La destitution de Persis Lionel Essono Ondo à la tête du top management de la direction générale du Fonds Gabonais d’Investissements Stratégiques (Fgis), le gestionnaire exclusif du Fonds souverain de la République gabonaise (Fsrg) est bien réelle. L’homme qui n’a que séjourné pendant trois semaines en tant qu’Administrateur directeur général (ADG) du Fgis a été démis de ses fonctions le 22 janvier dernier, lors du Conseil des ministres. Cette décision, tombée comme un couperet, fait suite à de nombreuses fautes graves. En effet, la carrière passagère de Persis Lionel Essono Ondo à la tête du FGIS avait suscité des controverses dès ses débuts. Nommé le 19 décembre 2024, Essono s’est vu confier la gestion d’un portefeuille d’actifs de 500 millions de dollars. Cette désignation inattendue, actée lors d’un conseil des ministres, a immédiatement attiré l’attention sur son curriculum vitæ (CV), présenté comme celui d’un « banquier d’affaires reconnu », mais qui comporte de nombreuses incohérences, en français facile « rien ne semble vrai ».
Selon Africa Intelligence, le CV de Lionel Persis Essono Ondo mentionne des débuts prometteurs à Natixis Capital Equity à Paris, suivis d’un poste de manager pour l’Afrique francophone au sein de Nexus Capital Market au Luxembourg. Il affirme aussi avoir cofondé à Londres en 2020, Racine Investment Bank (RIB), décrite comme une institution soutenant « les entrepreneurs africains dans la mobilisation de capitaux ». Pourtant, une analyse approfondie révèle que plusieurs de ces affirmations sont discutables. Racine Investment Bank apparaît comme une structure fantomatique. Africa Intelligence rapporte qu’en 2023, ses actifs nets se limitaient à 100 Livre sterling, une somme dérisoire témoignant de l’absence d’activité réelle. Bien que Lionel Persis Essono Ondo ait lancé une filiale en Côte d’Ivoire en 2024, les réalisations concrètes de cette entité restent floues.
Autre exemple de l’opacité entourant son parcours : une mission auprès de l’ancien Premier ministre guinéen Bernard Goumou en 2022. Cette visite, censée illustrer son activité en tant que banquier, se limite à une proposition de plan de financement restée sans suite. Interrogé sur ces éléments, Lionel Persis Essono Ondo a promis des réponses « avec des preuves », mais sans fournir davantage de précisions. Le parcours professionnel de Lionel Persis Essono Ondo comporte d’autres zones d’ombre. Par exemple, la société Nexus Capital Market, où il aurait travaillé de 2014 à 2018, n’est pas répertoriée dans le registre luxembourgeois. Quant à Natixis Capital Equity, elle n’a jamais existé, comme l’a révélé Africa Intelligence.
Des exigences jugées excessives
Dès son installation, le 26 décembre 2024 sur son fauteuil d’ADG du Fgis, sa gestion, marquée par des choix jugés inappropriés, a rapidement cristallisé des tensions au sein du Conseil d’administration du Fonds. Ainsi, l’instance reprochait à l’ex ADG, des exigences jugées excessives, telles que l’aménagement d’un nouveau bureau au sommet de l’immeuble ou l’acquisition d’un véhicule luxueux estimé à 80 millions de Fcfa. Ces attitudes, apprend-on, ont suscité des interrogations quant à son aptitude à assumer une telle responsabilité.
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Bien plus, les bailleurs de fonds et partenaires du Gabon voyaient d’un mauvais œil un homme profondément trempé dans la politique, gérer un poste qui exige une certaine neutralité et réserve. Il est actuellement le président par intérim du parti politique Réagir. Somme toute, la divulgation de ces éléments a renforcé la pression autour de sa personne, précipitant ainsi son éviction. La nomination de Serge Brice Ngodjou intervient dans un contexte où la stabilité et l’efficacité de cette institution sont primordiales pour préserver la crédibilité du pays sur la scène internationale.









