Réunies en septembre, les conférences élargies de programmation budgétaire et de la performance associée (CEPB-PA) ont examiné le sort du contentieux qui oppose l’État du Cameroun à Tollcam Partenariat SAS. Cette coentreprise, détenue à parts égales par les groupes français Fayat et Egis, s’était engagée en décembre 2020 à investir 42 milliards FCFA pour construire et exploiter 14 péages automatiques, sous la forme d’un partenariat public-privé (PPP). Dans ce type de montage, l’État ne paie pas l’ouvrage en une fois : il verse au partenaire privé des « loyers » périodiques, qui servent à rembourser l’investissement et à rémunérer l’exploitant sur la durée du contrat.
Selon le document consulté par EcoMatin, le ministère des Travaux publics (Mintp) n’a programmé que 42 milliards FCFA au titre de ces loyers en 2027, relatifs à l’autoroute Kribi-Lolabé et à ce projet de péage ,soit 44 % des besoins globaux estimés à 96 milliards de FCFA. Le déficit atteint ainsi 54 milliards de FCFA. Mais, « en l’absence d’un acte juridique matérialisant les arrangements consécutifs à la rupture du contrat avec Tollcam », les conférences ont recommandé de réorienter ces ressources vers l’entretien routier. Elles préconisent par ailleurs de poursuivre les discussions afin de traiter ces engagements « en dehors du budget du Mintp, notamment dans le cadre de la dette ».
Le gouvernement semble donc avoir changé de cap. Contactées par la rédaction fin novembre 2025, des sources au sein du Mintp assuraient que le budget 2026 prévoit le paiement de 20 milliards de FCFA, en guise de premier versement de la créance due à la société de projet, le solde devant être réglé au titre de l’exercice 2027, conformément aux dispositions contractuelles.
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Pour comprendre, le 10 décembre 2020, la construction des sept premiers postes de péage automatique avait été lancée (Mbankomo, Boumnyebel, Edéa, Mbanga, Tiko, Nkometou et Nsimalen). Prévus pour entrer en service dès septembre 2023, ils ne fonctionnent toujours pas, bien que les travaux soient achevés. Les sept autres péages demeurent en suspens. En cause, une décision du 2 février 2024 par laquelle le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a notifié à Philippe Serain, président de Tollcam Partenariat SAS, la suspension du projet en mode PPP. Yaoundé affiche l’objectif de récupérer l’ouvrage en pleine propriété.
Or Tollcam, attributaire du marché depuis avril 2019, était chargée de la construction et de l’exploitation des péages : financement, volet infrastructurel, recrutements et transfert de technologies au Cameroun. En novembre 2025, un rapport de la Chambre des comptes de la Cour suprême indiquait que l’entreprise avait saisi la Cour internationale d’arbitrage de la Chambre de commerce internationale (CCI). Elle réclame à l’État une indemnisation de 30 milliards de FCFA. La procédure serait « en cours de tentative de règlement amiable ».
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Rappelons que l’État camerounais devrait finalement rembourser 66,6 milliards de FCFA à l’entreprise chinoise Kribi Highway Management (KHM), dans le cadre de la relecture du contrat. Cette somme correspond à l’investissement consenti par l’entreprise au titre du PPP, pour le financement, la conception, la construction partielle, l’exploitation et la maintenance de l’autoroute Kribi-Lolabé. Ajouté à Tollcam, ces deux loyers feraient effectivement 96,6 milliards FCFA.
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