La Société financière internationale (IFC), filiale du Groupe de la Banque mondiale dédiée au financement du secteur privé, examine un projet de prêt de 15 millions de dollars (environ 8,6 milliards de FCFA) en faveur de Dorado Cashew. Le financement servira à la construction d'une nouvelle usine de transformation de noix de cajou à Yamoussoukro, dans le centre de la Côte d'Ivoire. L'investissement est évalué à 18 millions de dollars, les 3 millions de dollars restants étant apportés par les actionnaires de l'entreprise sous forme de capitaux propres.
La future unité, dénommée Bluejay, affichera une capacité annuelle de transformation de 50 000 tonnes de noix brutes. L'usine comprendra également une station d'épuration sur place, une chaudière, un système solaire sur toit de 2,5 MW et un entrepôt d'une capacité de stockage de 30 000 tonnes. La construction de l'usine Bluejay a déjà commencé sur une propriété de 5,43 hectares située dans la zone industrielle de Yamoussoukro et devrait être achevée au premier trimestre 2027.
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Cette implantation viendra compléter les installations déjà exploitées par Dorado à Toumodi, où le groupe a inauguré en 2021 l'une des plus importantes usines de transformation de cajou du pays. Édifiée sur 12 hectares, cette unité est progressivement montée en puissance pour atteindre une capacité de 100 000 tonnes par an. Elle est équipée d'une ligne de transformation largement automatisée et d'une unité de valorisation des coques de cajou destinée à produire du Cashew Nut Shell Liquid (CNSL), un dérivé utilisé dans les industries chimique et automobile.
À travers cette nouvelle usine, Dorado poursuit son expansion en Côte d'Ivoire, un marché en pleine expansion où il figure parmi les principaux transformateurs de la filière. Selon le Conseil du coton et de l'anacarde, le pays dispose d'une capacité industrielle installée estimée à près de 600 000 tonnes par an, répartie entre 37 entreprises et appelée à atteindre 750 000 tonnes grâce à la mise en service de nouvelles zones agro-industrielles à partir de 2026. Lors de la campagne 2024, les opérateurs de la filière ont transformé localement 344 000 tonnes de noix brutes.
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Selon l'IFC, le projet Bluejay vise à accroître la transformation locale de l'anacarde, à créer des emplois industriels et à renforcer la valeur ajoutée captée par la Côte d'Ivoire, qui exporte encore une part importante de sa production sous forme de noix brutes. L'Agence nationale de la statistique (ANStat) rapporte d'ailleurs que la Côte d'Ivoire a produit plus de 1,2 million de tonnes de noix de cajou en 2025, pour 162,6 milliards de FCFA de recettes d'exportation, en hausse de 15,6 % sur un an. La noix de cajou constitue le deuxième produit agricole d'exportation du pays après le cacao, la Côte d'Ivoire fournissant à elle seule 40 % de l'offre mondiale, selon la Banque mondiale.
Pour rappel, l'entreprise émiratie avait déjà obtenu, en février dernier, un financement de 60 millions de dollars (environ 35 milliards de FCFA) de la BERD, en guise de fonds de roulement, afin de sécuriser ses achats de matières premières auprès des producteurs locaux, de renforcer ses activités de transformation locale de cajou et d'en exporter les produits vers les marchés internationaux (Europe, Amériques, Moyen-Orient et Asie). Un financement qui a permis à Dorado de signer des contrats avec près de 20 coopératives afin d'assurer les objectifs de stock avant le début de la saison officielle de commercialisation des noix de cajou ; une approche similaire est attendue pour Bluejay.
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