alios-cameroun-27-10-2026
Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Business et EntreprisesEpremium

Centrafrique : un audit accable Djibro Service, gestionnaire des abattoirs de Bangui et de Bouboui

Viande abattue à même le sol, transport par camions non frigorifiques, parfois sur des motos ou des pousse-pousse : un comité interministériel décrit de graves manquements aux règles d’hygiène dans les abattoirs publics de Bangui et de Bouboui.

Publiée lundi 26 octobre 2026 à 15:45:05Modifiée lundi 26 octobre 2026 à 15:45:07Temps de lecture 5 minPar Vicky BAGAL

Abattoir public de Bouar, en RCA
Abattoir public de Bouar, dans la Nana-Mambéré. en RCA (c) RNL

La gestion des abattoirs publics de Bangui et de Bouboui pourrait connaître un nouveau tournant en République centrafricaine. Présenté le 24 octobre 2026 à la Primature, un rapport d’audit de la Société d’État de gestion des abattoirs (Sega) met en cause les performances de Djibro Service, l’entreprise privée chargée de leur exploitation. Mené sur 15 mois, de juin 2024 à septembre 2025, le contrôle fait état d’un taux de conformité au plan d’investissements de 39 %, d’importants manquements aux règles d’hygiène et d’insuffisances dans la gestion environnementale. « Déjà au niveau de l’abattage, la viande est abattue à même le sol. Le transport également ne se fait pas dans les conditions réglementaires, notamment avec des camions qui ne sont pas frigorifiques et même parfois sur des motos et des pousse-pousse », souligne Marcello Imayaka Mohellet, membre du comité interministériel chargé de l’audit.

Lire aussi : La BAD octroie 55 milliards de F aux filières piscicole, bovine et porcine

Le rapport relève également le non-versement de la « quote-part de l’État ». Selon le comité, le contrat d’affermage signé en octobre 2022 pour 20 ans entre l’État et Djibro Service, société de droit privé, prévoit le reversement à l’État d’une fraction de 25 % des retombées de l’activité. Or, depuis lors, rien n’a été reversé dans les caisses de l’État pour le compte de la Sega. Le Premier ministre, Félix Moloua, y voit une situation qui met en péril la vie de l’État. Il a accordé deux semaines à l’équipe de la Sega pour fournir des explications avant toute décision du gouvernement. « Je vais accorder 2 semaines à Sega pour présenter ses éléments de contradictions qui seront soumis à l’appréciation du conseil des ministres […] Sega n’est pas la seule, on fera de même pour toutes les entreprises publiques parce que l’État doit vivre », martèle-t-il.

Face à ces conclusions, l’homme d’affaires Ibrahim Djido, patron de Djibro Service, rejette le rapport, qu’il juge instrumentalisé pour remettre en cause le contrat, et estime que les obligations de l’État doivent aussi être examinées. « Ce rapport est minutieusement préparé pour sabrer le contrat. Ce qui y est dit n’est pas exactement ce qui a été constaté sur le terrain […] Il faut évaluer aussi l’autre partie », soutient-il lors de la conférence de presse tenue à l’issue de cette présentation.

Lire aussi : Filière bovine : vers une baisse de la production au 2e trimestre 2022 à cause de la sècheresse

Pour mémoire, la Sega, dotée d’une capacité de production de 150 000 tonnes de viande bovine et de buffle par an, couvre la quasi-totalité d’un marché estimé à 255 milliards FCFA en 2022 (dont 75% revient à l'élevage) selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Mais depuis 2018, elle fait face à des difficultés financières et opérationnelles, du fait de la vétusté des équipements et de la négligence. Le gouvernement en a donc confié l’exploitation à un opérateur privé, avec une promesse d’investissements de 10 milliards FCFA pour réhabiliter et moderniser les abattoirs et relancer l’activité de la Sega. Il s’était donné pour objectif d’évaluer la mise en œuvre de ce plan au bout de deux ans.

Intoxication alimentaire

La présentation de ce rapport, plus d’un an après son achèvement, intervient alors que la question de la sécurité de la viande vendue sur le marché refait surface. Le 22 septembre dernier, le ministère centrafricain de l’Élevage et de la Santé animale a saisi « plusieurs centaines de kilos de viandes de bœuf contaminés » sur les étals des marchés de Bangui, après la révélation de cas d’intoxication alimentaire, principalement des salmonelloses. Cette nouvelle saisie suit celle de juin 2024, où 5 tonnes de carcasses provenant des abattoirs de la Sega avaient été déclarées avariées, confisquées et détruites. L’exploitant, Ibrahim Abdoulaye Djido, avait alors été sommé de renforcer les conditions de conservation et de transport de la viande. « Il faut que les contrôles sanitaires se fassent dans les règles pour éviter les contaminations croisées », prévenait le ministre de l’Élevage de l’époque, Hassan Bouba Ali.

Lire aussi : Filière bovine : envolée des prix de la viande de boeuf malgré sa disponibilité

À noter qu’au-delà du différend contractuel, le dossier met en lumière les difficultés de la filière bovine centrafricaine, qui représente 8,7 % du PIB national selon la FAO et où les circuits informels et les insuffisances d’infrastructures compliquent le contrôle sanitaire. Pour y remédier, le gouvernement a annoncé en février dernier un projet industriel de 30 milliards FCFA consacré aux filières viande et lait, dans le cadre du Programme de développement des chaînes de valeur viande et lait (Prodecvil), cofinancé par la Banque africaine de développement. Il vise notamment à renforcer la production nationale et à développer des unités modernes de transformation. L’enjeu est d’autant plus important que la production de lait de vache frais est passée de 77 300 litres en 2014 à 28 945 en 2024, selon la FAO.

