La campagne cacaoyère 2025-2026 n'aura pas tenu les promesses de la précédente. Selon le bilan dressé par l'Office national du cacao et du café (ONCC), la production nationale commercialisée s'est établie à 247 914 tonnes, contre 309 518 tonnes lors de la campagne 2024-2025, soit une baisse de 20 %. Cette baisse a directement affecté les exportations, dont les volumes expédiés se sont contractés de 35 %, à 125 469 tonnes. En conséquence, les recettes des ventes internationales de la fève camerounaise sont tombées à 580,43 milliards de FCFA, contre 1 410,85 milliards de FCFA une saison plus tôt, soit une baisse de 58,8 %.
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Au plan local, le ralentissement de la production s'est répercuté sur les activités de transformation. Les unités industrielles et artisanales ont transformé 95 946 tonnes de cacao au cours de la saison achevée le 15 juillet dernier, contre 109 431 tonnes lors de la campagne précédente, soit une baisse d'environ 12 %. Ce recul confirme les difficultés rencontrées par les transformateurs locaux à maintenir leur niveau d'approvisionnement, dans un contexte de moindre disponibilité des fèves et de tension sur le marché international.
Ce repli de la production camerounaise intervient alors que la filière fait face à une forte volatilité des cours, alimentée par les inquiétudes sur l'offre mondiale, notamment en Afrique de l'Ouest. Ces tensions ont entretenu des niveaux de prix historiquement élevés lors des campagnes 23/24 et 24/25, avant de donner lieu à une volatilité inhabituelle. Au Cameroun, les prix bord champ versés aux producteurs ont ainsi oscillé entre 4 300 FCFA/kg et 700 FCFA/kg au cours de la campagne 25/26, soit le niveau le plus bas sur les cinq dernières campagnes.
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Rappelons aussi que cette campagne, lancée le 7 août 2025 et clôturée le 15 juillet dernier, a traversé une période phytosanitaire difficile. Le 16 septembre 2025, Jackson Ntapi Nkwentang, délégué régional de l'Agriculture et du Développement rural pour le Sud-Ouest, annonçait l'apparition d'une épidémie de gousse noire dans les plantations de cacao de la région. Cette infection fongique, qui touche les cabosses et peut entraîner d'importantes pertes de récolte, faisait peser des inquiétudes sur les volumes attendus dans l'un des principaux bassins de production du pays.
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Au Cameroun, la production de cacao est répartie entre huit régions. La région du Centre demeure de loin la première région cacaoyère du Cameroun, avec 45,8 % des volumes commercialisés (ONCC 2024/2025), devant le Sud-Ouest (19,9 %) et le Littoral (18,85 %). Viennent ensuite l'Est, le Sud, le Nord-Ouest, tandis que l'Ouest et l'Adamaoua restent les régions les moins productives. Les fèves séchées connaissent ensuite trois principaux débouchés : l'Europe, principal client du cacao camerounais avec 84,62 % des exportations (113 528 tonnes), l'Asie, qui conserve sa deuxième place avec 14,24 % (19 107 tonnes), et l'Afrique, qui n'en capte que 1,13 % (1 515 tonnes).
Officiellement lancée le 7 août 2025 à Mbankomo, dans la région du Centre, la campagne cacaoyère laisse un bilan marqué par un net recul de la filière, après une saison 2024-2025 record. Entre une production affectée par les aléas phytosanitaires, une transformation locale en repli, des exportations moins importantes et des recettes divisées par deux, la campagne 2025-2026 rappelle la forte exposition de la filière cacaoyère camerounaise aux chocs de production et aux évolutions du marché mondial.
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