La Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC) a enregistré une baisse de 45 % de son résultat net au premier semestre 2026. Selon ses états financiers arrêtés au 30 juin et consultés par EcoMatin, l’institution basée à Brazzaville a réalisé un bénéfice de 4,6 milliards FCFA, contre 8,36 milliards à la même période en 2025. Ce recul s’explique principalement par la baisse des intérêts perçus sur les crédits accordés à ses clients, alors que le coût des emprunts contractés par la banque continue d’augmenter.
Accumulation d’impayés
Dans le détail, les revenus d’intérêts tirés des crédits ont diminué de 15,6 %, passant de 22,42 milliards FCFA au premier semestre 2025 à 18,93 milliards un an plus tard. À l’inverse, les intérêts payés par la BDEAC sur ses propres financements ont progressé de 16,1 %, à 17,18 milliards FCFA. Résultat, la différence entre les intérêts encaissés et ceux versés est tombée à 1,74 milliard de FCFA, contre 7,61 milliards un an auparavant, soit une baisse de 77 %. Cette évolution intervient alors que la banque continue de renforcer son exposition sur le secteur privé et les États de la région. En six mois, son encours de crédits a progressé de 4% à 686 milliards au 30 juin 2026. Mais si ces nouveaux financements ne parviennent pas à faire progresser ses revenus, c’est surtout à cause des difficultés de certains emprunteurs à rembourser leurs crédits, privant la banque d’une partie des intérêts attendus.
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Résultat des courses, les échéances de crédits impayées ont augmenté de 48,8 milliards FCFA (+35%) au premier semestre. Elles représentent désormais 25 % de l'encours brut des crédits, contre 19 % à fin décembre 2025. Cette dégradation a contraint la banque à constituer 897 millions FCFA de provisions nettes pour couvrir tout risque de non remboursement. Le second facteur qui explique la baisse des bénéfices est la disparition des gains exceptionnels (des revenus qui ne proviennent pas de l’activité habituelle de la banque). Au premier semestre 2025, la BDEAC avait enregistré 3,52 milliards de FCFA de gains liés à la hausse de la valeur de ses participations dans Afreximbank et le Fonds africain de solidarité. Un an plus tard, ces gains ne représentent plus que 30 millions de FCFA.
Offensive salvatrice à l’international
La trésorerie de la Banque est également tombée de 115,4 milliards FCFA fin 2025 à 62,8 milliards au 30 juin 2026, soit une contraction de près de 46 % en six mois. Elle doit parallèlement composer avec les retards de libération du capital de ses actionnaires. À fin juin, les six États de la CEMAC lui devaient encore 135,18 milliards FCFA au titre du capital appelé. Malgré ces difficultés, les revenus de la banque ont relativement résisté. Son produit net bancaire a reculé de seulement 2,2 %, à 9,6 milliards de FCFA. Cette résistance s'explique par la hausse des commissions, qui sont passées de 1,92 à 6,68 milliards FCFA. L'essentiel de cette somme, soit 6,32 milliards, provient des pénalités appliquées aux emprunteurs en retard de remboursement.
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Pour élargir ses ressources, l'institution présidée par le Camerounais Dieudonné Evou Mekou a réalisé, le 13 octobre dernier, sa première émission obligataire internationale. L'opération lui a permis de mobiliser 222 millions de dollars, soit environ 125 milliards FCFA, sur les marché financiers internationaux. Le même jour, elle a signé avec la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA) un prêt de 30 millions d'euros, environ 19,7 milliards de FCFA, destiné au financement des PME de la sous-région.
Ces nouvelles ressources doivent permettre à la BDEAC de poursuivre ses décaissements et de réduire sa dépendance aux contributions de ses actionnaires. En 2025, la banque a notamment approuvé un prêt de 16 milliards FCFA à Petro Service & Logistique (PSL) pour renforcer ses capacités de production, ainsi qu'un financement de 5 milliards de FCFA destiné à l'implantation d'une industrie avicole intégrée à Nkouo, au Congo. Au Cameroun, elle a également validé deux prêts totalisant 12,5 milliards FCFA : 11 milliards pour l'aménagement et le bitumage de la route Kumba-Mamfé et 1,5 milliard pour les études de faisabilité du projet hydroélectrique de Minkouma.











