Au Tchad, l'Institut national de la statistique, des études économiques et démographiques (INSEED) relève, dans sa note sur l'indice harmonisé de la production industrielle (IHPI), une baisse de 67 % de l'activité des industries agroalimentaires au deuxième trimestre 2026. Selon le document exploité par EcoMatin, le secteur, qui avait pourtant renoué avec la croissance au trimestre précédent grâce à un regain de l'activité brassicole, se replie notamment à la suite d'une baisse « de la production de l'usine de transformation du sucre en lien notamment avec la fin de la campagne sucrière saisonnière occasionnant la faible production due aux récoltes de canne à sucre ».
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Dans l'ensemble, la contre-performance de la filière sucrière a pesé sur l'activité manufacturière nationale, qui recule de 34,5 % à fin juin. Sur un an, cette branche affiche une baisse de 14,7 %. Au total, l'indice national de la production industrielle n'a progressé que de 1,2 %, soutenu par la hausse de 11 % de la production des industries extractives. « Cette évolution traduit la sensibilité de l'activité industrielle au calendrier agricole », souligne le rapport.
La CST, au cœur de la production locale
La filière sucrière industrielle tchadienne s'organise autour d'un seul producteur, la Compagnie sucrière du Tchad (CST), selon l'examen de la politique commerciale du pays publié en 2023 par l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Implantée à Banda, à environ 25 km de Sarh, dans la région du Moyen-Chari, l'entreprise, contrôlée par le groupe agro-industriel Somdia, dispose d'une capacité de traitement de 2 400 tonnes de canne par jour pendant une campagne de 180 jours, pour une capacité de production annuelle d'environ 35 000 tonnes de sucre blanc granulé, commercialisé sous la marque Princesse Tatie. Un volume bien loin du besoin de consommation national, estimé à 270 000 tonnes par an.
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Pour renforcer son activité, le groupe est prêt à investir plusieurs dizaines de millions d'euros afin de porter la production sucrière à 50 000 tonnes par an, a indiqué en septembre Olivier Parent, son dirigeant, lors du Forum d'affaires France-Tchad organisé à Paris. Le projet comprend la modernisation des installations agricoles, industrielles et énergétiques de la CST, l'extension de 2 000 hectares des surfaces exploitées et la réalisation d'un champ solaire de 7 MW. À noter que l'approvisionnement du marché tchadien repose essentiellement sur les importations. L'OMC recense 14 importateurs de sucre agréés, CST comprise, qui font venir en moyenne 230 000 tonnes de sucre par an dans le pays. En 2025, l'INSEED estime à 220 947 tonnes le volume de sucre importé, pour un montant de 47,9 milliards de FCFA, principalement en provenance du Brésil, de l'Inde, de la France et de la Côte d'Ivoire.












