Les revenus du capital ont rapporté davantage au fisc camerounais en 2025, contrairement aux bénéfices des entreprises. Selon le rapport d’exécution du budget de l’État, l’impôt sur les revenus des capitaux mobiliers (IRCM), qui concerne notamment les dividendes versés aux actionnaires, a atteint 125,1 milliards FCFA, contre 82,6 milliards un an plus tôt, soit une hausse de 51,5 %.
Banques, brasseries, TIC
Pour expliquer cette performance, le ministère des Finances évoque « une redistribution plus importante des dividendes dans les secteurs bancaires, brassicoles et des TIC ». Il cite également des opérations de restructuration d'entreprises ayant entraîné le paiement d'impôts sur les gains réalisés. Au total, l'État a encaissé 42,5 milliards de FCFA supplémentaires grâce à cet impôt, dépassant largement les 90 milliards initialement attendus. Ces trois secteurs, qui semblent être ceux qui se portent le mieux au Cameroun, abritent plusieurs des plus grandes entreprises du pays. Dans la brasserie, Boissons du Cameroun, filiale du groupe français Castel, domine le marché aux côtés de l’Union Camerounaise des Brasseries (UCB). Les télécommunications sont principalement aux mains d'Orange Cameroun et de MTN Cameroon.
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Le secteur bancaire compte, lui, des établissements de premier plan comme Afriland First Bank, BGFIBank Cameroun et AFG Bank Cameroun. Les 18 banques en activité au Cameroun ont dégagé plus de 224 milliards de FCFA de bénéfices cumulés en 2025, contre 208,6 milliards un an plus tôt. Le rapport ne précise cependant pas les entreprises ayant distribué davantage de dividendes, ni les sommes concernées. Il faut, toutefois, relever que cette hausse intervient alors que le gouvernement a modifié les règles de taxation des revenus du capital en 2025. La loi de finances a notamment réduit de 15 % à 10 % l'impôt sur les dividendes distribués par les PME réalisant au plus 3 milliards de FCFA de chiffre d'affaires annuel. À l'inverse, le taux appliqué à certains revenus du capital versés dans des paradis fiscaux a été porté à 30 %.
"Morosité de l’activité économique"
Si les revenus versés aux actionnaires ont davantage rapporté au fisc, les bénéfices des entreprises ont suivi la tendance inverse. En 2025, l'impôt sur les sociétés non pétrolières a généré 565,8 milliards de FCFA, contre 652,4 milliards en 2024. L'État a ainsi encaissé 86,6 milliards de moins. Le ministère des Finances explique ce recul par la « morosité de l'activité économique en 2024 », qui a pesé sur les bénéfices déclarés et les impôts payés par les entreprises. En 2024, rapporte l’INS, les entreprises camerounaises du secteur moderne ont vu leur chiffre d'affaires augmenter de 12,7 %, mais leurs bénéfices ont diminué de 13 %. Autrement dit, elles ont vendu davantage, sans gagner autant d'argent qu'auparavant.
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Au total, les recettes de la Direction générale des impôts (DGI) ont légèrement progressé en 2025, atteignant 2 929,2 milliards de FCFA, contre 2 906,5 milliards un an plus tôt. Cette progression reste toutefois insuffisante au regard des ambitions du gouvernement, qui tablait sur 3 205,6 milliards de FCFA. Les droits d'accises ont également reculé de 5,5 %, tandis que la TVA, première source de recettes de la DGI avec 1 011,6 milliards de FCFA, n'a progressé que de 3,1 %.
Le ministère des Finances explique aussi ces résultats par les difficultés rencontrées dans plusieurs secteurs d'activité et le report à 2026 de certaines réformes fiscales, notamment le suivi électronique de la production et de la facturation des entreprises.
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