Quelques semaines après avoir annoncé son intention de céder les 82 % qu'il détient dans la Société sucrière du Cameroun (Sosucam), le groupe agro-industriel français Somdia ouvre un nouveau cycle d'investissements en Côte d'Ivoire. À travers un contrat-plan conclu avec l'État ivoirien, l'entreprise prévoit d'y injecter 100 milliards de FCFA sur cinq ans afin de renforcer sa filiale SUCAF Côte d'Ivoire, déjà premier producteur de sucre du pays.
Cette enveloppe constitue le plus important programme d'investissement annoncé par le groupe dans sa filière sucrière depuis plusieurs années. Elle vise à moderniser les deux complexes sucriers de Ferké 1 et Ferké 2, à améliorer les performances agricoles et industrielles, à développer la valorisation des coproduits de la canne à sucre et à lancer une filière maïs destinée à l'alimentation humaine et animale. Les deux unités disposent d'une capacité de production comprise entre 125 000 et 130 000 tonnes de sucre par an et exploitent un domaine agricole de 43 000 hectares, dont 18 000 hectares de plantations de canne à sucre.
Le programme s'inscrit dans la continuité des investissements déjà engagés en Côte d'Ivoire. Le 7 mai 2026, Somdia avait inauguré une nouvelle distillerie sur le site de Ferké 2, mobilisant 18 milliards de FCFA. L'unité transforme la mélasse issue de la production de sucre en alcool extra-neutre destiné notamment aux industries agroalimentaire, pharmaceutique et cosmétique. Après celle de SARIS Congo, il s'agit de la deuxième distillerie du groupe en Afrique, illustrant sa volonté de mieux valoriser les coproduits de la canne à sucre et de diversifier ses sources de revenus.
Pendant ce temps, Somdia prépare sa sortie du Cameroun
Cette accélération des investissements en Côte d'Ivoire intervient alors que le groupe a officiellement engagé son retrait de la Sosucam, dont il détient 82 % du capital. Réuni le 8 juin 2026 sous la présidence du Premier ministre Joseph Dion Ngute, le gouvernement camerounais a obtenu que Somdia poursuive l'exploitation de l'entreprise jusqu'à la fin de la campagne sucrière 2026-2027, afin de préserver les emplois, d'assurer la continuité de la production et de laisser le temps aux autorités d'identifier un repreneur. Quelques semaines avant d'annoncer son désengagement, en avril 2026, Somdia avait pourtant inauguré une unité de production de sucre en morceaux sur le site de Mbandjock. D'un coût de 2,5 milliards de FCFA, cet investissement visait à renforcer l'offre de produits à plus forte valeur ajoutée sur le marché camerounais.
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La Sosucam demeure le principal producteur industriel de sucre du Cameroun. Toutefois, avec une production oscillant entre 120 000 et 160 000 tonnes par an, elle reste en deçà d'une demande nationale estimée à près de 300 000 tonnes. Ce déficit est régulièrement comblé par des importations autorisées par les pouvoirs publics, dont la facture peut atteindre 125 milliards de FCFA, selon les données de l'Institut national de la statistique (INS).
Au-delà du seul dossier camerounais, ce nouvel investissement confirme le recentrage stratégique engagé par Somdia ces dernières années. Après avoir cédé ses activités de meunerie en Afrique de l'Ouest et en Afrique centrale, le groupe concentre désormais ses moyens sur la filière sucrière et sur des projets permettant de mieux valoriser l'ensemble de la chaîne de valeur, depuis la production agricole jusqu'aux produits à plus forte valeur ajoutée.
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