Le 25 avril dernier, la société sud-coréenne Korea Telecom a officialisé son intérêt pour le marché équato-guinéen. L'annonce a été faite lors d'une réunion à Séoul entre Teodoro Obiang Nguema, vice-président de la République de Guinée Equatoriale, et James Ko, vice-président de KT SAT, filiale dédiée aux solutions satellitaires du géant coréen. Concrètement, Korea Telecom a exprimé sa volonté de contribuer à deux chantiers stratégiques de ce pays de la CEMAC : l’installation d’un satellite national et le renforcement des infrastructures terrestres de télécommunications.
Cette offre intervient alors que le gouvernement équato-guinéen, dans le cadre de sa stratégie de souveraineté technologique et de développement économique, ambitionne de lancer son premier satellite d'ici 2027. Ce projet vise à « faciliter la transmission de données à grande échelle, optimiser les infrastructures numériques, réduire la dépendance aux services étrangers et renforcer les capacités nationales en matière de sécurité et de défense », a souligné Teodoro Obiang Nguema lors de l’annonce du projet en avril 2024. Ainsi, les autorités locales ont accueilli favorablement la proposition de KT SAT, qui s’inscrit pleinement dans cette vision.
Un projet qui attise les convoitises
Le marché équato-guinéen des télécommunications suscite en effet l'intérêt de plusieurs acteurs internationaux. Outre Korea Telecom, la société française Monaco SAT, spécialiste des satellites de télécommunications, et l'entreprise chinoise AirSAT Technologie, experte en solutions satellitaires commerciales, se positionnent également comme partenaires potentiels. De ce fait, Korea Telecom entend s’appuyer sur son expérience africaine pour séduire Malabo. L’entreprise est déjà présente au Gabon où elle a notamment déployé un réseau de fibre optique long de 524 km, connectant Oyem, Bitam et plusieurs autres localités, pour un investissement de plus de 6 milliards FCFA (9,14 millions d’euros). Quant à son projet d’installation en Guinée Equatoriale, rien n’est encore joué. Pour le moment, les autorités de Malabo évaluent les différentes offres. Selon Teodoro Obiang Nguema, le choix final tiendra compte de plusieurs critères : qualité technologique, coût, durabilité des infrastructures et services annexes proposés.
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Si ce projet aboutit, la Guinée Equatoriale deviendrait le premier pays de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) à posséder son propre satellite. Elle intégrerait ainsi le cercle restreint des nations africaines investissant massivement dans les technologies spatiales, un secteur où près de quinze pays du continent ont déjà mobilisé plus de 4,71 milliards de dollars (2 716,8 milliards de FCFA) pour 58 projets satellitaires, notamment le Nigeria, l'Afrique du Sud ou encore le Kenya.








