Au Cameroun, le prix bord-champ du poivre de Penja a augmenté de 2 000 FCFA le kilogramme, soit une hausse pouvant atteindre 28,6 %. Il se négocie désormais entre 8 000 et 9 000 FCFA le kg, contre 6 000 à 7 000 FCFA auparavant. « Il est en nette croissance actuellement suivant les conditions du marché », confirme René Claude Metomo, président du groupement des producteurs du poivre de Penja, dans une interview accordée à Cameroun Business Today le 16 septembre. À l’exportation, les contrats se négocient entre 23 et 30 euros le kilo, soit environ 15 100 à 19 700 FCFA.
Cette revalorisation tarifaire s'explique par des tensions sur l'appareil productif, liées aux coûts structurels et aux aléas climatiques selon le responsable de la filière. La sécheresse contraint les exploitants à investir dans des solutions techniques onéreuses pour maintenir les rendements. « Plus nous grandissons, plus il y a de difficultés financières et organisationnelles », indique René Claude Metomo. Pour faire face au déficit hydrique et aux ravageurs, le groupement évalue la mise en place de systèmes de petite irrigation et la sélection de plants adaptés. Les volumes finaux sont également réduits par le processus de transformation : selon le guide technique du Groupement IGP édité par le ministère de l'Agriculture, la production d'un kilogramme de poivre blanc nécessite 4 à 4,35 kg de poivre frais, soit une perte de poids de 75 à 78 % entre la récolte et le produit fini.
Lire aussi :Labélisation du poivre blanc de Penja : urgence de la dynamisation de la production et des exportations
Ces coûts de production majorés ont des répercussions directes sur l'organisation de la filière et le revenu des cultivateurs. Malgré ces contraintes, l'activité conserve son attractivité et attire des investissements agricoles. Le groupement totalise environ 400 producteurs, avec un rythme d'adhésion de 30 à 40 nouveaux membres par an. Cette dynamique d'installation conforte la viabilité économique de la culture pour les populations des deux bassins de production (Littoral et Sud-Ouest), qui couvrent une superficie totale d'environ 3 000 km² répartie sur six localités (Mbanga, Mombo, Njombé-Penja, Loum, Manjo et Tombel).
EcoMatin Magazine international est disponible
Pour lire ce numéro cliquez ici
La structuration économique de ce produit s'appuie sur une valorisation institutionnelle continue. L'Indication Géographique Protégée (IGP), obtenue au niveau national en 2013 après un processus initié en 2010, constitue la pierre angulaire de ce modèle. Ce dispositif de labellisation, qui confère une prime sur les marchés extérieurs, s'est élargi au marché de l'Union européenne, avant d'être validé à l'échelle mondiale par l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), garantissant ainsi le positionnement haut de gamme de l'épice camerounaise à l'international.
Lire aussi: Cameroun : le cacao rouge en quête d'indication géographique protégée
Par Inès Marie Nga (Stagiaire )













