Au Cameroun, le gouvernement a introduit, le 10 novembre dernier, un projet de loi autorisant le président de la République à ratifier l’accord de coopération aérienne signé en janvier 2025 avec l’État du Qatar. Ce texte, désormais soumis au Parlement, vise à encadrer l’arrivée de Qatar Airways dans le ciel camerounais à travers une batterie de mesures incitatives. Selon le document consulté par EcoMatin, « les aéronefs exploités pour les services convenus (…) ainsi que leurs équipements, pièces de rechange (y compris les moteurs), carburant, le pétrole (incluant les fluides hydrauliques, les lubrifiants) et provisions de bord (nourriture, boisson et tabac) seront, sur la base de la réciprocité, exonérés des droits de douane, des frais d’inspection et autres charges à l’arrivée sur le territoire ».
Ces dispositions traduisent la volonté de Yaoundé d’attirer l’un des géants du transport aérien mondial en facilitant son intégration opérationnelle et commerciale. Les exonérations prévues concernent également les revenus générés localement par la compagnie, les uniformes, équipements de bureau ou matériels de promotion. À travers cette politique d’ouverture, le Cameroun espère stimuler la connectivité, renforcer ses hubs aériens et, à terme, repositionner la compagnie nationale Camair-Co dans un environnement concurrentiel plus dynamique.
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Pour le Qatar, cet accord s’inscrit dans une stratégie d’expansion en Afrique centrale. Qatar Airways, qui dessert plus de 170 destinations dans le monde, exploite une flotte de plus de 240 appareils modernes et a transporté 43,1 millions de passagers entre 2024 et 2025 et 3 102 170 tonnes de fret. L’ouverture du marché camerounais marquerait une première implantation dans la zone CEMAC, où la compagnie n’opère pas encore de dessertes directes.
Cette coopération renforce également les liens bilatéraux entre Yaoundé et Doha, amorcés lors des discussions relancées en juin 2023 à Yaoundé entre Ali Ghanem Al Hajri, ambassadeur désigné du Qatar, et Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhè, ministre camerounais des Transports. Ces échanges, initiés dès octobre 2022 en marge de la 40e Assemblée générale de l’OACI au Canada, portaient déjà sur la redynamisation de Camair-Co, en difficulté chronique depuis son lancement en 2011.
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Avec cet accord, le Cameroun espère non seulement moderniser sa coopération aéronautique, mais aussi réintégrer les grandes routes internationales. Pour Qatar Airways, il s’agit d’un pas stratégique vers le Golfe de Guinée, une région à fort potentiel mais encore faiblement connectée aux grands hubs du Moyen-Orient. En Afrique, Qatar Airways détient 25% du capital de la compagnie sud-africaine Airlink.
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