Quelques années après avoir engagé une profonde restructuration de ses activités africaines pour se recentrer sur le sucre, les céréales et l’agriculture, Somdia n’a toujours pas retrouvé la dynamique espérée. Les chiffres publiés par le groupe Castel montrent que la branche agro-industrielle poursuit une tendance baissière, ce qui interroge sur les effets réels de la stratégie de recentrage engagée depuis 2023.
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Selon le rapport de durabilité du groupe pour l’année 2025, les volumes de production de Somdia sont tombés à 671 000 tonnes, contre 815 000 tonnes un an plus tôt, soit une chute de près de 18 %. Dans le même temps, son chiffre d’affaires s’est établi à 516,8 millions d’euros (près de 339 milliards de FCFA), contre 578,7 millions d’euros en 2024 (environ 379 milliards de FCFA), soit une baisse de 61,9 millions d’euros. Cette contre-performance prolonge celle déjà observée en 2024, lorsque le chiffre d’affaires avait déjà perdu près de 50 millions d’euros sur un an, tandis que la production reculait de 5 %. En deux exercices seulement, Somdia a ainsi vu ses revenus diminuer de plus de 110 millions d’euros, tandis que ses volumes industriels ont reculé de près de 144 000 tonnes.
Seule l’activité avicole résiste encore. Somdia indique avoir commercialisé 31 millions d’œufs et 4,4 millions de poussins en 2025. Ces performances demeurent toutefois insuffisantes pour compenser le recul des activités industrielles.
Le pari du recentrage
Ces contre-performances interviennent après une profonde réorganisation du groupe. Pour mémoire, Somdia a engagé, en 2023, la vente de l’ensemble de ses activités jugées non stratégiques, à commencer par ses quatre minoteries africaines, qui représentaient plus de 40 % de ses capacités industrielles installées. Les usines du Cameroun (SGMC) et du Congo (SGMP) ont été reprises par Cadyst Group, tandis que celles du Togo (SGMT) et du Gabon (SMAG) ont été cédées au groupe ivoirien Avos. Quelques mois auparavant, la Sucrerie africaine du Gabon (Sucaf Gabon) avait également quitté le périmètre du groupe.
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Ces cessions traduisaient une volonté clairement assumée par la direction. « Cette opération s’inscrit dans notre volonté stratégique d’adapter notre périmètre d’activités pour nous concentrer sur nos domaines d’expertise que sont l’agriculture et la première transformation », expliquait alors Olivier Parent, directeur général de Somdia.
Des investissements orientés
Il convient de rappeler qu’en parallèle de ces cessions, Somdia avait lancé le plan CAP 2027, doté d’un budget de 115 millions d’euros (près de 75 milliards de FCFA) pour 2024. L’objectif consistait à redéployer les investissements vers des activités à plus forte valeur ajoutée, notamment la distillation, la transformation du maïs et l’alimentation animale. Cette stratégie s’est notamment traduite par l’inauguration d’une première distillerie au Congo (14 milliards de FCFA), puis d’une seconde unité de 18 milliards de FCFA sur le site de Ferké 2, en Côte d’Ivoire, en mai 2026. Quelques semaines plus tard, le groupe a inauguré une nouvelle unité de production de sucre en morceaux de 2,5 milliards de FCFA au Cameroun et annoncé un programme d’investissement de 100 milliards de FCFA sur cinq ans pour renforcer SUCAF Côte d’Ivoire, moderniser ses infrastructures, développer une filière maïs et accroître la valorisation des coproduits de la canne à sucre.
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Des investissements qui témoignent de la poursuite de la stratégie de recentrage, sans toutefois se traduire dans les résultats consolidés du groupe. C’est dans cette même dynamique que le groupe se prépare à se désengager de ses activités sucrières au Cameroun (Sosucam), désormais jugées non stratégiques. En effet, la filiale a vu ses pertes s’aggraver en 2024, avec un déficit estimé à 22 milliards de FCFA, contre 15 milliards en 2023, dans un contexte marqué par une production inférieure aux objectifs, une hausse des coûts d’exploitation et des difficultés commerciales. À l’inverse, son homologue ivoirien, SUCAF-CI, affiche un redressement notable, avec un chiffre d’affaires en hausse de 28 %, à 87,2 milliards de FCFA. L’EBITDA a bondi de 178 %, à 20,3 milliards de FCFA, permettant à la filiale de retrouver une rentabilité opérationnelle après plusieurs exercices difficiles. Celle-ci soutient que cette croissance est portée par une amélioration de la production et des conditions commerciales plus favorables.
À noter qu’au-delà de la baisse des performances financières, l’empreinte géographique du groupe s’est considérablement effacée, ne laissant plus de présence que dans quatre pays africains (Cameroun, Congo, Côte d’Ivoire et Tchad), autour de quatre sucreries, d’une maïserie et de trois fermes avicoles. Par ailleurs, cette restructuration a entraîné un repli visible du poids de Somdia au sein du groupe Castel. En 2025, la branche agro-industrielle ne représente plus que 7 % du chiffre d’affaires consolidé du groupe, contre 9 % un an auparavant. Ainsi, la véritable question est désormais de savoir si la baisse des performances de Somdia constitue un coût transitoire de sa restructuration ou le signe que le recentrage stratégique du groupe n’a pas encore trouvé son modèle économique.










