La Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC) envisage de porter le capital social minimum des banques opérant dans la CEMAC (Cameroun, Gabon, Congo, Tchad, Guinée Équatoriale) à 25 milliards FCFA, contre 10 milliards actuellement. Cette mesure figure dans un projet de règlement en cours d’examen, qui vise à renforcer la résilience du système financier sous-régional face aux chocs économiques et prudentiels.
Selon le texte, les établissements de crédit agréés dans la catégorie des banques devront disposer d’un capital social « égal ou supérieur à 25 milliards FCFA » à partir du 1er janvier 2026, tandis que les établissements financiers devront justifier d’un minimum de 4 milliards FCFA, contre 1 milliard fixé par le règlement de 2009 actuellement en vigueur.
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Une période transitoire de trois ans (2026-2028) est toutefois prévue pour permettre aux acteurs déjà en activité de se conformer progressivement à ces nouveaux seuils. Les banques devront ainsi atteindre 15 milliards FCFA au plus tard fin 2026, 20 milliards fin 2027, puis 25 milliards fin 2028. Les établissements financiers suivront la même cadence, avec des paliers de 3, 3,5 et 4 milliards FCFA. Pour atteindre ces nouveaux seuils de capitalisation, les banques et établissements financiers concernés pourront renforcer leurs fonds propres soit par apports en numéraire, c’est-à-dire grâce à l’injection d’argent frais par les actionnaires, soit par incorporation de réserves ou de bénéfices non distribués. Ce qui signifie que l’option de contraction d’emprunt n’est pas accepté par le régulateur.
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La dernière augmentation du seuil minimum de capital pour les banques commerciales de la CEMAC remonte à 2009. S’il est validé au cours de la prochaine réunion de la Commission prévue avant la fin de cette année, ce nouveau relèvement devrait accélérer la consolidation du paysage bancaire de la CEMAC, en incitant les petits établissements à fusionner ou à recapitaliser avec l’appui de leurs actionnaires. À l’inverse, les grands groupes régionaux et panafricains déjà bien capitalisés devraient conforter leur domination sur le marché.
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Signalons que le projet s’inscrit dans le cadre du plan stratégique “OWALI 2025-2029” de la COBAC qui vise à « renforcer la stabilité et la résilience du système bancaire » régional. Cette réforme intervient dans un contexte où plusieurs signaux de fragilité persistent dans le secteur. Au 31 décembre 2024, dix des 56 banques agrées dans la CEMAC présentaient un ratio de couverture des risques inférieur au minimum réglementaire de 10,5 %, générant un déficit global en fonds propres estimé à 247,3 milliards FCFA. Par ailleurs, quatorze établissements étaient en infraction vis-à-vis des règles de représentation du capital minimum.
Cette initiative place la CEMAC dans le sillage d’autres régulateurs africains qui ont récemment relevé les seuils de capitalisation bancaire pour renforcer la solidité de leurs systèmes financiers. Dans l’UEMOA, le capital minimum exigé pour les banques a été multiplié par deux, passant de 10 à 20 milliards FCFA, tandis qu’au Nigeria et au Kenya, il a été multiplié par dix dans le cadre de vastes réformes prudentielles. En suivant cette trajectoire, la COBAC veut hisser la sous-région au niveau des standards internationaux en matière de solvabilité et d’adéquation des fonds propres, afin de prémunir les établissements contre les chocs économiques et systémiques.



