NFC Bank a franchi pour la première fois la barre des 200 milliards de FCFA de bilan, quelques mois après être sortie de douze années d'administration provisoire. Selon la Direction générale du Trésor, de la coopération financière et monétaire (DGTCFM), son total bilan atteint 203,46 milliards à fin 2025, contre 178,4 milliards un an plus tôt (+14 %). Les dépôts s'élèvent à 147,17 milliards et les crédits à 108,19 milliards. Le bénéfice net progresse de près de 15 %, à 3,32 milliards (2,9 milliards en 2024), pour un produit net bancaire de 13,95 milliards et un coefficient d'exploitation de 60 %.
Lire aussi:Cameroun : qui est Julius Manjo Berdu, l’artisan discret derrière la restructuration de NFC-Bank ?
Ces résultats tombent à un moment charnière. Après avoir mobilisé 24,75 milliards de FCFA pour la sauver, l'État détient 99,92 % du capital. « Cette prise de contrôle de l'État n'est toutefois pas définitive », précise le Trésor, qui prévoit sa sortie « au plus tard le 28 juillet 2027 », par une cession à des investisseurs stratégiques. Aucun repreneur ni aucune valorisation n'est pour l'instant mentionné. Mais l'actif à céder a changé de nature : Yaoundé ne cherche plus à se défaire d'une banque au bord de la liquidation, mais d'un établissement bénéficiaire.
Du sauvetage à la normalisation
Placée sous administration provisoire par la Cobac en novembre 2012, NFC Bank avait été reprise par l'État dans le cadre d'un plan de restructuration validé en 2019. Sur les quelque 25 milliards mobilisés, 12 ont comblé l'insuffisance d'actifs, 10 ont renforcé les fonds propres et 2,8 ont servi à reprendre des créances en souffrance. Bénéficiaire depuis 2017, avec près de 13 milliards de FCFA de profits cumulés, la banque est officiellement sortie d'administration provisoire le 28 juillet 2025, avec l'installation d'une nouvelle équipe dirigeante conduite par Julius Manjo Berdu. En juin, elle a signé avec le gouvernement un contrat d'objectifs et de performance 2026-2029, censé améliorer sa rentabilité, sa gouvernance et la maîtrise des risques avant le désengagement public.
Un portefeuille public qui s'étoffe
NFC Bank n'est pas la seule banque sauvée par Yaoundé à avoir renoué avec les bénéfices. Union Bank of Cameroon (UBC), contrôlée à 54 % par l'État depuis le rachat des parts d'Ecobank en 2021 pour 17,8 milliards, a dégagé 5 milliards de bénéfice en 2025, contre 3,2 milliards un an plus tôt, pour un bilan de 215,9 milliards. Elle est aussi placée sous contrat de performance, mais le rapport n'indique aucune échéance de sortie. Par ailleurs, en mai 2026, l'État a repris les 58,08 % de Société Générale Cameroun détenus par le groupe français, portant sa participation à 83,68 % dans l'établissement rebaptisé General Bank of Cameroon (GBC). Là encore, il cherche un actionnaire stratégique.
Lire aussi: Cameroun : l’État place NFC Bank et UBC sous contrat de performance pour trois ans
Sortir d'une banque peut pourtant se révéler plus compliqué que d'y entrer. Commercial Bank Cameroon (CBC) en fournit l'exemple : malgré sa restructuration et une ouverture de capital annoncée depuis plusieurs années, le désengagement de l'État n'a toujours pas abouti. NFC Bank devient ainsi un nouveau test : trouver, avant juillet 2027, un investisseur capable de reprendre une banque redevenue bénéficiaire et forte de plus de 200 milliards de FCFA d'actifs.











