Le Congo a de nouveau sollicité L’Archer Capital, fondé et dirigé par Gilles Tchamba, et LCB Capital, conduite par Fernand Gaboumba Moukengue, pour l’accompagner dans la gestion de ses prochaines échéances de dette. Dans deux correspondances datées du 14 septembre 2026, consultées par EcoMatin, le ministre des Finances Christian Yoka demande aux deux sociétés de bourse établies à Brazzaville de lui proposer des montages pour les emprunts que le Trésor compte réaliser entre octobre et décembre sur le marché régional.
«Dans le cadre de la stratégie de gestion proactive des titres arrivant à échéance au quatrième trimestre 2026, le Ministère des Finances, du Budget et du Portefeuille Public envisage de procéder aux opérations de levée de fonds destinées au remboursement des tombées concernées et à l'optimisation des conditions de financement du Trésor Public», indique le membre du gouvernement.
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« prise ferme »
En gros, Brazzaville veut lever suffisamment d’argent avant l’arrivée des remboursements pour éviter que le Trésor ne se retrouve à court de liquidités au moment de payer ses créanciers. La première urgence porte sur 46,815 milliards FCFA arrivant à échéance entre le 1er et le 6 octobre. Christian Yoka demande ainsi aux deux intermédiaires de préparer une première levée dès l’adjudication du 29 septembre, avec règlement le 1er octobre. L’Archer Capital et LCB Capital doivent également négocier en amont avec les banques afin de sécuriser les prochaines levées. Le ministère leur demande d'obtenir des engagements de « prise ferme » auprès des investisseurs et des Spécialistes en valeurs du Trésor (SVT) du Congo. Ce réseau comprend une vingtaine de banques de la CEMAC, parmi lesquelles Afriland First Bank, CCA Bank, UBA, Société Générale Cameroun, Commercial Bank-Cameroun, BGFI Bank, Ecobank et BANGE.
L’objectif est d'obtenir de ces établissements des engagements de souscription avant les adjudications, afin que le Congo soit assuré de lever suffisamment de fonds lorsqu'arrivent ses remboursements. Le montant total de dette qui devra être réaménagé d’ici à la fin de l’année n’est toutefois pas précisé. Contactée par EcoMatin, L’Archer Capital n’a pas souhaité commenter le mandat confié par le gouvernement.
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Des banques déjà très exposées
Au-delà des remboursements immédiats, Christian Yoka veut surtout éviter une nouvelle accumulation d’échéances sur une courte période, comme en septembre 2024 lorsque le Congo avait connu un défaut de paiement sur le marché domestique. Il demande donc à L’Archer Capital et LCB Capital de privilégier des financements plus longs, notamment pour alléger les remboursements attendus au dernier trimestre 2027.
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La marge de manœuvre est d’autant plus étroite que les banques, principales acheteuses de la dette congolaise, sont déjà fortement exposées. À fin juillet 2026, elles détenaient 2 325,3 milliards de FCFA de titres publics congolais, soit 76,5 % d’un encours total de 3 040,8 milliards. Lors d’une rencontre avec le Trésor le 11 septembre à Douala, elles avaient d’ailleurs rappelé les limites réglementaires et internes qui encadrent leurs investissements en dette publique. Le Congo n’en est pas à sa première tentative de reprofilage. En octobre 2025, L’Archer Capital et LCB Capital avaient déjà été mobilisées pour renégocier 304,87 milliards FCFA d’échéances. Un an plus tôt, le Programme national d’optimisation de la trésorerie avait permis de transformer 1 240 milliards de FCFA de dette à court terme en obligations plus longues et de dégager 250 milliards de liquidités nouvelles. Malgré ces opérations successives, le poids des remboursements continue d’alimenter les besoins de financement de l’État.
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Le FMI en toile de fond
Le Congo cherche parallèlement à desserrer l’étau de sa dette. Dans son projet de budget 2027, présenté le 7 octobre, le gouvernement prévoit de ramener son poids de 88,6 % du PIB en 2026 à 80,9 % en 2027, alors même que les intérêts à payer devraient bondir de 46,4 %, à 348,6 milliards de FCFA. Dans ce contexte, Brazzaville mise également sur la conclusion d’un nouveau programme avec le Fonds monétaire international (FMI) pour rouvrir davantage l’accès aux financements extérieurs. Christian Yoka a reconnu devant le Conseil des ministres que la mobilisation d’appuis budgétaires et de nouveaux emprunts extérieurs était désormais « impérative » et conditionnée à un accord avec le Fonds.
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