A l'ouverture de la première édition des Cocoa Days le 1er juillet 2026 à Yaoundé, le gouvernement camerounais a relancé le chantier de la transition vers un cacao durable qui nourrit véritablement son homme. Trois ans après que l’Union européenne a adopté le Règlement contre la Déforestation – lequel Règlement a permis de faire progresser la traçabilité et la durabilité de la filière –, un déséquilibre demeure : la rémunération des producteurs.
Selon le ministre camerounais du Commerce (Mincommerce) Luc Magloire Mbarga Atangana, « le partage de la valeur continue d'accuser les mêmes disparités, au détriment des producteurs », a-t-il déploré. « L'embellie des cours mondiaux observée en 2024 n'aura finalement duré que le temps d'une rose, les planteurs étant aujourd'hui aux abois, sinon à l'agonie sous l'effet de prix redevenus en-deçà de toute décence », a martelé le Mincommerce.
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Ce constat fait écho à la situation observée dans les bassins de production ces derniers mois. En mars 2026, le kilogramme de cacao était tombé à 1 000 FCFA à Ngoulemekong, dans la région du Sud, et autour de 900 FCFA à Pongsolo, dans le Centre. Face à cette baisse, plusieurs producteurs avaient suspendu leurs ventes, préférant conserver leurs fèves en attendant une remontée des prix. Cette contraction s'explique à la fois par l'intercampagne, les fortes pluies ayant dégradé la qualité des fèves, l'augmentation des coûts de collecte et de séchage, mais aussi par le recul des cours internationaux, après les sommets de près de 12 000 dollars la tonne atteints en 2024. Les contrats évoluent désormais autour de 3 285 dollars la tonne, selon Trading Economics.
Dans ce contexte, le gouvernement interpelle directement l'Union européenne sur les conséquences économiques de son Règlement contre la Déforestation. Rappelons que le RDUE prévoit notamment que le cacao ne doit pas provenir de terres déboisées et il doit être traçable jusqu'à sa parcelle de production, entre autres précautions. « Sans remettre en cause les objectifs environnementaux du texte », a-t-il précisé/
Luc Magloire Mbarga Atangana estime que les producteurs camerounais ont déjà consenti des efforts importants pour se conformer aux nouvelles exigences de traçabilité et de géolocalisation des plantations. « La question qu'ils nous posent est de savoir ce qu'ils reçoivent en retour, au point où certains évoquent même la notion d'écologie punitive », a déclaré le Mincommerce.
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Selon Luc Magloire Mbarga Atangana, elle est là, l’équation que les « Cocoa Days » sont appelés à résoudre. Pendant trois jours, producteurs, industriels, coopératives, partenaires techniques et financiers ainsi que les administrations concernées examineront les leviers susceptibles d'améliorer la gouvernance, la traçabilité et la transparence du marché. Il s’agirait d’accompagner le développement de la filière, de telle sorte que la crédibilité du cacao durable se mesure autant à la préservation des forêts qu'à la capacité de garantir des revenus décents aux centaines de milliers de familles qui en vivent.