Lire aussi : Viande et lait : la Centrafrique lance un projet industriel de 30 milliards FCFA

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement Premium ou EcoMembre.

Contactez le service client
  • Accueil
  • Agro-industrie
  • Centrafrique : un audit accable Djibro Service, gestionnaire des abattoirs de Bangui et de Bouboui
centrafriqueViande bovineSEGADjibro ServiceAbattoirs publics
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

EpremiummoovBusiness et EntreprisesGabon : le duel au sommet entre Moov et Airtel relancé par la course à la 5GL'opérateur historique a annoncé le 27 octobre le lancement du déploiement de cette technologie, dans un marché où sa position de leader reste étroitement disputée par Airtel. Les deux concurrents se partagent près de 3,2 millions d'abonnements mobiles.il y a 4 heuresorangeBusiness et EntreprisesAfrique et Moyen Orient : Orange franchit les 1 500 milliards FCFA de chiffre d’affaires au 3e trimestreLes activités africaines et moyen-orientales d’Orange continuent de tirer les résultats du groupe français. Au troisième trimestre 2026, la région a généré à elle seule plus de 70 % de la croissance de l’opérateur, loin devant ses marchés européens.il y a 6 heuresEpremiumVliscoBusiness et EntreprisesCongo : après Franprix, le distributeur des pagnes Vlisco décroche des avantages fiscaux au Brazza MallLe distributeur de la marque néerlandaise de tissus haut de gamme vient d'obtenir un régime fiscal et douanier préférentiel pour ses activités à Brazzaville. Une faveur assortie d'engagements en matière d’emploi.il y a 1 jourEpremium1697119718055Business et EntreprisesCongo : l’État accorde dix ans d’avantages fiscaux et douaniers aux activités de Franprix à BrazzavilleTrois ans après l’ouverture de son premier supermarché à Pointe-Noire, l’enseigne française bénéficie, à travers son exploitant local, d’un agrément fiscal et douanier de dix ans pour ses activités au Brazza Mall. En contrepartie, au moins 50 emplois permanents devront être créés dans un délai de 18 mois.il y a 4 joursEpremiumUsine brassicole; image d'illustrationAgro-industrieCameroun : le projet de brasserie Krieger Brewery franchit l’étape des audiences publiquesAnnoncée depuis 2023, la société brassicole portée par l’homme d’affaires Camerounais Beyongo Mukete, s’apprête à franchir l’étape environnementale avant son implantation dans le Sud-Ouest. il y a 5 joursa688721f9038b902fba940b9ef9f243f_XLBusiness et EntreprisesMobile Money : les transactions dépassent 219 000 milliards de FCFA dans l’UEMOA, en hausse de 40%Avec plus de 16 milliards d'opérations et près de 285 millions de comptes ouverts, la monnaie électronique poursuit son expansion dans l’UEMOA.il y a 5 jours

Articles similaires

Epremiumvente-de-poissonConjonctureEn Centrafrique, les poissons de rivière menacés par la production de charbonPilier de l’économie nationale, l’exploitation forestière plonge le marché domestique dans une pénurie de poisson. il y a 5 joursEpremiumLe ministre centrafricain des Finances et du Budget XXXPolitiques PubliquesDette publique : la Centrafrique lance une nouvelle offre de rachat de 7,5 milliards FCFA après un premier essai décevantLa première tentative n'avait guère convaincu les investisseurs. Le Trésor centrafricain revient à la charge, alors que plusieurs échéances de remboursement approchent.il y a 1 semaine
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1Cameroun : le patron de Gulfcam démissionne pour prendre la tête d'un distributeur pétrolier au Congoil y a 1 jour2Affaire Garoubé : la justice française maintient une saisie de 11,7 milliards FCFA contre l’État du Camerounil y a 6 jours3Cameroun : le projet de brasserie Krieger Brewery franchit l’étape des audiences publiquesil y a 5 jours4Pétrole : la SNH impose aux futurs opérateurs de six blocs un minimum de 250 000 USD/an pour former les Camerounaisil y a 2 jours5Tchad : le groupe ivoirien AFG en passe de prendre le contrôle de la Banque de l’Habitatil y a 1 semaine6Cameroun : le français Camusat lève 12 milliards FCFA auprès de deux banques locales pour ses infrastructures de télécomsil y a 1 semaine7Congo : l’État accorde dix ans d’avantages fiscaux et douaniers aux activités de Franprix à Brazzavilleil y a 4 jours8Abidjan, Lomé, Libreville… : Idrissa Nassa remanie les états-majors de Coris Bank en Afriqueil y a 4 jours9CEMAC : les capitaux étrangers reculent dans les banques, les nationaux contrôlent désormais 23 établissements sur 54il y a 6 jours10Guy Laurent Fondjo (Afriland First Bank Guinée) : « La signature de l’État guinéen inspire une forte confiance »il y a 1 jour
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.