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Mines et énergies

Fer de Mbalam : la CCI condamne le Cameroun à verser 355 milliards de FCFA à Sundance, selon l'entreprise

Sundance Resources affirme qu'elle engagera toutes les procédures nécessaires pour recouvrer cette créance si le Cameroun ne s'en acquitte pas volontairement.

Publiée dimanche 26 juillet 2026 à 17:55:01Modifiée dimanche 26 juillet 2026 à 17:55:03Temps de lecture 5 minPar EcoMatin

Fer de Mbalam

La société australienne Sundance Resources affirme avoir obtenu gain de cause contre la République du Cameroun dans le litige qui l'oppose à l'État depuis le retrait de ses permis miniers sur le projet de fer de Mbalam. Dans un communiqué publié le 26 juillet, l'entreprise indique que le tribunal arbitral constitué sous le Règlement de la Chambre de commerce internationale (CCI), à l'issue des audiences tenues à Paris en janvier 2025, lui a accordé, ainsi qu'à sa filiale camerounaise Cam Iron SA, « des dommages-intérêts, des intérêts et des dépens s'élevant au total à environ 616 millions de dollars américains », soit près de 355,08 milliards de FCFA. La nouvelle avait déjà transpiré un jour plus tôt : le 24 juillet 2026, Burford Capital, spécialiste américain du financement de contentieux, avait annoncé que son son client avait obtenu gain de cause estimant sa cote part à 250 millions de dollars australiens (environ 163 millions de dollars américains, soit près de 94 milliards de FCFA) si cette sentence était intégralement exécutée. 

Lire aussi : Fer de Mbalam : la CCI tranchera d’ici décembre dans le litige entre Sundance et le Cameroun

Selon Sundance, les arbitres ont retenu deux principaux griefs contre le Cameroun. D'une part, la sentence conclut que l'État a « manqué à ses obligations légales envers Cam Iron SA et Sundance » au regard des investissements réalisés dans le gisement de fer de Nabeba-Mbalam. D'autre part, le tribunal estime que le Cameroun a violé la convention d'arbitrage en ne respectant pas une ordonnance d'urgence rendue par la CCI en mars 2022. Cette décision interdisait aux autorités camerounaises d'attribuer le permis de Mbalam à un tiers avant l'issue de la procédure arbitrale.

Quinze ans d'un projet jamais concrétisé

Cette décision met un terme à un contentieux né de la déchéance des titres miniers de Sundance. Malgré plusieurs prorogations accordées par l'État camerounais, la société australienne n'est jamais parvenue à réunir les financements nécessaires à la réalisation des infrastructures du projet, notamment la construction d'un chemin de fer de plus de 500 kilomètres entre Mbalam et le port en eau profonde de Kribi ainsi que d'un terminal minéralier. Les discussions engagées successivement avec China Gezhouba, Tidfore Heavy Equipment Group puis AustSino n'ont jamais abouti.

Lire aussi : Fer de Mbalam-Nabeba : Le Cameroun absent aux audiences d’arbitrage à Paris

Face à cette incapacité prolongée à développer le projet, la présidence de la République a retiré les permis de Cam Iron et résilié la convention minière, considérant l'opérateur comme défaillant après plus de quinze années de reports successifs. À l'époque, certaines voix au sein du gouvernement plaidaient pourtant pour un règlement négocié. L'ancien ministre des Mines, Gabriel Dodo Ndocké, aujourd'hui décédé, estimait qu'une indemnisation correspondant aux investissements effectivement réalisés par Sundance, évalués à environ 94 milliards de FCFA, permettrait de clore définitivement le dossier. Cette option n'avait pas été retenue. Le projet Mbalam-Nabeba étant transfrontalier, Brazzaville avait simultanément retiré à Congo Iron, autre filiale de Sundance, son permis sur le gisement voisin de Nabeba, avant de l'attribuer à Sangha Mining Development.

Deux arbitrages, deux décisions opposées

Les recours engagés contre le Cameroun et le Congo ont toutefois connu des issues différentes. En janvier 2026, le tribunal arbitral saisi contre Brazzaville avait rejeté les demandes de Sundance. La société australienne a depuis introduit un recours devant la Haute Cour de justice de Londres pour contester cette décision. Au Cameroun, les permis ont entre-temps été réattribués à Cameroon Mining Company (CMC), société contrôlée par le consortium Bestway Finance. Le nouveau développeur s'est engagé à financer l'ensemble des infrastructures ferroviaires et portuaires nécessaires à l'exploitation du gisement, ainsi qu'une aciérie destinée à transformer localement une partie du minerai.

Lire aussi : Arbitrage : Sundance perd son bras de fer contre le Congo sur le fer de Nabéba

Le projet Mbalam-Nabeba figure parmi les plus importantes réserves de minerai de fer non exploitées au monde, avec plus de 500 millions de tonnes de minerai à haute teneur et plusieurs milliards de tonnes d'itabirite. Il prévoit une première phase de production de 40 millions de tonnes par an, avant une montée en puissance sur une période de plus de quinze ans.

Vers des procédures de saisie d'actifs ?

La sentence arbitrale ouvre désormais une nouvelle phase du dossier. Dans son communiqué, Sundance indique que si le Cameroun ne s'acquitte pas volontairement des sommes dues, elle engagera des procédures destinées à obtenir le recouvrement de sa créance. En pratique, une telle démarche pourrait conduire l'entreprise à rechercher et à faire saisir des actifs appartenant à l'État camerounais dans les juridictions où la sentence arbitrale serait reconnue et déclarée exécutoire.

Lire aussi : Fer de Mbalam-Nabeba : les détails de l’accord confidentiel entre l’Etat congolais et l’Australien Sundance Resources

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