visa-2026-08-01
Breaking News
Chargement des breaking news...
Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Je me connecte
Magazine
    Bientôt disponible...
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Banques et FinanceEecomembre

Réforme du FCFA : selon un sondage, Paul Biya et ses pairs de la Cemac veulent écarter la France

Dans une étude récente coordonnée par Maurice Simo Djom via le think tank 1 puissance 55, les ressortissants de la zone Franc donnent leur avis sur les projets de réformes monétaires en cours dans la Cemac et l’Uemoa.

Publiée lundi 8 novembre 2021 à 15:49:49Modifiée jeudi 11 novembre 2021 à 12:56:27Temps de lecture 9 minPar Cedrick JIONGO

L’Eco fera-t-il échos en Afrique centrale ? La question est sur toutes les lèvres depuis qu’Emmanuel Macron et Alassane Ouattara ont annoncé, le 21 décembre 2019 à Abidjan, une réforme du franc CFA en Afrique de l’Ouest. Au sein de l’Union Monétaire de l’Afrique centrale(Umac), qui couvre les pays de la Cemac(Cameroun, Gabon, Congo, RCA, Tchad, Gabon, Guinée Équatoriale), les chefs d’Etat sont tombées d’accords sur le principe d’une réforme de la coopération monétaire avec la France mais les modalités n’ont pas encore été définies. Paul Biya et ses pairs ont subtilement évité la question lors du récent sommet de Yaoundé, deux ans après avoir mandaté la commission de la Cemac et la Beac de mener des réflexions et proposer dans des « délais raisonnables un schéma approprié conduisant à l’évolution d’une monnaie commune». De quoi épaissir davantage le nuage sur la sincérité de cette réforme.

Réforme sincère ou arlésienne?

Au sein de l’opinion, les avis restent partagés. Selon un récent sondage réalisé entre mai et juin 2021 par le Think tank 1 puissance 55 auprès des ressortissants des pays de l’Afrique subsaharienne francophone, 36,8% des personnes interrogées pensent que les chefs d’Etats de la Cemac vont opter pour une réforme profonde du FCFA « qui mettrait la France hors-jeu». 35,8% penche pour une réforme du FCFA semblable à celle de l’Umoa et 27,8% opte pour le statu quo. Les données sont révélatrices des attentes qui sont adossées à cette réforme. Les sondés pensent néanmoins que la seule volonté des chefs d’Etats ne suffira pas à provoquer la fin du système FCFA et penchent massivement (79,7%) pour une synergie avec la société civile.

Si dans la zone UMAC l’on suppute encore sur les perspectives, au sein de l’UMOA, les opinions semblent bien établies. La réforme annoncée du franc CFA signifie la fin, pour les 8 pays de l’UEMOA, de l’obligation de centralisation de 50 % des réserves externes à la Banque de France, et le retrait des représentants français des organes de décisions et de gestion de l’UEMOA. Le taux de change fixe par rapport à l’euro et la convertibilité garantie en euros demeurent, afin de « conserver deux piliers clefs de la stabilité monétaire de la zone ». Le 5 mai dernier, une partie des réserves de change de l’Uemoa(soit 500 milliards a été restituée à la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) et la suppression du terme « franc CFA » semble imminent pour l’adoption de « l’Eco » . Des « avancées » qui sont loin de convaincre les ressortissants de la zone Franc. 67.9 % des personnes interrogées pensent que la réforme n’en est pas réellement une. La raison ? Ils continuent de percevoir la mainmise de la France qui, dans l'ombre, tire les ficelles de cette réforme. Près de 71% pense que c’est la France qui a initié cette réforme et 92% pensent qu’au terme de celle-ci, la l’Elysée va se maintenir dans les instances de gouvernance de l’Umoa. A la question de savoir quelles sont les motivations de l’Elysée dans cette réforme ? 39% suspectent la France de vouloir simplement faire disparaître l’appellation coloniale controversée « franc CFA » tandis que 48% ont affirmé que l’Elysée voulait court-circuiter le projet Eco de la Cedeao.

Recommandation

Ces résultats démontrent la grande incompréhension qui gouverne la zone franc et appelle sans doute à des actions concrètes de souveraineté des peuples africains concernés. « A qui appartient la zone franc ? En validant majoritairement l’idée d’une sortie des Africains de la zone franc par rejet des mécanismes antiques qui les lient à la France, les répondants supposent que la zone franc est la propriété de la France et qu’il faut en sortir pour s’émanciper de cette servitude » s’interroge le think tank qui au terme du rapport formule des recommandations. A l’égard des citoyens africains en général, il demande d’accentuer la pression pour une meilleure réforme ; à la société civile de l’UMOA, de travailler main dans la main avec leurs pairs du Nigeria, du Ghana ou de la Sierra Léone…,  aux dirigeants de l’UMOA, le respect le chronogramme de lancement de l’ECO arrêté à Accra en juin 2021 et pour les chefs d’Etats de la Cemac, le think tank suggère une démarche plus transparente.

