Après une campagne 2024/2025 marquée par une forte accélération de la transformation locale, l'exercice 2025/2026 marque un net coup d'arrêt pour l'industrie camerounaise. Les données de l'Office national du cacao et du café (ONCC) montrent que les volumes de fèves transformées localement ont reculé de 13 %, passant de 110 388 tonnes de cacao livrées aux unités industrielles à 95 764 tonnes. Cette baisse s'explique en grande partie par le ralentissement des activités des deux principaux acteurs du marché : Sic-Cacaos, filiale de Barry Callebaut, et Atlantic Cocoa Corporation (ACC), filiale camerounaise du groupe de l'homme d'affaires ivoirien Koné Dossongui.
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Au premier rang de cette dégringolade, l'entreprise ivoirienne. Après avoir produit près de 24 093 tonnes de produits finis et semi-finis en 2024/2025, ACC n'en a transformé que 16 849 tonnes en 2025/2026 (-30 %), dont 2 323 tonnes de beurre de cacao et 2 515 tonnes de tourteaux. Une contraction qui intervient alors qu'Atlantic Cocoa a engagé, depuis fin 2024, l'extension des capacités de son usine implantée dans la zone industrielle du Port autonome de Kribi, pour les porter de 48 000 tonnes/an à 64 000 tonnes, grâce à un investissement de 10 milliards de FCFA, avec l'ambition de répondre à la concurrence féroce sur le marché camerounais.
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À la lecture du bilan produit par l'ONCC, il ressort que la chute des activités de transformation d'ACC s'explique en grande partie par le repli de ses approvisionnements. En effet, le nombre de contrats liquidés par l'industriel a reculé de 7 %, ramenant ses engagements financiers auprès des producteurs locaux à 70,46 milliards de FCFA, contre 156,7 milliards de FCFA une saison plus tôt. Par conséquent, Atlantic Cocoa a vu ses achats de fèves chuter à 19 225 tonnes, après des livraisons record de 32 102 tonnes en 2024/2025, qui avaient fait de l'entreprise le principal moteur de la croissance de la filière lors de cette saison.
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À ses côtés, Sic-Cacaos, leader historique, a également subi un recul de ses approvisionnements (-6 520 tonnes), mais conserve largement sa première place, avec 40 012 tonnes achetées, soit 41,8 % des volumes destinés à la transformation, pour une valeur de 80,4 milliards de FCFA. L'industriel, qui dispose d'une capacité de broyage de 56 000 tonnes/an, a produit 29 245 tonnes de dérivés du cacao, soit un peu plus de 9 000 tonnes de moins qu'à la campagne précédente.
Les régressions d'Atlantic Cocoa et Sic-Cacaos contrastent avec la dynamique observée chez plusieurs concurrents. De fait, Neo Industry et Africa Processing Company (APC) ont respectivement porté leurs achats de fèves à 28 093 et 5 487 tonnes, portant leurs parts de marché à 29,3 % et 5,7 %. Même Chococam, qui enregistre un ralentissement continu de ses opérations depuis la campagne 2023/2024, améliore ses approvisionnements de 42 %, pour atteindre 2 947 tonnes.
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Précisons que la contre-performance d'Atlantic Cocoa profite directement à Neo Industry, dont la production progresse légèrement, à 18 300 tonnes, ce qui lui permet de ravir la deuxième place du classement des transformateurs camerounais et de reléguer ACC au 3ᵉ rang. APC, qui commercialise la marque Ca'Oly, enregistre la plus forte progression du secteur en multipliant par plus de six sa production, à 15 193 tonnes, contre 2 459 tonnes un an auparavant. Chococam ferme la marche avec 542 tonnes transformées.
Au total, les usines camerounaises ont produit 80 129 tonnes de dérivés de cacao (-5,4 %). Ces produits sont principalement constitués de beurre (21 341 tonnes), tourteaux (24 333 tonnes), masse (27 407 tonnes) et poudre (2 277 tonnes), et sont essentiellement destinés à la consommation locale mais également à l'exportation. Selon l'Institut national de la statistique, les exportations de cacao transformé ont généré 385,7 milliards de FCFA à fin 2025.
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