La République centrafricaine envisage de créer une chaîne industrielle pour les filières bovine et laitière. Présenté le 27 février dernier par le ministre centrafricain de l’Élevage, Hassan Bouba Ali, le projet est estimé à 30 milliards de FCFA(environ 54 millions de dollars). Il vise à renforcer la production nationale, structurer les chaînes d’approvisionnement et construire des unités modernes de transformation de la viande et du lait.
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Selon le membre du gouvernement, ce projet, dont les détails techniques n’ont pas encore été révélés, s’inscrit dans le Programme de développement des chaînes de valeur viande et lait (PRODECVIL), cofinancé par la Banque africaine de développement (BAD). Ce programme vise à renforcer la compétitivité des filières animales, accroître la production locale et réduire la dépendance aux importations.
La mise en œuvre du projet devrait notamment permettre d’organiser les groupements d’éleveurs, de réglementer le commerce de la viande et des carcasses, actuellement dominé par des exploitants clandestins, et de relancer la production laitière, en recul depuis 2020.
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En effet, la production de lait de vache frais en Centrafrique a chuté de plus de 60 % en dix ans, passant de 77 300 litres en 2014 à 28 945 litres fin 2024, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Cette baisse s’explique notamment par une réduction de la lactation des femelles du cheptel, avec un rendement moyen de 246 100 grammes par animal, bien inférieur à la moyenne subsaharienne estimée à 774 100 grammes par animal. Le gouvernement ambitionne de porter la production laitière à 50 000 litres d’ici 2030.
Le projet, qui vise à industrialiser les filières viande bovine et lait, pourrait également contribuer à relancer ces secteurs après la faillite de la Société d’État de gestion des abattoirs (SEGA). Passée sous giron privé il y a près de deux ans, l’entité publique chargée de l’exploitation et de la gestion des abattoirs, de l’encadrement des bouchers et du contrôle des marchés à bétail peine encore à redémarrer ses activités. Son repreneur, l’entreprise centrafricaine Dibro-Services, n’a pas encore achevé les travaux de réhabilitation des 13 centres d’abattage détenus par la SEGA à travers le pays.
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