Nouveau coup dur pour Oragroup, la maison-mère du réseau bancaire Orabank, présent dans 12 pays d’Afrique de l’Ouest et Centrale, notamment au Gabon et au Tchad. L’agence de notation américaine Fitch Ratings vient de rétrograder sa note de défaut de l’émetteur en monnaie locale à « RD » (Restricted Default), soit un quasi-défaut de paiement.
Ce déclassement résulte d’un échange de dette en difficulté (DDE) constaté par l’agence sur un prêt bancaire à court terme libellé en francs CFA, dont l’échéance du 28 mai dernier a été repoussée en urgence pour éviter un défaut pur et simple. Une opération jugée pénalisante pour les créanciers et symptomatique de l’extrême tension de trésorerie à laquelle fait face le holding bancaire que dirige Ferdinand Ngon Kemoum. « Fitch estime que cette mesure était nécessaire pour éviter un défaut de paiement et représente une réduction significative des conditions pour le créancier, compte tenu de l'incertitude croissante entourant la solvabilité et la liquidité d'Oragroup », a expliqué l’agence dans son rapport.
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Cette dégradation intervient quelques semaines après l’échec de l’opération de rachat du groupe par Vista Bank. Le retrait du groupe bancaire du Burkinabé Simon Tiemtoré a brutalement mis à nu les fragilités structurelles d’Oragroup. Ainsi, Fitch note une incertitude croissante autour de sa solvabilité et de sa liquidité, alors que le groupe est confronté à une série d’échéances en francs CFA dans les prochains mois sans garantie de pouvoir les honorer. Ce qui justifie le maintien de sa note de viabilité (VR) à « f », soit l’évaluation la plus basse possible sur l’échelle de solidité financière. « Nous pensons en effet, estime Fitch, qu'il [Oragroup, Ndlr.] ne sera pas en mesure de remédier à la violation substantielle et prolongée de ses exigences réglementaires en matière de fonds propres sans un apport en capital de base de ses actionnaires actuels ou potentiels ».
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En dépit de cette situation préoccupante en monnaie locale, Fitch maintient pour l’instant les notations en devises étrangères à « C », en indiquant toutefois qu’un défaut ou un échange de dette en difficulté (DDE) sur ces obligations semble inévitable à court terme. La probabilité d’un déclenchement de procédures formelles d’insolvabilité ou de liquidation est désormais évoquée en filigrane. Preuve de sa mauvaise santé financière, le groupe a connu des résultats financiers difficiles en 2024, avec un résultat net négatif de -44,4 milliards FCFA. Les capitaux propres ont chuté d'un tiers, passant de 144 milliards FCFA en 2023 à 97 milliards FCFA en 2024. Pour soutenir sa trésorerie, Oragroup a dû faire recours à des prêts relais de plusieurs banques régionales.










