Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Banques et Finance

Zone CEMAC : le nouveau système de paiement de la BEAC perturbe les opérations bancaires

Entrée en production le 3 août 2026, SYSTAC 2, la nouvelle plateforme régionale de télécompensation de la Banque des Etats de l’Afrique centrale connaît des perturbations qui affectent les délais de traitement de certaines opérations bancaires. La banque centrale assure avoir pris les dispositions nécessaires pour garantir la continuité des services pendant cette phase de transition.

Publiée mercredi 12 août 2026 à 20:19:03Modifiée mercredi 12 août 2026 à 22:51:48Temps de lecture 9 minPar Jean Omer Eyango

WhatsApp Image 2026-04-20 at 12.25.23
Le siège de la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) à Yaoundé

Le lancement était présenté comme une nouvelle étape dans la modernisation des infrastructures de paiement au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Mais, depuis sa mise en service, le 3 août, nouveau système régional de télécompensation de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) donne lieu à des perturbations dans le traitement de certaines opérations bancaires. Des usagers signalent, notamment, des délais plus longs pour la compensation de chèques et, plus largement, pour le dénouement de certaines transactions. La situation intervient quelques jours seulement après la mise en service de SYSTAC 2, le « Système de télé-compensation en Afrique Centrale, version 2 », appelé à remplacer l'ancienne plateforme utilisée depuis 19 ans. Dans un communiqué publié ce 12 août, la BEAC confirme officiellement l'entrée en production du nouveau dispositif et précise qu'elle « veille, durant cette phase, au maintien de la continuité des services financiers fournis à la communauté ». Ces assurances qui tranchent encore net avec la situation sur le terrain, notamment pour les entreprises et les particuliers. En effet, cette infrastructure chargée de compenser les paiements connaît encore des réglages, et la situation crée particulièrement de l’inconfort pour les entreprises dont la trésorerie dépend de la réception ponctuelle de règlements de clients ou de partenaires.

Lire aussi : Cemac : la Beac prélève 160 milliards de Fcfa du circuit bancaire

Les difficultés observées dans certains établissements se traduisent par des délais de traitement plus longs sur des opérations qui, dans le fonctionnement habituel du système bancaire, doivent être exécutées dans des délais relativement prévisibles. Les chèques sont particulièrement concernés. Leur compensation repose sur des échanges entre établissements bancaires avant que les fonds ne soient définitivement disponibles pour le bénéficiaire. Tout ralentissement dans cette chaîne peut donc retarder l'accès effectif à l'argent. La BEAC ne donne toutefois pas, dans son communiqué, de chiffre sur l'ampleur des perturbations ni sur le nombre d'établissements ou d'usagers concernés. Elle insiste plutôt sur les mesures prises pour accompagner la transition. Systac 2 n'est pas une simple évolution informatique. La plateforme constitue l'une des principales infrastructures régionales permettant aux banques de traiter les paiements de détail (virements, prélèvements, chèques et cartes bancaires).  

La nouvelle plateforme repose sur une architecture entièrement repensée et est censée offrir une architecture « centralisée, sécurisée et 100% accessible en ligne ». Elle a également été conçue selon la norme internationale ISO 20022, destinée notamment à améliorer la structuration et la circulation des informations liées aux opérations financières. Pour la BEAC, cette évolution doit permettre de « renforcer l'efficacité des traitements », « accroître la sécurité des opérations » et « favoriser l'intégration progressive de nouveaux services de paiement répondant aux besoins des acteurs économiques de la sous-région ». La mise en production du nouveau système intervient après plusieurs mois de préparation technique par les établissements financiers de la zone. La transition implique, notamment, l'adaptation des systèmes d'information des banques et leur raccordement à la nouvelle plateforme régionale.

Lire aussi : Cemac : la Beac réactive ses opérations de reprise de liquidités dans le système bancaire

La nouvelle plateforme repose sur une architecture entièrement repensée et est censée offrir une architecture « centralisée, sécurisée et 100% accessible en ligne ». Elle a également été conçue selon la norme internationale ISO 20022, destinée notamment à améliorer la structuration et la circulation des informations liées aux opérations financières. Pour la BEAC, cette évolution doit permettre de « renforcer l'efficacité des traitements », « accroître la sécurité des opérations » et « favoriser l'intégration progressive de nouveaux services de paiement répondant aux besoins des acteurs économiques de la sous-région ». La mise en production du nouveau système intervient après plusieurs mois de préparation technique par les établissements financiers de la zone. La transition implique, notamment, l'adaptation des systèmes d'information des banques et leur raccordement à la nouvelle plateforme régionale.

La nouvelle infrastructure est structurée autour de trois principaux modules. Le premier est un « système de compensation automatisée avec deux compartiments (central et participant) », explique l’institut d’émission. Il constitue le cœur du dispositif destiné au traitement des opérations de paiement. Le deuxième est un « module de gestion des litiges », qui doit permettre de prendre en charge les différends pouvant survenir dans le traitement ou le règlement des opérations. Le troisième concerne les paiements instantanés.