« Nous suggérons aux chefs d’Etat de l’UMAC une démarche plus transparente »

Maurice Simo Djom, Membre fondateur du think tank 1 Puissance 55

Membre fondateur du think tank 1 Puissance 55, coordonnateur de l’équipe-projet, il demande à l’UMAC de tirer les leçons de la réforme engagée au sein de l’UMOA.

Quelle a été la démarche de collecte de vos données ?

Nous avons publié le questionnaire sur Google Form et partagé le lien sur les réseaux sociaux, tout en assurant sa large diffusion dans des groupes constitués d’Africains francophones puisqu’ils sont les utilisateurs du franc CFA. C’était la première expérience en la matière. Il s’agissait de saisir l’opinion publique d’une manière systématique au sujet d’une question devenue populaire. Plusieurs discours sont produits au sujet du franc CFA, mais il n’y pas eu d’enquête pour saisir la subtilité de l’opinion publique.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?

Nous avons eu peu de répondants. Les réponses récoltées ont également permis de comprendre le désintérêt manifesté pour la profondeur. C’est une époque de vitesse et de précipitation. Peu de gens prennent le temps de creuser pour comprendre dans le détail. Tenez, 97% des répondants ont fourni une réponse déclarative à la question de savoir si l’Accord de coopération monétaire et la convention de garantie mentionnent le mot «Éco». Ceci alors que seuls 12% déclarent avoir lu le premier et 5,5% le deuxième.

Qu’est-ce que cette étude nous apprend de fondamentalement nouveau à part que le franc CFA est rejeté par la jeunesse africaine ?

Nous savions que le franc CFA est rejeté, mais nous ne savions pas que ceux qui le rejettent ne prennent pas le temps de comprendre le mécanisme pour mieux le démonter. Les répondants ont exprimé des opinions fondées sur les pétitions de principe plutôt que sur une démarche personnelle de questionnement des faits et des discours officiels. A partir de là, nous craignons que le franc CFA perdure, non pas tant à cause de la volonté de la France de maintenir un système de rente, mais du fait de la mollesse des victimes de ce système de rente. Nous savions qu’une poignée d’Africains profitent de ce système de drainage des capitaux, nous apprenons que la grande majorité n’a pas encore commencé le travail de déconstruction du système. Cela va déterminer notre combat.

Le fait que les répondants n’aient pas lu les documents de la réforme mais émis des avis sur la réforme ne dilue-t-il pas votre travail ?

Loin de là. C’est volontairement que nous avons posé ces deux questions.  En leur demandant s’ils avaient lu les documents de la réforme, nous voulions éprouver les opinions qu’ils avaient émises par ailleurs. 94% des répondants n’ont pas lu les documents cadres de la réforme, or 91,9% pensent que la France ne se retire pas vraiment des instances de gouvernance de l’UMOA, au terme de ladite réforme.

Notre travail n'est donc pas dilué puisqu’il a révélé que les répondants sont certes paresseux, mais restent sincères et humbles. Ils ne sont pas de mauvaise foi, puisqu’ils reconnaissent n’avoir pas lu. D’ailleurs, 92,6% d’entre eux affirment que tout citoyen africain de la zone franc devrait lire ces documents qui sont en accès libre afin de se forger une opinion sur ce qui se passe. Tout cela nous permet de conclure que nous avons des chances de les gagner à cause de la souveraineté. Il suffit de faire le travail nécessaire. Voyez-vous, notre plaidoyer vise certes les chefs d’Etat actuels mais surtout la jeunesse qui a la lourde responsabilité de prendre la relève demain. Nous voulons que la prochaine génération mette un terme à cette servitude si celle-ci ne le fait pas.

Vous avez émis 4 recommandations finales, tantôt aux chefs d’Etat, tantôt à la société civile. Quelle est la recommandation la plus urgente ?

Toutes sont d’une importance capitale. Mais si voyez les choses sous l’angle de l’urgence, disons que celles qui visent les chefs d’Etat de l’UMAC et de l’UOMA sont urgentes ; elles s’inscrivent dans l’action immédiate.

Aux uns vous prescrivez la transparence…

Tout à fait. Depuis 2019, les chefs d’Etat de l’UMAC ont instruit la Commission de la CEMAC et la BEAC de mener des réflexions ouvertes sur le cadre et les conditions d’une nouvelle coopération monétaire avec la France. Nous leur demandons de confier la réforme à un spécialiste indépendant des questions monétaires, connu et reconnu pour ses faits d’arme, qui conduira des consultations et produira un rapport. Les parlementaires des six Etats membres de l’UMAC devront débattre des conclusions de ce rapport en session plénière et procéder à son vote avant son entrée en vigueur.

