Et de 4 ! Somdia, filiale du groupe Castel spécialisée dans l’agro-industrie, a signé l'accord de vente de sa dernière unité de minoterie sur le continent, finalisant ainsi son retrait du secteur. C’est du moins ce que renseigne un communiqué de l’entreprise précisant que l’accord, signé le 25 février dernier avec un opérateur ivoirien, reste soumis aux autorisations règlementaires locales. L’accord concerne la Société meunière et avicole du Gabon (Smag), vendue au groupe Avos, de l’homme d’affaires Jean-Marie Ackah.
Par cette opération qui intervient 5 mois après, la cession de Sucrerie Africaine du Gabon (Sucaf), Somdia quitte définitivement le territoire gabonais. L’entreprise qui dirigeait la principale unité de fabrication de sucre du pays a cédé ses actifs (90 %) au groupe turc MFB International en octobre 2024, pour 1 franc symbolique.
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Fin de l’aventure meunière
L’entreprise, qui s’est installée en Afrique une décennie après les indépendances (1970), vient de signer la fin des activités du groupe français Castel dans le segment de la minoterie. Les 4 moulins dédiés à la production de farine de blé que détenait le groupe sur le continent africain ont finalement été cédés, après leur mise en vente en avril 2023. Les moulins du Cameroun (Sgmc) et du Congo (Sgmp) ont été vendus en octobre 2024 à Cadyst Group de l’homme d’affaires et président du patronat camerounais, Célestin Tawamba tandis que le moulin du Togo (Sgmt) a quant à lui été vendu en janvier dernier au groupe Avos, nouveau patron de la Smag.
Un désengagement qui matérialise la mise en place d’un plan stratégique de repositionnement sur le continent. « Cette opération s’inscrit dans notre volonté stratégique d’adapter notre périmètre d’activités pour nous concentrer sur nos domaines d’expertise que sont l’agriculture et la première transformation », a exprimé Olivier Parent, PDG de Somdia.
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Réorienter les investissements
Somdia, qui revendique un chiffre d’affaires de 319 millions d’euros à fin 2023, ne déploie dorénavant ses activités que dans 4 (au lieu de 6) pays d’Afrique de l’Ouest et Centrale : Cameroun, Congo, Côte d’Ivoire et Tchad. Les filiales africaines maintenues sont entre autres Sosucam (Cameroun), CFC (Cameroun), Saris Congo (Congo), Saris-CI (Côte d’Ivoire) et CST (Tchad). Par "se recentrer" sur ses domaines d’expertise (sucrerie, distillerie, maïserie, alimentation animale et ferme), l’entreprise entend poursuivre ses investissements industriels sur les marchés qui lui sont favorables afin d’accroître sa rentabilité et de densifier son offre de produits.
De fait, pendant qu’elle se détache de ses moulins, Somdia réalise des investissements dans ses pays d’implantation et au-delà. Avec un budget d'investissement arrêté à 115 millions d’euros (environ 75,4 milliards de Fcfa) pour l’année 2024 dans le cadre du plan « Cap 2027 », Somdia a engagé un déploiement sur les segments de la maïserie et de la distillerie, où elle n’est pas encore avancée. Il s’agit notamment de la construction de deux maïseries en Côte d’Ivoire et au Bénin (où le groupe n’est pas encore implanté) ainsi que de deux unités de production d’alcool en Côte d’Ivoire et au Congo (inauguration annoncée pour mai 2025).
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Le cœur du métier
Ce mouvement de repositionnement va au-delà de Somdia ; il concerne le brasseur Castel. En plus des minoteries, le groupe se détache progressivement de ses activités secondaires pour se concentrer sur le développement de ses marques de bière et de vin, qui représentent l’essentiel de son activité. Une approche qui a débuté depuis 2022 et qui devrait se poursuivre : l’usine d’embouteillage plastique du Maroc (septembre 2022), les marques d’eau minérale Awa et Cristalline en Côte d’Ivoire (mai 2023) et tout récemment la marque de jus de fruit Rouiba en Algérie (février 2025) et à venir les marques et usines de fabrication d’eau minérale au Benin, Burkina Faso, Cameroun et Tchad.
À ce sujet, Castel indiquait, il y a 3 ans, que ces cessions s'inscrivaient dans une stratégie de recentrage du groupe sur son activité principale. En effet, le brasseur français cède ces diverses activités au profit de la bière. Il rachète frénétiquement les exploitations des brasseries sur le continent notamment celles de Meta Abo en Ethiopie (2022) et de Diageo au Cameroun (2022) et au Ghana (2025). Des investissements colossaux (459,8 millions de dollars US pour le Cameroun et 81 millions de dollars US pour le Ghana) qui matérialisent la volonté du groupe de renforcer sa position de leader sur le marché africain des boissons alcoolisées.
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Une dynamique générale
La tendance au retrait des entreprises françaises du continent est généralisée. Une réorganisation visiblement ficelée dans le détail quand on observe la vague de retrait enregistrée dans les différents domaines. TotalEnergies, Air Liquide, Société générale, Crédit Agricole, BNP Paris Bas… ont cédé près de 50 filiales depuis 2010. De l’avis d’expert, « ce mouvement de désengagement des multinationales françaises en Afrique a pour origine des tensions diplomatiques et des enjeux géopolitiques, mais est également une conséquence de la crise financière de 2008. Celle-ci a causé de grosses pertes pour lesdites entreprises, en particulier pour les banques qui ont dû faire face au renforcement des normes prudentielles qui ont suivi dès 2010 ».
En balayant les 15 dernières années, le Crédit agricole a été le 1er établissement français à se séparer de ses filiales en Afrique de l'Ouest suivi du groupe mutualiste BPCE (Banque populaire, Caisse d'Épargne, Natixis) en 2018. 4 ans plus tard, la BNP cède nombre de ses participations sur le continent (Gabon, Mali, Comores…). Entre 2023 et 2025, Société générale a plié bagages dans 5 pays d’Afrique (Maroc, Guinée Equatoriale, Congo, Tchad, Mauritanie) et devrait céder 3 autres filiales dans les mois à venir (Cameroun, Tunisie, Ghana). TotalEnergies a, pour sa part, procédé à 3 cessions en l’espace de deux ans (Burkina Faso, Mali, RCA) avant de se retirer du capital de la Société ivoirienne de raffinage (SIR) en début février. En fin Air Liquide, distributeur français de gaz industriel, a vendu 12 de ses filiales africaines d’un coup en mars 2024.
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