Le gouvernement gabonais accorde aux détenteurs des 73 permis miniers retirés à la suite d’un audit du secteur aurifère jusqu’au 15 novembre 2026 pour présenter leurs réclamations et apporter les justificatifs nécessaires. Invité à s’exprimer sur la télévision nationale, le ministre des Mines, Sosthène Nguema Nguema, a annoncé le 28 octobre, la mise en place d’une commission chargée d’examiner les recours des opérateurs à petite échelle qui estiment avoir été sanctionnés à tort. « Nous avons fait un travail d’audit, nous avons décidé de sortir ceux qui ne répondaient pas aux critères et qui violaient la loi, mais nous ouvrons quand même, pendant une période, je crois jusqu’au 15 novembre, une période de réclamation », a déclaré le membre du gouvernement.
L’audit, lancé en juin après la suspension d’activités dans le secteur, a révélé des irrégularités dans près de 90 % des permis examinés, selon le ministre. Les manquements relevés concernent notamment le non-paiement de redevances et d’impôts miniers, le non-respect des programmes techniques de recherche ainsi que l’absence de rapports d’activité auprès de l’administration de tutelle. Le ministre a également dénoncé la sous-traitance de certains titres miniers à des exploitants qui ne seraient pas officiellement identifiés auprès de son administration. Dans le détail, Sosthène Nguema Nguema estime entre 27 et 28 milliards de FCFA le manque à gagner annuel pour le Trésor public résultant de ces manquements. Son intervention ne précise toutefois ni la méthode de calcul de ce montant ni sa ventilation entre les différentes obligations fiscales et minières.
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Rendu public le 19 octobre 2026, le retrait des 73 permis peut encore faire l’objet de réclamations. Selon le ministre, les titulaires concernés devront présenter des preuves à la commission mise en place à cet effet. À défaut de régularisation, les permis resteront dans le domaine de l’État, a-t-il averti. Le gouvernement entend ainsi renforcer le contrôle de l’activité aurifère et mieux maîtriser les volumes d’or extraits et exportés, que le ministre estime insuffisamment suivis par les autorités.
Des conditions d’attribution appelées à évoluer
La procédure de réclamation ouverte intervient alors que le Code minier gabonais est en cours de révision. Selon le ministre, sa nouvelle version doit notamment préciser les conditions d’attribution des permis et les obligations auxquelles les opérateurs seront soumis. Il a indiqué que la version finale du texte devait être remise « dans les prochains jours. »
Le gouvernement prévoit également d’interdire, à compter du 1er janvier 2027, l’exportation de l’or non transformé, selon l’annonce du ministre. Cette mesure vise à orienter les flux vers les circuits de traçabilité et vers l’installation de raffinage située dans la zone économique spéciale de Nkok. Les autorités entendent par ailleurs poursuivre la réorganisation de l’exploitation artisanale et de la petite mine autour de coopératives, afin de mieux encadrer les acteurs du secteur.
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