Le couperet est tombé! L’agence Fitch Ratings a dégradé, le 28 mai 2025, la note de crédit à long terme d’Oragroup, la faisant passer de « CC » à « C ». « La dégradation des IDR à long terme reflète l'opinion de Fitch selon laquelle un processus de défaut ou de type défaut a commencé », peut-on lire.
Cette décision intervient après le retrait du groupe Vista, dirigé par Simon Tiemtoré, de l'accord de cession conclu pour le rachat des parts de Emerging Capital Partners (ECP) dans Oragroup. Ce retrait, attribué à des obstacles réglementaires et à une dégradation continue du bilan d'Oragroup, a poussé la banque à repenser sa stratégie de financement à long terme. Dans un communiqué publié le 19 mai 2025, le Conseil d'administration du groupe bancaire a validé un plan alternatif reposant sur le soutien d'institutions financières partenaires de longue date, notamment la Banque ouest-africaine de développement (BOAD). Ce plan prévoit une première augmentation de capital à hauteur de 80 milliards de FCFA, dont les modalités seront dévoilées dans les semaines à venir, après validation par les organes de gouvernance concernés. Oragroup espère que ce nouveau plan de refinancement, soutenu par ses partenaires historiques, permettra de stabiliser sa situation financière et de relancer sa croissance dans les années à venir.
« Le processus de défaut a commencé »
Le pessimisme de Fitch est adossé à plusieurs facteurs. À en croire l'agence, le groupe bancaire présent dans 12 pays africains n'est pas parvenu à faire face à ses échéances sur un prêt en devises et en monnaie locale. Un délai de grâce de 30 jours lui a donc été accordé début mai et devrait s’achever dès la fin de ce mois. « Le délai de grâce accordé à Oragroup expirera fin mai 2025. Nous dégraderons la note sur les emprunts à court terme en cas de défaut », prévient l’agence. « Les notes de crédit pourraient également être rétrogradées à RD(défaut sélectif) en cas d'intervention réglementaire dans le contexte d'une violation prolongée des exigences de fonds propres ».
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Les ratios de capital du groupe se sont, en effet, détériorés de manière marquée, culminant à un ratio de fonds propres de base (CET1) de seulement 2,3 % à la fin de 2023, en dessous du seuil réglementaire de 7,9 %. La stratégie de recapitalisation amorcée par le groupe semble donc peu convaincante aux yeux de l’agence. « Nous pensons en effet que le groupe ne sera pas en mesure de remédier à la violation substantielle et prolongée de ses exigences réglementaires en matière de fonds propres sans un apport en capital de base de ses actionnaires actuels ou potentiels».
Présent dans 12 pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, Orabank revendique plus de 700 000 clients à travers un réseau de 170 agences. Malgré un contexte régional difficile, le groupe affirme maintenir une gouvernance robuste et un modèle d’affaires pertinent, capable de générer de la valeur à moyen terme. Cependant, sa situation financière reste préoccupante. Après un bénéfice de 19,7 milliards FCFA en 2021, la banque a enregistré deux années consécutives de pertes, soit -18,18 milliards FCFA en 2023 et -44,36 milliards FCFA en 2024. Le produit net bancaire a reculé de 9,8 % pour s’établir à 195,43 milliards FCFA, en raison notamment d'une baisse des revenus d’intérêts et des commissions.
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