Ethiopian Airlines, leader du transport aérien en Afrique ne devrait plus parier à court terme sur ses huit Boeing 777-9, commandés en mars dernier auprès du constructeur américain, (avec option d’en ajouter 12 appareils supplémentaires), pour développer sa flotte et consolider son leadership sur le continent. Le motif de cette dissuasion a une dénotation mondiale. Comme d’autres compagnies d’envergure, le premier client du 777X en Afrique a été informé que les premières livraisons de ces appareils à forte capacité sont reportées en 2026 au lieu de 2025 « en raison des difficultés rencontrées par l’entreprise lors du programme de certification du gros-porteur », a expliqué Boeing le 11 octobre dernier.
Selon les informations de Kelly Orberg, le Directeur général de Boeing, en plus de ce report de livraison du 777X, l’entreprise a également informé ses clients que la pause des essais en vol de ses appareils imposés au constructeur et la grève des ouvriers (qui revendiquent les meilleures conditions de travails et la revalorisation des pensions retraites) en cours plombent l’ensemble de ses activités. Les conséquences de ces tracasseries sont express. Pour l’heure, il est indiqué que des usines de Boeing sont complètement en arrêt aux États-Unis. Une cessation d’activités tirée aussi par la rupture d’approvisionnement des composantes par ses sous-traitants. Une situation qui, sans doute impose d’autres décisions radicales, plongeant les autres commandes d’avions des compagnies dans une incertitude totale.
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Dans cette catégorie, plusieurs transporteurs qui desservent la Communauté économique des États d’Afrique centrale (Cemac), font la queue derrière Ethiopian Airlines. En effet, si la compagnie nationale éthiopienne qui opère dans l’ensemble des six pays qui composent ce marché (Cameroun, Congo, Guinée Equatoriale, Gabon, Tchad et RCA), avait déjà annoncé en août dernier être contrainte de recourir à la location d’avions suite au retard observé dans la livraison de ses 16 nouveaux appareils commandés chez Boeing en 2023 et non livrés au deuxième trimestre de l’année en cours (malgré une flotte de 146 avions exploitée), ses dauphins Kenya Airways, Egyptair ou encore Royal Air Maroc qui attendent aussi de nouveaux appareils de ce constructeur au cours de l’année 2024 (pour certains) et à long terme (pour d’autres), seraient confrontées à une menace d’expansion moins rapide dans cette zone. Même si ces dernières n’ont pas encore dévoilé leurs nouveaux plans après l’annonce de Boeing.
Un frein à l’expansion rapide
Concrètement, Egyptair a lancé l’extension rapide de sa flotte avec une commande d’appareils chez Airbus et Boeing depuis 2016. Auprès du constructeur américain où le transporteur égyptien a passé la commande de 9 avions, elle serait encore en attente de certains appareils. Pour l’heure, le réseau d’Egyptair en Afrique compte 26 destinations parmi lesquelles la desserte de Douala au Cameroun, son unique destination en zone Cemac malgré sa volonté de s’étendre en Afrique centrale.
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Royal Air Maroc quant à lui a récemment confirmé sa commande de deux Boeing 787 Dreamliner et envisage de quadrupler sa flotte avec 200 nouveaux avions dans la prochaine décennie grâce à son partenariat de plus de 55 ans avec Boeing. Une volonté qui s’inscrit dans le cadre du plan de modernisation et sa stratégie d’expansion en Afrique et dans le monde. En août 2024, les autres kényanes ont affirmé que la compagnie nationale aérienne Kenya Airways n’entend pas annuler ses commandes pour les Boeing 737-800 Max. Le transporteur envisage de commander jusqu’à 10 avions d’une valeur estimée à 120 milliards de shillings (1,2 milliard de dollars).
Les compagnies européennes et du moyen orient ne sont pas en reste. Turkish Airlines est dans les négociations avancées avec Boeing concernant 150 avions à fuselage étroit 737 MAX et 75 avions à fuselage large 787, mais la décision finale dépend des négociations sur le prix des moteurs. Toutes ces compagnies sont en plein essor ou en expansion en zone Cemac et pourraient être freinés dans leur élan. Qatar Airways qui multiplie des initiatives pour intégrer le marché d’Afrique centrale souhaite aussi acquérir des Boeing dans son programme de développement.
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Rappelons que Boeing mettra fin à son programme du 767 cargo en 2027, lorsqu’il aura achevé et livré les 29 avions commandés, mais a déclaré que la production du ravitailleur KC-46A (version militaire du 767) se poursuivrait. En outre l’avionneur américain annonce la suppression de 17.000 emplois, soit 10% de ses effectifs.




