L'affaire éclate au grand jour à la suite d'une inspection diligentée en avril dernier par le ministère des Affaires étrangères français. Selon les éléments du rapport d'inspection révélés par le journal satirique français « Le Canard enchaîné », l’ambassadeur de France en Centrafrique, Bruno Foucher, aurait fait venir dans ses appartements privés une trentaine de jeunes femmes entre janvier 2024 et mars 2026, au rythme d'environ une quinzaine de visites par mois. Alertés par ces allées et venues constantes, les services de protection rapprochée ont fini par signaler une vulnérabilité sécuritaire.
Interrogé au cours de la mission d'inspection, le diplomate a reconnu avoir eu des relations sexuelles avec deux de ces jeunes femmes. Le Quai d'Orsay a confirmé l'engagement d'une procédure disciplinaire à son encontre, laquelle peut aller du blâme jusqu'à la radiation de la fonction publique.
Lire aussi : Diplomatie : les défis de Bruno Foucher, le nouvel ambassadeur français en RCA
Cette procédure survient dans une période particulièrement délicate pour la diplomatie française en République centrafricaine, où la Russie conserve une influence prépondérante, notamment via les éléments paramilitaires du groupe Wagner. Alors que Paris et Bangui amorçaient un réchauffement de leurs relations bilatérales, concrétisé par la visite officielle du ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot en mars dernier, ce scandale fragilise le travail de normalisation entre les deux États.
Un passif lourd marqué par les scandales de pédophilie
Au-delà des enjeux géopolitiques immédiats, cette affaire ravive le souvenir douloureux des nombreux scandales d'abus sexuels et de pédophilie qui ont entaché la présence internationale et diplomatique dans le pays au cours de la dernière décennie.
Entre 2013 et 2015, la Centrafrique a été le théâtre de révélations fracassantes impliquant des militaires de la force française Sangaris ainsi que des Casques bleus de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricain (Minusca). Des rapports d'organisations internationales avaient dénoncé des viols et de l'exploitation sexuelle d'enfants vulnérables dans les camps de déplacés de Bangui, notamment celui de M'Poko.
Lire aussi : RCA : Bangui reçoit des drones, Starlink et GPS pour moderniser la prospection minière
Face à la répétition de ces accusations sur des mineures, l'ONU avait pris en 2016 la décision de rapatrier l'ensemble d'un contingent de Casques bleus. Ces dernières années, plusieurs enquêtes pour pédopornographie et viols sur mineurs ont également ciblé des ressortissants et agents internationaux en poste dans le pays, révélant une exploitation répétée de la détresse économique des jeunes filles centrafricaines.











