Le Cameroun a importé pour 55,8 milliards de FCFA de parfums et produits de beauté en 2025, en hausse de 27,9 % par rapport aux 43,6 milliards enregistrés en 2024, selon les données de la Direction générale des douanes (DGD). Ces achats représentent 1,1 % de la facture globale des importations du pays, qui s’est établie à 5 240,1 milliards de FCFA sur l’année. En volume, les importations de parfums et produits de beauté ont progressé de 26 %, passant de 12 724 tonnes en 2024 à 16 036 tonnes en 2025. La hausse se confirme également sur une période plus longue. En 2023, le Cameroun en avait importé pour 33,5 milliards de FCFA. La facture a ainsi augmenté de 66,2 % en trois ans, soit 22,2 milliards FCFA supplémentaires.
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Avec 55,8 milliards de FCFA, les parfums et produits de beauté constituent désormais un poste d’importation comparable à celui du verre et des ouvrages en verre (56,9 milliards de FCFA) ou des produits de la minoterie et du malt (59 milliards). Leur facture reste en revanche nettement inférieure à celle des produits pharmaceutiques, qui a atteint 176,4 milliards de FCFA en 2025.
Le « Made in Cameroon » à l'épreuve de la qualité
La tendance haussière ne date pas seulement d'aujourd'hui. Entre 2015 et 2017, les importateurs camerounais avaient déjà dépensé 114 milliards de FCFA pour l'achat de parfums et autres produits de beauté. En 2021, ces derniers évoquaient comme principales raisons les coûts de production élevés - dus notamment à l'indisponibilité au plan local des emballages -, ainsi que la contrebande et la contrefaçon. Ces facteurs, auxquels il faut ajouter le problème de labellisation des marques locales, faussent la perception que les consommateurs ont des produits en circulation. L'une des principales conséquences est que le « made in Cameroon » semble ne pas présenter assez de garanties quant à la qualité de ses produits.
« Je préfère de loin renouveler ma toilette avec des marques françaises ou chinoises à la rigueur, même si elles me coûtent deux fois plus cher », nous confie une jeune étudiante de la ville de Yaoundé. Un avis confirmé par Youssouf, gérant d'une parfumerie au marché Etoudi à Yaoundé : « Il y a des clientes qui arrivent et ne demandent que des produits importés. C'est presque toujours des flacons de la France ou de Dubaï. Et c'est de là que je m'approvisionne, parce que je sais que les stocks vont rapidement s'écouler. Et en tant que commerçant, c'est tout ce qu'on veut. »
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La question de la structuration de cette filière, posée en 2021, n'a toujours pas trouvé de solution apparente. Cinq ans plus tard, la courbe n'a pas vraiment été renversée, malgré les intentions formulées par le gouvernement camerounais. Les importations massives ne cessent d'envahir l'espace commercial camerounais. Contre une progression annuelle de 5 milliards de FCFA il y a dix ans, elles augmentent désormais par paliers de 10 milliards de FCFA, pour couvrir une demande de plus en plus grande qui attribue d'ailleurs au Cameroun le statut de 3e plus grand marché de consommation de produits cosmétiques et d'hygiène en Afrique subsaharienne francophone, derrière la République démocratique du Congo et la Côte d'Ivoire, selon Team France Export.










