Dans le cadre du Projet d’appui au marché financier unifié d’Afrique centrale (PAMFUAC), la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) remet sur la table son mécanisme incitatif destiné à encourager les entreprises à s’introduire à la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC). L’enveloppe mobilisée, d’un montant de 223 780 dollars américains (environ 142,9 millions FCFA), doit permettre de prendre en charge une partie des coûts d’introduction en bourse pour quatre sociétés.
Financée par la Banque africaine de développement (BAD) à travers le Fonds d’aide au secteur privé africain (FAPA), cette initiative s’inscrit dans une stratégie visant à lever les freins structurels à la cotation, en particulier le coût initial jugé élevé par les entreprises de la sous-région. Les dépenses d’introduction à la bourse concernent en effet quatre rubriques : la commission de visa de la COSUMAF, la commission d’introduction en bourse de la BVMAC, les frais du conseil juridique ayant signé le document d’information rempli par la société, les frais de commissaire aux comptes ayant certifié les comptes présentés dans le document d’information de l’entreprise.
Ainsi, les sociétés candidates devront fournir un dossier complet incluant états financiers certifiés sur trois ans, documentation sur leur gouvernance, politique RSE et alignement avec les priorités stratégiques de la BAD. En contrepartie, elles s’engagent formellement à conduire une opération d’appel public à l’épargne (APE) et à faire coter leurs titres à la BVMAC. Les manifestations d’intérêt sont attendues au plus tard le 30 avril 2026.
Réticence
Cette relance intervient toutefois après un premier revers enregistré en 2025. Un appel similaire lancé en juillet de la même année avait été déclaré infructueux en octobre, faute d’un nombre suffisant de candidatures. Pourtant, les conditions financières étaient identiques et visaient déjà à accompagner quatre entreprises. Cet échec mettait ainsi en évidence la faible appétence des entreprises de la CEMAC pour la cotation boursière, malgré les incitations proposées par les autorités monétaires et leurs partenaires.
Lire aussi : CEMAC : la BAD finance l’introduction en bourse de quatre entreprises
Au-delà de la question des coûts, plusieurs facteurs structurels continuent de freiner le développement du marché actions dans la sous-région. Depuis l’unification du marché financier en 2019, seules deux entreprises ont été introduites à la BVMAC : la Société commerciale gabonaise de réassurance (SCG-Ré) et la banque équato-guinéenne Bange Bank. Alors que pas moins de 17 sociétés publiques avaient été identifiées dans cinq pays (hors Tchad) pour une éventuelle cotation. La plupart de ces projets restent toutefois à l’état d’intention. Pour la BVMAC, cette inertie traduit à la fois la réticence de nombreux dirigeants à soumettre leur gouvernance à l’évaluation publique et celle des autorités nationales à imposer la discipline qu’elles ont elles-mêmes décidée. À ces blocages s’ajoute la concurrence du marché des titres publics qui capte l’essentiel de l’épargne disponible au détriment du financement des entreprises.



