit au Moyen-Orient (flambée des cours du pétrole et explosion des coûts du fret maritime), susceptible d’interrompre la dynamique de désinflation observée depuis 2023. Les États de la CEMAC, fortement dépendants des importations de produits pétroliers raffinés, pourraient être contraints de relever les prix des carburants à la pompe si le coût des subventions devenait insoutenable, avec des répercussions sur les coûts de transport, de production et, in fine, sur les prix à la consommation. « La guerre au Moyen-Orient intervient dans un contexte de réduction des marges budgétaires des États de la CEMAC […] Par conséquent, les États devraient se retrouver affaiblis pour faire face à cette crise et être contraints de ne pas maintenir plus longtemps les subventions des prix des carburants à la pompe », relève la BEAC.

Malgré ces risques, la banque centrale table encore sur une inflation moyenne de 2,4 % en 2026, 3 % en 2027 puis 2,7 % en 2028, tout en soulignant qu’une prolongation du conflit au Moyen-Orient pourrait remettre en cause ces prévisions en maintenant durablement les prix de l’énergie, du fret maritime et des intrants agricoles à des niveaux élevés.

Lire aussi : Beac : comment le resserrement de la politique monétaire a fait reculer l’inflation dans la Cemac

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