Mais celui-ci n'est pas encore opérationnel. La BEAC précise que le « module relatif aux paiements instantanés fera l'objet d'une mise en production ultérieure ». Cette précision est importante. SYSTAC  2 n'est donc pas encore totalement déployé dans toutes ses fonctionnalités. La plateforme actuelle doit d'abord stabiliser ses fonctions de compensation avant l'activation de nouveaux services. À terme, l'objectif est de rapprocher l'infrastructure régionale des nouveaux standards de paiement, dans une sous-régional où les usages évoluent rapidement. La BEAC explique que la multiplication des virements électroniques, des paiements par carte et des nouveaux services financiers impose en effet aux banques centrales de disposer d'infrastructures capables de traiter des volumes croissants dans des conditions de sécurité renforcées.

Lire aussi : Facturation des frais bancaires : Ecobank Cameroun menace de poursuivre la Fintech camerounaise Wadivo pour diffamation

Face aux perturbations constatées depuis la mise en production du nouveau système, la banque centrale met en avant une « transition maîtrisée », affirmant avoir travaillé « en étroite collaboration avec les établissements participants » et avoir « pris les dispositions nécessaires pour assurer une transition maîtrisée vers cette nouvelle plateforme ». Elle assure également qu'elle « veille, durant cette phase, au maintien de la continuité des services financiers fournis à la communauté », mais reconnait implicitement qu'une période d'adaptation accompagne le lancement de SYSTAC 2,  ce qui explique les perturbations qui éprouvent la capacité des banques à résorber rapidement les difficultés techniques et à retrouver des délais de traitement conformes aux attentes des clients.

SYGMA V2 en téléchargement

La réforme ne s'arrête pas à SYSTAC 2. La BEAC annonce la prochaine étape de son programme de modernisation : le renouvellement du système de règlement des gros montants. La banque centrale indique que le nouveau RTGS, « le Système des gros montant automatisé (SYGMA V2) », est actuellement « en cours de finalisation » et que sa mise en exploitation est « prévue dans les semaines à venir ». SYGMA V2 intervient sur un autre segment du système financier. Là où SYSTAC 2 traite principalement les paiements de détail, le RTGS assure le règlement des opérations interbancaires de gros montants en temps réel. Son bon fonctionnement sera donc essentiel à la gestion de la liquidité bancaire et aux transferts importants entre les différents acteurs financiers. Avec SYSTAC 2 puis SYGMA V2, la BEAC cherche à refondre davantage les deux grandes infrastructures régionales de paiement. La banque centrale présente d’ailleurs cette transformation comme une étape majeure de son programme de modernisation. Elle estime que la mise en exploitation de SYSTAC 2 « marque une étape importante dans le programme de modernisation des infrastructures de paiement initiée depuis quelques années par la Banque Centrale ».

Lire aussi : Fichier solde de l’Etat : le Minfi met fin au système de virement bancaire groupé des agents publics

L'ambition affichée est de doter la CEMAC de systèmes « plus performants, plus sûrs et conformes aux meilleurs standards internationaux ». Sur le papier, le chantier répond à une nécessité. Les infrastructures mises en place il y a plusieurs années doivent évoluer pour accompagner la transformation des usages bancaires, renforcer la sécurité des transactions et faciliter l'apparition de nouveaux services. Mais la transition actuelle rappelle également une réalité : dans les systèmes financiers, une modernisation technique ne se mesure pas uniquement à l'architecture d'une plateforme ou à la norme informatique utilisée.

Lire aussi : Virement individualisé des salaires : déjà 200 millions d’économie réalisée par le Minfi

Elle se mesure surtout à la continuité du service rendu aux utilisateurs. La Beac remercie d'ailleurs « l'ensemble des établissements de paiements, les Trésors Publics nationaux ainsi que les autres institutions financières participantes pour leur mobilisation » et les invite à « poursuivre leurs efforts d'amélioration des services afin d'assurer le succès de cette opération ». Le principal enjeu des prochaines semaines sera donc de transformer cette phase de rodage en fonctionnement stabilisé, le défi de SYSTAC 2 étant de réussir la transition sans que les difficultés techniques de la migration ne deviennent un frein à la circulation des fonds dans l'économie.

