Conjoncture

C2D: les inquiétudes de la France sur la pérennité des projets

La dernière phase du contrat de désendettement et de développement négocié entre Yaoundé et Paris est en cours depuis le 30 juin 2016, et tire vers sa fin. Des projets dans divers secteurs ont bénéficié de cette manne financière de la France au profit du Cameroun. Les autorités hexagonales s'interrogent toutefois sur leur sort dès la fin du programme, en termes d'appui-conseil, de suivi ou de refinancement.

Beaucoup de personnes ont certainement une mauvaise ou une vague connaissance du C2D, le Contrat de Désendettement et Développement, lancé en 1996 par la France au bénéfice des pays pauvres très endettés. Dont le Cameroun. C’est pour inverser cette tendance que le système européen a organisé toute une journée portes ouvertes, avec pour objectif spécifique de vulgariser les réalisations effectuées dans le cadre de cet accord. Avec au programme, la présentation des projets, l’exposition photos, visites de quelques chantiers C2D dans la ville de Douala et ateliers de présentation de produits et réalisations sous financement C2D. Produits et réalisations dans divers domaines et secteurs: santé, infrastructures urbaines et routières, agriculture, élevage, pisciculture, éducation, développement rural, etc. Quelques exemples du secteur de l’agriculture et du développement rural sont fort évocateurs: le Programme d’Amélioration  de la Compétitivité des Exploitations Familiales Agro-pastorales (Acefa) composés de 77 projets agro-pastoraux subventionnés sous fonds C2D. Appui-conseil de 105 conseillers C2D  à 1002 groupements de producteurs.

Dans le domaine de l’éducation : contractualisation de 2980 instituteurs vacataires et maîtres de parents du primaire, construction de 42 salles de classe et réhabilitation de 72. Le Programme national de développement participatif (Pndp), avec entre autres réalisations, la mise en œuvre de 145 microprojets dans les domaines de l’eau et de l’assainissement, agro-pastoral, l’éducation, la formation, etc. le volet routier avec l’amélioration des conditions de mobilité des populations rurales: entretien routier et établissement des points de rupture sur 284 km de routes rurales sur les itinéraires Loum-Yabassi-Bonepoupa (108 km), Yabassi-Yingui-Ndikinimeki (176 km), réhabilitation de 182,4 km de pistes côtières sur les itinéraires Yabassi-Dibombe (24 km). Egalement dans le domaine de l’urbanisation de quelques localités : réhabilitation de 14,2 km de réseaux visites, construction de 6,16 km de voies de désenclavement des quartiers isolés, etc.

« Les populations doivent comprendre à travers ce déploiement qu’elles sont au centre de nos préoccupations. Nous irons dans les 10 régions du Cameroun afin que chacun puisse savoir que le C2D impacte directement la vie des bénéficiaires », a réagi Guillaume Reisacher, Chargé des projets gouvernance, secteur public-Ohasi à l’Agence française de développement (Afd). Pour Gilles Thibaut, l’ambassadeur de France au Cameroun, « le bilan est positif et satisfaisant dans tous les domaines. Les 10 ans du C2D nous permettent de faire un bilan de toutes les déclinaisons des programmes dans tous les secteurs. Mais ces projets restent mal connus, pourtant ils participent au développement du Cameroun, ainsi qu’au bien-être des populations. Il faut donc expliquer aux populations les résultats de cette opération franco-camerounaise ».

Désormais, la France envisage pérenniser et rendre durables les projets C2D : « nous sommes dans une phase de transition. Certains projets-phares comme le Pndp ont atteint un véritable degré de maturité et il faut s’assurer que ces projets seront poursuivis dans le long terme », indique Guillaume Reisacher. Véritable inquiétude dégagée par la partie française qui s’interroge sur le sort qui sera réservé à tous les  projets exécutés dans le cadre du C2D: « ce programme finira un jour car il n’est pas éternel. Mais que deviendrons les différents projets après la fin du C2D ?», questionne Jean Paul Tchomdou, le responsable de la communication au Secrétariat technique d’appui dédié à l’exécution du C2D au Cameroun.

Concernant la ville de Douala, plusieurs projets C2D-Etat du Cameroun sont achevés dont celui du deuxième pont sur le Wouri, l’un des plus importants dans le portefeuille C2D, la réhabilitation de la douche municipale, ou encore les pénétrantes Est et Ouest de la capitale économique. D’autres sont en cours d’exécution : il s’agit notamment du Projet de drainage pluvial de Douala (Pdp) long de 42 km pour  un montant de 110 milliards de FCFA. Projet que Gilles Thibaut a personnellement visité ce 10 avril  2019 en compagnie de Fritz Ntone Ntone, le délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Douala.

La Rédaction EcoMatin

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