Le nom est déjà connu dans les stations-service. Il arrive désormais dans la finance. Selon une annonce légale publiée le 26 octobre 2026, Elvis Berlin Mouafo, fondateur du groupe Rubis Cameroun, a créé Rubis Finance SA. Constituée sous la forme d'une société anonyme avec conseil d'administration, la nouvelle entreprise est dotée d'un capital social de 1 milliard de FCFA. Son siège est établi à Akwa, dans la ville de Douala. Les statuts ont été enregistrés le 20 février 2026 et le dépôt légal effectué au greffe du tribunal de première instance de Douala-Bonanjo.
Les ambitions affichées dépassent les activités classiques de collecte de dépôts et de distribution de crédits. Les statuts de Rubis Finance prévoient notamment le crédit-bail, le change manuel, la location de coffres-forts, le conseil et la formation. Ils ouvrent également la possibilité de développer des partenariats avec des compagnies d'assurance et des entreprises spécialisées dans les technologies financières. Reste à présent d'obtenir l'agrément nécessaire pour exercer cette activité.
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La microfinance constitue une nouvelle étape dans le parcours entrepreneurial d'Elvis Berlin Mouafo. Après s'être fait une place sur le marché très concurrentiel de la téléphonie mobile, notamment à travers la distribution des téléphones de marque Tecno, l'homme d'affaires s'est diversifié dans les hydrocarbures avec Rubis Cameroun, actif dans la distribution de carburants, de lubrifiants et de gaz. En août 2026, il a franchi un nouveau cap en créant Elvi Energy, une société au capital de 100 millions de FCFA, dont les activités prévues couvrent notamment l'importation, l'exportation et la distribution de produits pétroliers.
Avec Rubis Finance, Elvis Berlin Mouafo ajoute désormais les services financiers à son portefeuille d'activités. En quelques mois, l'entrepreneur a constitué deux sociétés représentant un capital social cumulé de 1,1 milliard de FCFA. Si leurs activités pourraient présenter des complémentarités, notamment dans le financement des petites entreprises et des partenaires commerciaux, les contours d'une éventuelle collaboration entre ces différentes structures restent à préciser.
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L'arrivée de Rubis Finance se prépare sur un marché déjà très disputé. Selon la liste officielle publiée par le ministère des Finances, le Cameroun compte 385 établissements de microfinance agréés pour exercer en 2026, contre 390 un an plus tôt. Le pays concentre l'essentiel de cette activité en Afrique centrale, aussi bien par le nombre d'établissements que par les financements accordés. D'après les données de la Commission bancaire de l'Afrique centrale (Cobac), les établissements camerounais représentaient 57,6 % du marché du crédit de la microfinance dans la CEMAC en 2024, avec 659,4 milliards de FCFA. Sur les 521 établissements agréés dans les six pays de la sous-région, 384 étaient implantés au Cameroun, soit près des trois quarts du total.
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Cette domination régionale ne masque pas les difficultés du secteur. Les données de la Cobac font notamment état de 237 milliards de FCFA de créances en souffrance au Cameroun, tandis que près de la moitié des établissements seraient classés parmi les structures très fragiles. Une situation qui illustre les difficultés de remboursement rencontrées par les institutions de microfinance, sur un marché où Rubis Finance devra encore obtenir les autorisations nécessaires avant de pouvoir accueillir ses premiers clients.
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