A qui pensez-vous ? Vous n’avez pas évoqué un nom dans le rapport.

Babissakana pourquoi pas ? Il a le profil de l’emploi. Nous avons eu plusieurs occasions d’apprécier la pertinence de ses idées de réforme. Sa lettre ouverte à François Hollande en 2015 et celle de 2021 adressée aux chefs de l’Etat de l’UMAC en mail 2021 contiennent la feuille de route d’une réforme équitable. 3 ans après l’instruction des chefs de l’Etat, nous ne savons toujours rien de ce qui se passe. Ce silence et ce manque de transparence suscite le doute. Ceux qui ont soutenu et défendu le système du CFA peuvent-ils mener des réflexions en vue de réformer ce système ? Telle est la question.

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement EcoMembre pour y accéder.

Contactez le service client
  • Accueil
  • Banques et Finance
  • Réforme du FCFA : selon un sondage, Paul Biya et ses pairs de la Cemac veulent écarter la France
Archive
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

Article imageBanques et FinanceCEMAC : La Cosumaf délivre le tout premier agrément à une agence de notation financièreLa toute première agence de notation financière vient d’être agréée par le Commissaire de la CEMAC, ouvrant la voie à une expertise régionale du risque de crédit dans une région encore largement dépendante des grandes agences internationales. il y a 10 heuresEpremiumArticle imageBanques et FinanceBEAC : le Congo séduit les investisseurs avec 101,2 milliards FCFA levés sur le marché des titres publicsLe Trésor public congolais obtenu 83,3 % de l’enveloppe recherchée lors de huit émissions conduites entre le 21 et le 28 juillet 2026 sur le marché des titres publics de la BEAC, avec un appétit des investisseurs varié selon les maturités et les instruments.il y a 10 heuresArticle imageBanques et FinanceZone CEMAC : le nouveau système de paiement de la BEAC perturbe les opérations bancairesEntrée en production le 3 août 2026, SYSTAC 2, la nouvelle plateforme régionale de télécompensation de la Banque des Etats de l’Afrique centrale connaît des perturbations qui affectent les délais de traitement de certaines opérations bancaires. La banque centrale assure avoir pris les dispositions nécessaires pour garantir la continuité des services pendant cette phase de transition.il y a 10 heuresArticle imageBanques et FinanceAccess Bank Cameroon lance Access Invest, première plateforme digitale de marché secondaire des titres publics dans la CEMACAccess Bank Cameroon Plc densifie son écosystème numérique et lance officiellement sa nouvelle plateforme afin d’offrir à ses clients un accès digital au marché secondaire des titres publics de la CEMAC.il y a 13 heuresEpremiumArticle imageBanques et FinanceBVMAC : la Banque Postale du Congo lance sa société de bourseAvec BPC Bourse, la banque publique congolaise devient le quatrième intermédiaire congolais actif sur la BVMAC. Une arrivée qui intervient alors que la place régionale cherche encore à renforcer ses volumes de transactions et sa liquidité.il y a 2 joursEpremiumArticle imageBanques et FinanceRCA : les banques commerciales accordent 237,3 milliards FCFA de crédits à l’économie en 2025Les établissements de crédit centrafricains ont renforcé leurs concours à l’économie en 2025, portés par les besoins des entreprises publiques et des secteurs productifs.il y a 2 jours
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1Cameroun : après les matériaux de construction, Bernabé se lance dans le marché des véhicules à deux rouesil y a 1 jour2Cameroun : Atlantic Cocoa, de l'Ivoirien Koné Dossongui, perd sa place de dauphin de la transformation du cacaoil y a 6 jours3Cameroun : CCA Bank déclasse Ecobank et devient le premier partenaire bancaire des exportateurs de cacaoil y a 6 jours4Cameroun : Telcar Cocoa redevient leader des exportations de cacao, un an après sa rupture avec Cargillil y a 6 jours5Côte d’Ivoire : L'émirati Dorado Cashew veut investir 11 milliards FCFA dans une usine de cajou de 50 000 tonnesil y a 6 jours6Cameroun : le chinois CFHEC décroche un marché de 43,8 milliards FCFA sur la route Edéa-Kribiil y a 1 jour7CEMAC : Jean Claude Ngbwa et Cissé Kouoh obtiennent le feu vert de la Cosumaf pour Malya Capitalil y a 6 jours8Tchad : N'Djamena ouvre son ciel à trois compagnies aériennes égyptiennesil y a 5 jours9Cameroun : Canyon Resources s'oppose à l'offre de rachat de son actionnaire majoritaire sur le projet bauxite de Minim-Martapil y a 1 jour10Cameroun : Société Générale a empoché 9,4 milliards FCFA de dividendes avant de céder sa filialeil y a 5 jours
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.