Après avoir mobilisé près de 43 milliards FCFA pour éviter leur disparition, le gouvernement du Cameroun veut désormais s’assurer que NFC Bank et Union Bank of Cameroon (UBC) transforment leur redressement financier en performances durables. Le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a signé à cet effet le 11 juin 2026, des contrats d’objectifs et de performance d’une durée de trois ans (2026-2029) avec les dirigeants des deux établissements, marquant le passage d’une phase de sauvetage à une phase de consolidation. L’État détenant aujourd’hui 99,93% du capital de NFC Bank et 54% de celui d’UBC, deux banques qui ont traversé de graves difficultés financières au cours de la dernière décennie.
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Selon le ministre des Finances, ces contrats fixent un cadre d’engagements réciproques entre l’actionnaire public et les dirigeants des banques. Ils reposent sur des indicateurs mesurables portant notamment sur le renforcement de la solidité financière, l’amélioration de la rentabilité, le développement des activités bancaires, la maîtrise des risques, le renforcement de la gouvernance, l’inclusion financière et le financement de l’économie. Des comités paritaires de suivi-évaluation ont été mis en place afin d’apprécier semestriellement les performances réalisées et de veiller à l’atteinte des objectifs fixés.
Efforts financiers
Cette nouvelle étape intervient au terme d’importants efforts financiers consentis par l’État pour éviter la liquidation des deux établissements. Dans le cas de NFC Bank, placée sous administration provisoire dès novembre 2012, le Trésor public a injecté près de 25 milliards FCFA dans le cadre du plan de restructuration validé par la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC). Cette enveloppe a servi à combler une insuffisance d’actifs de 12 milliards FCFA, à renforcer les fonds propres à hauteur de 10 milliards FCFA et à racheter 2,8 milliards FCFA de créances en souffrance. Pour UBC, l’intervention publique s’est matérialisée par le rachat, en 2021, des 54% du capital détenu par Ecobank pour un montant de 17,8 milliards FCFA. Selon les autorités, l’objectif était de préserver les dépôts des clients, les emplois et la stabilité du système bancaire.
Au-delà de l’enjeu financier, le gouvernement met en avant les retombées économiques et sociales de cette restructuration. Les deux banques disposent historiquement d’un réseau important dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, où elles jouent un rôle dans l’accès aux services financiers. « L’intervention de l’État a permis de préserver l’inclusion financière », a souligné Louis Paul Motaze, estimant que la disparition de ces établissements aurait eu des conséquences négatives sur l’activité économique locale et sur la confiance dans le système financier. Le ministre considère par ailleurs les restructurations de NFC Bank et d’UBC comme une expérience pionnière en Afrique centrale, conciliant exigences prudentielles et préservation de l’intérêt général.
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Les résultats financiers observés ces dernières années semblent conforter la stratégie adoptée. Après plus de douze ans sous administration provisoire, NFC Bank a retrouvé une gouvernance autonome en juin 2025 avec la levée de la tutelle de la COBAC. À fin 2024, son total bilan atteignait 178,4 milliards FCFA, en hausse de 15,3% sur un an, tandis que son bénéfice net s’établissait à 2,9 milliards FCFA. UBC affiche également une amélioration de ses performances avec un résultat net de 5 milliards FCFA en 2025, contre 3,2 milliards un an plus tôt, soit une progression de plus de 56%. Les actionnaires de la banque ont récemment approuvé une augmentation de son capital social à 25 milliards de FCFA. Alors que les autorités envisagent à terme un désengagement progressif de l’État au profit d’investisseurs privés, les contrats de performance apparaissent comme un instrument destiné à accroître la valeur des deux banques avant cette prochaine étape.













