Le Gabon renforce sa production locale de volaille avec un nouvel investissement porté par le groupe camerounais Noutchogouin Jean Samuel (NJS). Le 4 mai dernier, une convention d’investissement de 10 milliards de FCFA (environ 18 millions de dollars) a été signée entre le gouvernement gabonais et NJS AVI Gabon, filiale locale du groupe, pour la construction d’une ferme avicole intégrée à Oyem, dans la province du Woleu-Ntem.
Le projet repose sur une unité intégrée combinant élevage, transformation et distribution, avec une capacité de production annuelle estimée à 10 000 tonnes de volaille. À terme, cette infrastructure devrait contribuer à la création d’emplois locaux et à la dynamisation économique de la région, tout en s’inscrivant dans la stratégie de souveraineté alimentaire du pays.
Lire aussi : Elevage : le Gabon engage une réforme ambitieuse pour réduire sa dépendance aux poulets importés
À ce jour, la production avicole nationale du Gabon reste limitée à environ 4 100 tonnes par an, selon le ministère de l’Agriculture. Elle ne couvre que 5 % à 10 % des besoins du marché, contraignant le pays à importer entre 55 000 et 85 000 tonnes de poulet chaque année.
L’investissement est porté par le groupe Noutchogouin Jean Samuel (NJS), du nom de son fondateur décédé en 2019, acteur majeur de l’agro-industrie au Cameroun et leader de l’aviculture dans le pays. Historiquement positionné sur la filière avicole, le groupe opère à travers plusieurs filiales structurantes, dont la Société des provenderies du Cameroun (SPC), spécialisée dans l’alimentation du bétail et la production d’œufs, Agrocam, dédiée à la production de poussins d’un jour, et Belgocam, active dans l’importation et la commercialisation d’intrants.
Lire aussi : Cameroun : Le groupe Noutchogouin muscle sa production d’engrais de 130 % avec une nouvelle usine à Douala
Au-delà de l’aviculture, le groupe s’est également imposé comme un acteur de référence dans la production d’engrais, contrôlant environ 45 % du marché camerounais. Il dispose d’une capacité installée de 265 000 tonnes, renforcée par la mise en service, en avril 2025, d’une nouvelle unité opérée par sa filiale Hydrochem.
L’entrée de NJS sur le marché gabonais, à travers sa filiale NJS AVI Gabon, illustre la montée en puissance des investissements intra-africains dans les filières agricoles et alimentaires, dans un contexte de recherche accrue de souveraineté alimentaire par les États de la sous-région.
Lire aussi : Cameroun : le groupe Noutchogouin se renforce dans les engrais avec une nouvelle usine

