La scène se déroule le 03 septembre dernier. Dans le cadre du programme B-First qui vise à offrir des bourses universitaires aux 50 meilleurs bacheliers, la ministre des Enseignements secondaires, Pauline Nalova Lyonga, pose à côté de Youssoufa Bouba qui représente l’institution donatrice et des récipiendaires. L’une des rares sorties où l’un des directeurs généraux adjoints d’Afriland First Bank (AFB) Cameroun prend de la lumière. Car, le banquier préfère l’austérité des dossiers de crédit qu’il épluche avec application. C’est la raison pour laquelle il n’a pas donné suite aux sollicitations incessantes d’EcoMatin. Une attitude que l’un de ses proches trouve normale. « Ses parents lui ont transmis un code de conduite fondé sur la sagesse, l’intégrité, la retenue, le courage, le respect de l’autorité établie et la pudeur », souffle-t-il.
Cette retenue ne peut occulter la contribution essentielle du natif de Garoua au maintien d’Afriland au sommet du paysage bancaire national. Depuis sa promotion à ce poste, en février 2019, Youssoufa Bouba a activement participé à la définition et à la mise en œuvre de la stratégie globale de l’établissement de crédit. « Ses missions couvrent la supervision des directions opérationnelles, le pilotage de la performance financière, le développement de nouveaux produits, la gestion des risques et consolidation des relations institutionnelles. Il est la cheville ouvrière, la caisse à outils. La gestion des risques occupe une place centrale dans ses activités au quotidien », note une source interne.
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À ces responsabilités vient désormais s’ajouter un nouveau défi. Afriland a choisi ce dernier pour prendre les commandes de sa future succursale au Tchad, tout en lui conservant ses fonctions de directeur général adjoint au Cameroun. Le terrain tchadien n’est d’ailleurs pas totalement inconnu pour le natif de Garoua. C’est lui qui, le 28 août dernier à N’Djamena, avait présenté au ministre des Finances, Tahir Hamid Nguilin, le projet d’implantation d’Afriland dans le pays. Il devra désormais le mettre en musique sur un marché encore faiblement bancarisé, mais où sont déjà présents Ecobank, Commercial Bank, Orabank, UBA, BSIC et la Banque commerciale du Chari.
L’opportunité AFB
En huit années, Youssoufa Bouba a servi sous les férules respectives d’Alphonse Nafack et de Célestin Guela, apportant sa pierre aux performances de la banque. Entre 2019 et 2026, le capital social est passé de 20 à 110 milliards de F Cfa (+450%). La situation nette a progressé de pratiquement 99 milliards de F Cfa (+178%) et le bénéfice a bondi de près de 213%, pour s’établir à 26,4 milliards de F Cfa. L’un des terrains favoris de cet essor a été le déploiement de la finance islamique où AFB fait figure de précurseur, en l’introduisant dès les années 2000 dans son dispositif. Si Youssoufa Bouba était impliqué dans l’implémentation du modèle, avec le concours de la Banque islamique de développement (BID), il en prendra la responsabilité à partir de 2013, lorsqu’il accède au poste de directeur en charge de la finance spécialisée. Une expérience qu’il va étendre à une échelle supérieure, en devenant directeur groupe en charge de la finance spécialisée à partir de 2018.
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Youssoufa Bouba a donc été de toutes les mutations d’AFB durant ces trois dernières décennies. De la progressive transformation digitale à l’expansion de son réseau, en passant par l’entrée dans le segment de la banque de détail, le lancement de la finance islamique, l’entrée dans le marché des capitaux par la prise du risque souverain, la diversification des produits et une adaptation constante aux évolutions règlementaires.
Un tel parcours consacre une fidélité à une institution qu’il intègre en 2001, après un diplôme d’études approfondies en sciences et techniques de gestion en l’université de Yaoundé II Soa. « Son rêve initial a été d’être expert-comptable, inspiré en cela par un oncle qui fut le premier expert-comptable du septentrion », évoque l’un de ses proches. Youssoufa Bouba se lance alors dans des études en comptabilité et finance puis en management des organisations et des risques, et finit par obtenir un diplôme d’études universitaires professionnelles en comptabilité et finance, après avoir bravé le baccalauréat G2, option techniques quantitatives de gestion. Le projet professionnel tourne court à la suite du décès de ce parent, suivi de celui de sa mère qui constituent ses principaux soutiens. Ce qui l’oblige à trouver un emploi, en saisissant l’opportunité AFB.
Notable
Le stage professionnel pré-emploi est concluant et il est quelque temps affecté pour un an sur les bords de la lagune Ebrié comme cadre de l’assistance technique auprès de Omnifinance, devenue aujourd’hui Access Bank Côte d’Ivoire. Quelque mois après son retour au Cameroun, il est promu chef de département du contrôle des engagements, puis directeur des risques. Une suite logique pour celui qui s’est aussi initié au Leadership et au Risk management au Business Excellence Academy du PKFokam Institute, sans compter d’autres formations et missions ailleurs en finance, économie, systèmes d’information et politiques économiques. Un background solide qui lui a permis d’atteindre les cimes d’AFB.
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Un destin qui n’a failli ne pas s’accomplir si cet admirateur de Nelson Mandela et de Paul Kammogne Fokam avait choisi dans l’enfance d’embrasser une carrière de footballeur. « Mais le destin en a décidé autrement », se souvient son proche, qui dévoile son goût pour la lecture et la découverte d’autres cultures. Père de six enfants, ce musulman pieux, qui se laisse guider par les enseignements du prophète Mohamed, préfère consacrer son énergie au soutien à l’éducation à travers la construction d’écoles, le financement des projets, l’accompagnement des jeunes, la promotion de l’entreprenariat et la participation aux initiatives communautaires. Un engagement à la hauteur de son statut de notable à la cour du lamidat de Garoua.