  • Accueil
  • Banques et Finance
  • Zone CEMAC : le nouveau système de paiement de la BEAC perturbe les opérations bancaires
BEACcemacAfrique CentraleISOChèquesSystac 2opérations bancairesSYGMA V2
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

Le siège d'Afriland First Bank au CamerounBanques et FinanceDu Cameroun à la Guinée, Afriland First Bank affirme son leadership dans le financement des ÉtatsChef de file du nouvel emprunt obligataire de 166 milliards de FCFA lancé par la Guinée, Afriland First Bank capitalise sur une expertise développée depuis quinze ans au Cameroun. De la structuration des émissions souveraines à leur placement auprès des investisseurs, le groupe bancaire s'est progressivement imposé comme un acteur de premier plan dans le financement des États.il y a 1 heureBANGE couronnée Meilleure Banque 2026 de Guinée Équatoriale par Global FinanceBanques et FinanceBANGE désignée par Global Finance meilleure banque 2026 en Guinée ÉquatorialeLa multinationale équato-guinéenne trône ainsi en tête du marché bancaire du pays pour la seconde année consécutive. La distinction a été remise en marge des assemblées annuelles du Groupe de la Banque mondiale, le 17 octobre, à l'hôtel Dusit Thani de Bangkok. Le prix Best Bank Awards classe les banques du monde entier en fonction d'un ensemble de critères fondamentaux comme l'acquisition de nouveaux clients, la collecte de dépôts et l'augmentation du volume de prêts.il y a 3 heuresEpremiumWhatsApp Image 2026-10-16 at 13.49.02 (1)Banques et FinanceAfriland, CCA, BGFIBank… : quelles banques ont réalisé les plus gros bénéfices au Cameroun en 2025 ?Le secteur bancaire camerounais poursuit sa dynamique de croissance. Zoom sur les chiffres compilés par EcoMatin auprès des établissements.il y a 3 joursEpremium8c200539-860e-44e8-b564-b062af4abc7eBanques et FinanceIPO : BGFI Holding mobilise 126,5 milliards FCFA après une deuxième phase sursouscriteLa Holding envisage de solliciter l’autorisation du régulateur financier régional pour augmenter le montant de son émission et satisfaire les demandes excédentaires des investisseurs selon une source proche de l'opération qui s'est ouverte à EcoMatin.​il y a 3 joursEpremiumYokaBanques et FinanceLe Congo retire leur agrément à 22 courtiers d’assurancesLe ministre des Finances Christian Yoka vient de fermer le marché congolais à 22 courtiers d’assurances, dont certains y exerçaient depuis plus de vingt ans.il y a 3 joursEpremiumWhatsApp Image 2026-10-15 at 11.30.48Banques et FinanceLe Congo fait appel à L’Archer et LCB Capital pour reprofiler sa dette en monnaie locale jusqu’à fin 2026Une première opération doit permettre de refinancer 46,8 milliards de FCFA arrivant à échéance début octobre. Avec une dette proche de 90 % du PIB et d’importants remboursements à venir, Brazzaville cherche à éviter de nouvelles tensions de trésorerie, alors que les banques sont déjà fortement exposées à ses titres publics.il y a 4 jours

Articles similaires

inflationConjonctureCEMAC : la BEAC redoute un retour de l'inflation au-dessus de 3 %Les tensions sur le transport maritime et le coût des importations figurent parmi les principaux facteurs de risque.il y a 4 joursfmi.jpg1Politiques PubliquesTchad : les réformes inachevées de la CEMAC bloquent les nouveaux décaissements du FMI (Fitch)La BEAC et les ministres des Finances de la sous-région ont récemment appelé à accélérer les discussions pour sortir de cette impasse.il y a 1 semaineDes pièces de monnaieConjonctureCEMAC : les pièces de monnaie émises entre 1958 et 1985 perdront leur cours légal dès le 1er novembre 2026Leur démonétisation accompagne le déploiement de la nouvelle gamme « Type 2024 » de la BEAC.il y a 1 semaine
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1Afriland, CCA, BGFIBank… : quelles banques ont réalisé les plus gros bénéfices au Cameroun en 2025 ?il y a 3 jours2Hydroélectricité : la BAD et la BDEAC s'engagent dans le projet Minkouma, estimé à 584 milliards FCFAil y a 6 jours3Cameroun : les grandes multinationales bientôt obligées d'ouvrir 20 % de leur capital à la BVMAC ?il y a 6 jours4Le Congo retire leur agrément à 22 courtiers d’assurancesil y a 3 jours5Carburants : pourquoi la BEAC pousse les pays de la CEMAC vers la raffinerie Dangoteil y a 6 jours6Gabon : qui est Olivier Mouckocko, l'ancien cadre d'Eramet nommé ministre de l'Eau et de l'Énergie ?il y a 6 jours7Cameroun : Congelcam alerte sur un risque de pénurie de poisson dès fin novembreil y a 3 jours8Congo : Charles-Henri Descalzi débauche chez L’Archer pour lancer Titan Capitalil y a 1 semaine9Guinée équatoriale : TotalEnergies et Tradex écopent de 1,5 milliard FCFA d’amendesil y a 3 jours10Congo : le Camerounais Albert Roger Boum prend les commandes de Puma Energyil y a 5 jours
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.